La Lignée des Vauganne

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Message par Sleio le Lun 10 Mar - 10:00

Episode 19 : Aux Retrouvailles !



Spoiler:


Aujourd’hui, c’était fête. Après de longs mois de séparation, la famille Vauganne allait enfin être réunie. Aèla en était heureuse, mais elle était bien loin de la joie des adultes et du reste de la famille. Pouvions nous remettre son âge en cause ?



Vagn retrouva son beau-frère favori et jumeaux de sa femme. Gwillerm se portait comme un charme et il le lui fit sentir en l’enlaçant.

- Comme c’est bon de vous revoir !
- Oh que oui ! Mais dis moi Vagn… Tu as maigri ?



Tonton Calixte était là aussi. Plus aussi fringuant qu’avant mais il n’avait en rien perdu de sa superbe. La petite Aèla ne se souvenait guère de cet homme, mais il sentait bon, comme sa maman.

- Comme tu as bien poussée.
- Je suis grande maintenant.
- Oh oui… Aah ça nous rajeunit pas tout ça… Dit il à demi-amusé en regardant Gwillerm et Vagn qui se mirent à rire.



Antoinette, une des jumelles de Calixte fit son entrée. Elle avait bien grandit la demoiselle et était devenue une superbe jeune femme.



Blonde aux yeux bleus comme son père, elle avait cependant hérité de quelques traits de sa mère, Rada.

- Ouah ! Tu es superbe, Antoinette ! S’écria Gwillerm.
- C’est vrai. Une magnifique jeune femme… Bafouilla Vagn.

Non pas qu’il soit gêné, mais la blonde le fixait d’étrange façon.



- Merci à vous… Vagn… Fit elle à voix basse.
- Hum ?
- Je … Je voulais te dire…



Elle bafouillait et ses doigts étaient moites. Elle sortit de derrière son dos un bouquet de fleurs.

- Aïe, aïe… Gémit Gwillerm.
- Tu vas bien ? S’enquit Vagn.



Elle tendit les fleurs à Vagn, les joues rouges.

- Ah…
- Ca sent le roussi ! Alerte ! Alerte ! Intervint Gwillerm, faussement alerté.
- Vagn… Depuis mon adolescence, je t’ai toujours…
- N’en dit pas plus. La coupa Vagn. Antoinette… Tu es un très gentille fille, mais j’aime ma femme. Ta tante. Pour moi, tu es comme ma fille et non une potentielle femme a qui je pourrais faire la cour.

Déçue, la demoiselle déposa le bouquet sur le comptoir de la cuisine tout en soupirant.



Aloyse venait de finir de se pomponner et tomba nez à nez avec son aîné en sortant de la salle de bain.

- Cal’ !!!
- Ouhla ! Doucement petite sœur. Dit il alors qu’il réceptionnait sa cadette.
- Tu m’as tant manqué.
- Toi aussi…
- Mais vous plus encore ! Vous étiez ensemble. Moi j’étais seule…
- Plus maintenant, Aloyse.



Dans l’entrée, d’autre retrouvaille se déroulait. Anthelm serra fortement contre lui sa cousine Bleuenn qui pleurait à chaude larme contre son épaule. Ils avaient grandit ensemble, les mots n’étaient plus nécessaire. Delphine se sentit de trop et décida de rester en retrait, tout aussi émue qu’eux.



- Content de te revoir Calixte.
- Hey ! Salut Vagn !

Les deux hommes se serrèrent la main chaleureusement. Une de ses poignées qui racontait tant de moment qu’ils ne purent partager.

- Tu sais quoi Cal’ ? Intervint Gwillerm.
- Quoi ?
- Ta fille aime les vieux déjà marié.
- Quoi ?! S’estomaqua Calixte.
- Gwillerm… Tu aurais pu lui épargner ça.
- Non. Je suis bien curieuse aussi. Fit Aloyse en fixant son mari.

Alors que Vagn s’emmêlait dans des explications sous le regard rageur d’Aloyse. Calixte ne pouvait s’empêcher de s’indigner et de gémir, honteux du comportement de sa fille. Sentant le sermon, Antoinette se faisait toute petite et tenta de s’esquiver vers l’extérieur. Mais Gwillerm la vit et la retint.



- Yeaah Elias !
- Yooo ! Pote de chemise !

Ils avaient quoi les hommes aujourd’hui ? Ces retrouvailles leur montaient à la tête.



Ils tentèrent de se taper dans les mains, mais ils ne réussirent qu’à brasser de l’air.



- Gasp ! On est pas doué…
- Faux croire…



- … que ce n’est pas de notre âge.
- On est déjà si vieux ? S’indigna Elias.



Alors que la famille se retrouvait et que certains se reposaient dans le salon…



… Les adolescents eux, réapprenaient à se connaître.

- Et là, mon père a empoigné l’employé de la mairie par le col.
- Non ?! Il a vraiment fait ça ?
- J’étais là, Anthelm, dit Bleuenn. Tonton Elias peut se montrer super persuasif, en fait.
- C’est à cause de son métier. Expliqua Delphine.



- Son métier ? Demanda Vagn.
- Ben oui, Papa est bien placé dans la mafia de Riverview, tu sais ?
- Quoi ?! Hurla presque Anthelm.

Bleuenn baissa le regard. Ce n’était pas un véritable secret, mais les activités d’Elias avaient amené une certaine tension entre Gwillerm –qui est policier- et le père de Delphine.

- Chut ! Fit Bleuenn. Si mon père t’entend parler de ça… Ca risque de chauffer pour nous.
- Ben quoi ? Demanda innocemment Delphine. Dois-je vous rappeler que si on est tous arrivés ici, dans ce trou perdu, c’est grâce à mon père ?



Bien sur qu’ils le savaient. On avait épargné les plus jeunes enfants des détails mais Elias était le héros de l’histoire. Bien que la ville fut touchée par cette étrange épidémie, il s’était vite arrangé pour sauver les enfants de sa famille. Non pas la sienne directement, mais celle de sa sœur. Aloyse avait toujours été la petite sœur chérie de chacun de ses frères –bien qu’Elias était moins expansif qu’en à ses sentiments- et il avait convenu avec Calixte et Gwillerm d’évacuer la brune et ses enfants en premier.



Choyée, protégée, aimée. Aloyse n’était pas une femme à plaindre et elle le savait. Elle prenait la vie avec bonheur depuis ce drame. Car si ses enfants furent épargnés, ce ne fut pas le cas pour le petit dernier d’Elias. Ségolène était enceinte lorsque la maladie se déclara et son bébé fut touché. Mort né.



Loin de tout cela, les enfants jouaient sans soucier des vivants et des morts.



Mais les plus grands les pleuraient et les regrettaient.



Mais la vie continuaient malgré tout. Le temps passait et la famille s’agrandissait malgré tout.



- Votre voyage s’est bien passé ? Demanda la brune à ses deux frères.
- Et bien… Elias soupira alors que Gwillerm se lancé dans les explications. Disons qu’il aurait pu être mieux.
- Comment ça ?



Ce fut au tour d’Elias de continuer.

- Ségolène a commencé à paniquer.
- Mais…
- Je ne vais pas te le cacher, Aloyse. Mais il y a encore quelques mois, Ségolène a perdu notre dernier enfants.
- Elle était enceinte ?
- Oui… Et elle a du mal à s’en remettre.
- D’où son absence d’aujourd’hui. Elias fit signe que oui. Je ne lui en veux pas. Dit elle simplement.

Comment le pouvait elle. Perdre un enfant était une chose terrible. La plus terrible qu’il soit lorsqu’on était mère.



Vagn, pendant ce temps, faisait office de Nounou. Mais la Nounou n’était pas nécessaire puisque les enfants étaient assez grands pour se nourrir seuls.



Si les enfants grandissaient, certains adultes retombaient dans l’enfance.



- Dis Gwillerm ?
- Hum ? Fit l’adulte en détachant son regard de l’écran.
- Pourquoi tu n’apprécies pas Elias ?



- Hii ! Anthelm ! Je t’avais dit de ne pas poser la question.
- Bleuenn ! Elle sursauta au ton que son père employa. Ton cousin a le droit de poser cette question.
- Bien mon capitaine. Répondit elle, faussement joyeuse.



- Pour te répondre Anthelm : je ne déteste pas mon frère. Loin de là. Je lui suis reconnaissant pour tout.
- Mais tu gardes des réserves.
- J’"émet" des réserves. Elias est un homme bon. Je ne comprend pas pourquoi il a décidé d’entrer dans cette organisation. Il est intelligent, charmeur et doué de ses mains.



En entendant son oncle, Anthelm comprit que le bien et le mal ne se limitait pas aux méchants et aux gentils. C’était une chose abstraite qui se conformait à chaque esprit.



Les jours passèrent paisiblement, chaque famille prenaient ses repères, trouvaient des emplois et les enfants entrèrent à l’école. La nuit aurait pu s’avérer tranquille si …



… Une inconnue n’avait pas foulé leur terre.



Mais les Vauganne, bien qu’appauvrie, avait anticipé cet évènement.



L’alarme se déclencha, réveillant les occupants de la demeure. En bon père de famille, Vagn sortit le premier et découvrit l’intruse totalement paniquée sur leur perron.



La police arriva rapidement, alors que Vagn menaçait la voleuse.



Un féroce combat s’engagea. Mêlant le bien et le mal.



Même si à première vue, le bien semblait en grande difficulté.



Anthelm ne pouvait voir cette horreur et fermait les yeux tout en suppliant le monde que tout cela se termine bien.



Aloyse arriva à son tour, assistant par la même occasion à la défaite du bien. La policère se retrouva rapidement fesses sur le sol, laissant victorieuse l’intruse.



Le mal s’en alla, jurant qu’il reviendrait. La policière haussa les épaules et s’en alla à son tour, laissant les occupants sous le choc et sans voix.



Ils eurent malgré tout une journée ordinaire. Cependant Aloyse rentra assez tôt de son travail. Son patron, la voyant sursauter aux moindres mouvements, décida de lui laisser son après-midi.



La petite Aèla la découvrit en rentrant. Elle fut la seule épargnée par cette intrusion. La petite avait un sommeil de plomb.



Le dîner se passa dans le calme, chacun dans ses pensées. La petite insouciante, terminait tranquillement ses devoirs.



Alors qu’elle débarrassait la table, la petit Aèla se frappa le haut du crâne. Elle avait oublié une chose importante. Très importante.



Elle s’en souvint lorsqu’elle vit sa famille arriver avec un gâteau surplombé de bougies. Elle les regarda en premier lieu avec de grands yeux ronds, cherchant la signification de tout cela. Puis vint la fameuse chanson et le déclic se fit. Elle s’installa alors face au gâteau d’anniversaire, alors que le reste de la famille continuait à chanter derrière elle.



- Vite ! Vite un vœux ! Hurlait sa mère.

Un Souhait ? Elle n’en avait pas vraiment. Elle réfléchit quelque instant.



Tout ce qu’elle pouvait souhaiter était force et santé à sa famille. Sa très chère famille qui l’aimait sans fin.



Un peu de poudre magique, un soupçon de volonté, le tout légèrement chorégraphié.



Et voici venu le divin enfant… Euh non. Mais Aèla devint une magnifique adolescente au sourire léger et débordante d’amour.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Lun 10 Mar - 10:00

Episode 20 : Journée de l'horreur


Spoiler:


- Punaise ! Ca caille !

L’adolescente regarda son frère, qui, sans raison apparente, fulminé. A mieux y regarder, il y en avait une. Anthelm était inconscient de sortir dans cette tenue en plein automne. Elle avait eut beau le lui dire, tout ce qu’elle hérita, ce fut des réprimandes et une obligeante demande d’aller voir ailleurs.



Pour calmer les nerfs de son frère, et accessoirement les siens, elle lui proposa de tester leur courage dans la petite maison hantée du parc.

- J’ai peur de rien ! Avait rétorquer Anthelm.

Cette réplique fit sourire la blonde qui se précipita à l’intérieur, le jeune homme sur ses talons.



A la sortie, ils croisèrent leur tante Rada, qui avait bien vieillie. Cette dernière, heureuse de les voir, leur avait proposé une petite compétition autour d’une tarte. Les voyants hésiter, elle les provoqua. C’eut l’effet escompté car les deux adolescents se joignirent à elle, plus rebelle que jamais.



- Je vais vous mettre la pâtée !
- Ah ouais ?
- Et ouais !

Les enfants ne pouvaient s’empêcher de se chamailler. Rada, elle, trouvait se spectacle à la fois amusant et affligeant.



Un coup de sifflet ! Le concours débuta. Un dernier regard sur son voisin et les adversaires se mirent en place. Une deuxième coup de sifflet, et la compétition débuta réellement.



Tout penaud et à l’allure d’une tortue, Calixte s’avançait vers eux, aidé de sa canne. Car si Rada avait vieilli, lui avait également passé le cape du troisième âge.



Tête dans leur tarte, les enfants avaient… bien l’air tarte.



Malheureusement pour eux, aucun Vauganne ne remporta la victoire. Dépités, ils relevèrent la tête. Aèla emportant son moule, Anthelm en étouffant et Rada… Rada resta coincée…



Un peu plus loin, à l’abri des regard –ou pas- l’on pouvait apercevoir Yolande (Une des jumelles de Calixte) tout aussi jolie que sa jumelle, en train de danser avec un homme.



- Je vais gagner !!
- C’est ce qu’on va voir, petit !

Ils n’en ont jamais assez ces Vauganne ? Compétiteurs, ils étaient.



Aèla préféra une activité un peu plus solitaire et calme.



Enfin, si elle ne perdait pas l’équilibre. Mais comme on le dit : C’est en forgeant que l’on devient forgeron.



Pendant ce temps, d’autre membre de la famille se retrouvèrent en un autre lieux. Ce petit ? Qui était il ? Et bien, il n’est que le dernier né de Gwillerm : Artème.



Vous l’aurez donc compris. Nous avons rejoint Aloyse chez son frère Gwillerm. Elle était déguisé en un drôle de fauve, tout comme sa nièce Bleuenn.



Aengus s’impatientait. Lui, déguisé en punk, attendait sa sœur pour faire le tour du quartier. Et oui, ce jour était le jour de l’horreur.



La brune y croisa Elias, déguisé en Cosmonaute.



Gwillerm en médecin.



Et Cannelle, en militaire. Qui était Cannelle ? C’était la femme de Corèus (le fils de Nolan)



Aloyse n’avait jamais pris le temps d’apprendre à la connaître, mais la jeune femme s’avéra agréable et charmante.



Une retardataire fit son entrée. Janessa (Une des jumelle d’Elias) était déguisée en… en elle-même ? Aloyse n’aurait su le dire.



Les enfants étaient rentrés depuis longtemps, le parc n’étant pas loin de chez eux. Ils profitaient de leur temps libre pour partager un moment autour d’un échiquier.



Mais la partie fut vite interrompue par une visite incongrue. Enfin, pas tant que ça. Journée de l’horreur oblige, les Vauganne subissaient les assauts d’enfants et d’adolescents en manque de sucre.



Oui, même les enfants de la famille s’y mirent.

- T’es trop chouette Tata !!
- Allons Leni… Ne traîne pas trop d’accord ?
- Bien sur ! Je rentre de toute façon. C’était la dernière maison que je visitais.

Leni. Le cadet de Calixte était un jeune homme aussi curieux. Tantôt il savait se montrer agréable et charmant, tantôt on le sentait prêt à frapper.



- Alors c’est terminé ?
- Je l’espère… Souffla Aloyse. Quelque soit la ville, les enfants sont fous de cette fête.
- Pas les notes, en tout cas.



Le couple se regarda dans les yeux. On pouvait y lire de l’amour. Un amour inconditionnel, qui, malgré, les malheurs, n’était pas prêt de se briser.



- Qu’y a-t-il Vagn ?

Un peu gênée, malgré les années à ses côtés, Aloyse n’arrivait pas à s’habituer aux regards langoureux de son mari. Elle rougit légèrement et baissa le regard.



Sans un mot, avec une rapidité qu’il lui était propre, Vagn fit tournoyer sa femme avant de la lâcher brutalement. Se sentant tomber, elle ne put retenir son cri.



Elle retomba lourdement dans les bras puissants de son amant.



- Mais tu es fou ?!! S’insurgea t’elle.



Pour toute réponse, elle eut droit à un « Hum » accompagné d’un haussement de sourcil. Ce regard ci, elle ne le connaissait que trop bien.



Et ce sourire tout autant. Elle comprit ses intentions. Elle raffermit sa prise sur l’épaule de Vagn et se détendit.



- Tu es si belle…
- Arrêtes Vagn… Souffla t’elle, gênée.
- Non…



Il déposa ses lèvres sur celles de sa femme. En premier lieu, il était doux et suave. Aloyse adorait cela. Toute cette douceur, tout cet amour et toutes ces promesses que ce genre de baiser pouvait offrir.



Elle connaissait la suite. Vagn affermit sa prise et approfondit le baiser. Elle, amoureuse et désireuse, y répondait sans hésiter.



Malgré toutes ses années, Aloyse sentait le désir lui parcourir le corps lorsqu’elle posait le regard sur cet homme. Il fut le seul à lui faire cet effet.

- Je t’aime tant, mon amour.
- Je t’aime tout autant…



La nuit était plus profonde. Et d’étranges évènements se produisaient.



Sans pour autant étonnée Aèla. En effet, l’adolescente se mit au lit, sans se soucier de ce livre qui flottait impunément.

- Bonne nuit Mamie.



Et oui, Aèlys était de sortie. Cela faisait longtemps, mais Aèla, même si elle ne l’avait pas connu, connaissait sa grand-mère et se savait en sécurité lorsqu’elle apparaissait.



Le fantôme était heureux. Heureux de cette belle descendance que ses enfants lui avaient offert. Elle observait le ciel, un grand sourire sur les lèvres. Même si des obstacles étaient sur leur chemin, ses enfants étaient forts et se relevaient sans cesse. Elle ferma les yeux un instant, plongeant ses mains dans le sable. Elle appréciait son toucher et sentait vivante à nouveau.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 13 Mar - 8:50

Episode 21 : Aaah, l'adolescence !



Spoiler:


- A ce soir !

La porte d’entrée claqua, coupa net le son de la voix d’Aloyse. La brune était en retard et avait bien tardé dans son lit qu’à table. Le tour dans la salle de bain passa à la trappe lorsqu’elle se cassa les dents sur la porte fermée. Aèla était enfermée depuis longtemps.



En effet, l’adolescente prenait son temps ce matin. Se faisant belle. Elle n’était pas particulièrement une personne qui aimait se pomponner, mais une fois de temps en temps ne lui faisait pas de mal.



Prendre soi de soi était une façon comme une autre de se prouver qu’on s’aimait et qu’on tenait à la vie.



Et également, se concentrer sur soi même. Oublier ne serait ce qu’un instant les soucis.



Les soucis d’Aèla étaient simple aujourd’hui. Son frère. Ce dernier n’arrêtait pas de tambouriner à la porte, clamant que c’était son tour, que l’heure tournait.

- Enfin ! Lui fit remarquer ce dernier.
- C’est bon, Anthelm. Tu vas pas en faire tout un plat.
- T’as vu l’heure ?



Elle lui jeta un regard malicieux puis leva une main.

- Allez ! Montre moi que tu es un homme ! Je te met au défi !
- Un défi ? Répéta t’il, méfiant, regardant tour à tour la main et le visage de sa sœur.
- Il reste quoi… 5 min avant que le bus n’arrive ? Je te parie que tu n’arrives pas à être prêt dans les temps.

Sans un mot, Anthelm joignit sa main à celle d’Aèla.



- Pari tenu ! Si je gagne, tu fais mes corvées !
- Ok !

Sans demander son reste, l’adolescent fila dans la salle de bain. Aèla savait d’avance qu’elle perdrait car son frère était rapide et ne prenait pas sa douche le matin. Mais c’était l’unique façon pour elle d’échapper à un sermon d’une demi-heure.



Fin des cours. La neige n’arrêtait pas de tomber. L’hiver était enfin là, pour le bonheur de certain.



Anthelm stoppa sa sœur qui s’apprêtait à rentrer dans l’établissement.

- Où tu vas ? Les cours sont finis.
- J’ai deux-trois trucs à faire. Le concierge m’a demandé de l’aider à réparer la chaudière.
- Le concierge ?
- Ouais…



Anthelm vit bien que sa sœur n’était pas motivée pour aider à cette tâche.

- Ben, bon courage alors ?
- Ouais, c’est ça… Pfff… Préviens les parents pour moi, ok ?
- Pas de soucis !
- Salut Diègo ! Salua Aèla avant de filer à l’intérieur.

Anthelm se tourna vers leur cousin. Diègo avait bien grandit lui aussi. Il était le troisième enfant d’Elias.

- T’es pas fou de trainer en t-shirt dehors ? S’estomaqua Anthelm.
- Et toi, tu t’es vu ?

Anthelm pris la peine de se regarder. Et son cousin avait raison, il n’était pas mieux loti. Cela fit rire Anthelm qui passa un bras autour de l’épaule de Diègo qui riait tout autant.



Petite parenthèse présentation. Voici Leni, fils de Calixte, sans son masque d’alien.



Bleuenn qui vous connaissez déjà.



Dilan, le petit dernier d’Elias.



Et Davina, la fille de Corèus et de Cannelle. Fin de la parenthèse.



- Tu y comprends quelque chose ?

La jeune fille soupira et regarda derrière elle. Anthelm avait beau être la grosse tête de la classe, il n’était pas pour autant des plus attentif. En fait, il était assez tête en l’air.



- Si tu lisais la consigne, Anthelm. T’y comprendrais quelque chose.
- La consigne ? Répéta le jeune homme en fixant sa feuille.



- Oui, la consigne … Tu sais, ces petites phrases qui sont avant les exercices ? Les consignes, quoi !

Il regarda plus attentivement cet énoncé. En fait, c’était tout simple. Il n’eut besoin de réfléchir.



Il écrivit la réponse en quelques secondes et se retourna à nouveau vers sa camarade.

- C’était tout bête en fait.

Elle soupira avant de rire. Anthelm était comme ça.



Tandis que la nuit était là, Aèla rentrait enfin de ses « heures supplémentaires » au lycée. Exténuée, elle dû endurer le monologue du chauffeur de taxi. Elle soupira une fois encore, tout en observant le ciel.



Si certains devaient subir les émois de chauffeur, Anthelm lui subissait une énième discussion avec sa propre mère.

- Ca serait bien que tu aides un peu plus à la maison, Anthelm.
- Mais Maman, dit il entre deux respirations, j’aide déjà pas mal. Demande à Aèla.
- Ta sœur doit encore s’habituer au rythme du lycée.



- D’ailleurs, elle est où ?
- Je t’ai pas dit ? S’étonna Anthelm en se retournant vers sa mère.
- Dis quoi ?
- Elle a dû rester au lycée pour aider.

Aloyse observa son fils, qui l’air de rien continuait sa course. Il avait oublié de lui dire cela.

- Et tu oses oublier de me prévenir ?!! Anthelm, ta sœur est peut être en danger en ce moment même !
- Moi je plains plutôt son potentiel agresseur. Répliqua t’il avec humour.
- Ce n’est pas drôle Anthelm ! Rétorqua sa mère, furieuse. C’est l’hiver, la nuit tombe plus rapidement, il fait froid…

Anthelm soupira alors que sa mère énuméra encore et encore différents problèmes liés à l’obscurité, au fait que sa sœur soit une fille… Bref… Il en avait pour longtemps.



Mais Aèla était sauve et bien rentrée depuis longtemps. Elle tenait même compagnie à l’invitée de son frère. Maisy était une jeune fille agréable mais Aèla ne la connaissait pas assez bien pour dire s’il était une bonne amie ou pas.

- Dis moi, Aèla ? La blonde la regarda. Ton frère… Est-ce que t’on frère t’a déjà parlé d’une fille ?



Cette question fit rire Aèla. Tant qu’elle ne put se retenir et rit de bon cœur.

- J’ai dit quelque chose de drôle ? Demanda, vexée, Maisy.
- Non, non… Mais si tu me poses ce genre de question c’est que tu connais mal Anthelm.



- J’ai crû que… Comme vous êtes assez proche…
- Excuses moi d’avoir ri. Mais on a beau être proche avec Anthelm, je ne pense qu’il vienne me confier ses histoires de cœur.
- Pourquoi ? Demanda innocemment Maisy.

Aèla la regarda, les yeux ronds. En voià une bonne question : Pourquoi ? Elle adorait Anthelm et réciproquement. Mais leur complicité ne se mêlait pas aux histoires des cœurs. Ou tout simplement, ils n’en avaient pas. Elle resta coite devant le regard suppliant de la demoiselle au chapeau. Elle soupira puis fini par lui répondre :

- On est sûrement trop pudique.



Apaloossa dormait. L’heure des défunts était arrivée. Mais notre unique représentant nocturne n’était autre qu’Elven. Il profitait des joies de l’hiver.



Et retournait au stade enfance. Pauvre Elven, la mort n’était sûrement pas tendre avec lui.



Une nouvelle matinée s’installait. La nuit fut difficile pour Aloyse. Les souvenirs de Riverview la possédait, et elle avait beau se blottir contre son mari, Vagn n’était pas d’un grand réconfort lorsqu’il dormait.



Se croyant la première réveillée, elle décida d’aller préparer le petit-déjeuner. Cependant, elle découvrit Anthelm aux fourneaux.



- Bonjour mon cœur.
- Salut M’man, déjà levée ?
- Je pourrais te poser la même question.
- Aha, c’est vrai… Son rire se tût. Elle le sentit fatigué.
- Cauchemar ? Il fit signe que oui.

Elle soupira puis le prévint qu’elle allait se préparer.



Alors qu’elle s’observait, bercée par les légers ronflements de Vagn, Aloyse se remémorait cette époque chaotique que fut leur fuite. Tout quitter fut si difficile. Si cet entrepôt n’avait pas explosé, ils n’en seraient pas là.



Loin de tous ses souvenirs d’enfance, loin de l’histoire de sa famille. Elle était un peu perdue, seule par moment. Même si sa famille était là désormais, elle se sentait seule. Enfin seule n’était peut être pas le bon terme.
Elle se sentait responsable. Oui, voilà. Responsable et regrettait amèrement d’avoir trahis son patrimoine familiale. Elle avait beau se dire qu’elle n’y était pour rien, que c’était ainsi, elle n’arrivait pas à se défaire de ce goût amère dans sa bouche.

Elle entendit Vagn gémir tout en se retournant dans le lit. En le voyant ainsi, elle ne put s’empêcher de sourire amoureusement. En fait, elle n’était pas seule, et elle ne le serait plus jamais. Elle alla rejoindre son époux, lui baisa le front doucement puis se retira vers la sortie. Vagn ouvrit un œil et lui souhaita une bonne journée. Elle lui répondit d’un simple sourire puis referma la porte derrière elle.



Vagn rejoignit sans un mot ses enfants dans la cuisine. Il peinait à se déplacer. Il n’avait pas très bien dormi non plus. Car Aloyse n’arrêtait pas de gémir et de pleurer, quand elle ne se collait pas à lui. Il adorait sa femme, mais lorsqu’elle lui faisait manquer ses nuits, il était irascible. Et les premiers à en fait les frais, furent ses enfants.



- Vous pouvez pas être plus discrets le matin ?!

Les deux adolescents se regardèrent, stupéfaits. Leur père n’était pas une personne violente, tant par les gestes que par les propos, et le voir si énervé de bon matin était si rare. Même du jamais vu.

- Ca va Papa ? Se risqua Aèla.
- Je t’en pose des questions Aèla ? Mange et tais-toi.



Aèla resta muette de stupéfaction. Son frère fronça les sourcils et observa son père. Il vit que Vagn regrettait ses paroles mais que sa fierté et son autorité paternelle seraient remises en question s’il en venait à s’excuser. Anthelm soupira puis du regard, demanda à sa sœur de se taire. La blonde était prête à répliquer, mais la supplique silencieuse de son aînée la fit se raviser.



Si les nains magiques de Riverview étaient sympathiques, les nains d’Apaloossa eux… avaient un côté assez effrayant. Mais ils avaient les même passions : la télévision.



En milieu d’après-midi, après être rentrés de cours, les enfants avaient besoin de se relaxer et disputaient une partie de jeu vidéo. Aloyse, qui sortait de la douche, les rejoignit.



- Je vais t’avoir !
- Même pas en rêve Aèla !
- Doucement les enfants, ce n’est qu’un jeu. Tenta de tempérer Aloyse.
- Tu parles Maman ! Tu es la première de la course.
- C’est ça le talent, ma chérie.
- Ce qu’il faut pas entendre… Soupira Anthelm.



Un peu plus tard, Vagn les rejoignit à son tour. Il était de bien meilleure humeur que le matin.



- Vas-y Papa ! On va les avoir !
- T’en fais pas ma fille ! Je gère !!



- Maman, pour l’honneur de la famille, nous devons gagner !
- Un peu mon n’veu ! Allez Anthelm, on les aplatit !



La partie se déroula paisiblement, entre les rires et les bouderies de mauvaises joueuses. Mais la famille était en paix, heureuse d’être ensemble et jamais, Ô grand jamais, ils ne briseraient cette harmonie si durement acquis.



Un nouvel après-midi fit son apparition, et Aèla se reposait. Sa journée fut rude car les contrôles avait plut à l’école. Tenant à sa réputation de « grosse tête » la demoiselle avait planché toute la nuit sur ses révisions.



Cependant on la réveilla pour passer à table. Elle soupira et traîna les pieds, car vu ce qu’elle pouvait sentir, le repas allait encore être de bonne facture.



- C’est tout cramé, bougonna t’elle.
- On sait Aèla… Morigéna son père.
- Mais c’est immangeable !



- Aèla ! S’insurgea Aloyse.
- Elle a raison… Il faut reconnaître que l’on a vu mieux, tenta Vagn.
- Ah non ! Tu ne t’y mets pas Vagn. Anthelm s’est embêté à nous faire à manger alors on mange.

Le jeune garçon regardait sa famille qui engloutissait leur repas difficilement. Leur moue dégoûtée le dégoûta à son tour.



- Si mademoiselle Aèla trouve cela si mauvais, la prochaine fois elle fera le repas elle-même au lieu de roupiller toute l’aprem’ !



- Comment ça ?! Tu veux te battre Anthelm ?!!
- Pas besoin, je sais que je vais gagner… Crevette !



- Papa ! Se plaignit la demoiselle.
- Anthelm, tu pourrais être plus gentil avec ta sœur.



Il s’étouffa en avalant de travers.

- Alors là ! Je crois rêver ! Papa, tu l’as entendu ! C’est elle qui a commencé !



- Peut être. Répondit son père alors qu’il posait son assiette dans l’évier. Mais tu es l’aîné Anthelm. Tu es censé être plus mature.

Aèla décocha un clin d’œil à son frère, heureuse de gagner la bataille. Elle sortit son cahier afin de faire ses devoirs.



Anthelm lui tira la langue, avant de ramasser son assiette.

- Elle a bon dos la maturité… Soupira t’il.
- Pour la peine, Anthelm, tu feras la vaisselle.
- Quoi ?! Mais c’est au tour d’Aèla !



La demoiselle fit profil bas. L’adolescence c’était vraiment nul. Elle avait hâte d’une chose : grandir et partir.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 13 Mar - 8:50

Episode 22 : Vive la descendance !




Spoiler:


La neige. Cette si belle neige qui tapissait de son lourd manteau blanc les collines et les routes d’Apaloossa Plain. On pouvait dire que l’hiver était bien là. Bien ancré dans le décor et dans les cœurs.



Même dans les cœurs qui ne battaient plus. Kahei avait su en profiter et avait offert à sa famille un joli petit igloo.



Mais comme le reste des fantômes de la famille, il était fasciné par le terrain de sable. A croire que la hantise d’objet, c’était démodé.



Alors que les fantômes veillaient, les souris dansaient.



Les amoureux aimaient prendre du temps pour eux, maintenant que leurs enfants étaient assez grands pour se débrouiller tout seul.



Ils pouvaient très bien avoir leur moment intime lorsque les monstres étaient debout, mais ils préféraient les faveur de la nuit. L’intimité était tout autre, plus de romantisme.



Et comme à chaque fois, Vagn n’en faisait qu’à sa tête.



Chose qui ne déplaisait pas à sa belle. Elle connaissait ses habitudes désormais.



Et de longues sessions de jeu du regard entre eux remplaçaient sans mal les mots.



- Si seulement j’avais mon congé…
- Oui, ma Chérie…
- Mais tout le monde ne peut pas être aussi fainéant que les militaires ! Plaisanta t’elle.
- Dis tout de suite que je ne fais rien.

Elle lui baisa la joue.

- Bien sur que non. Mon petit mari que j’aime va, comme d’habitude, ranger la maison, faire la vaisselle, faire le lit, préparer un somptueux diner et s’occuper des papiers !

Elle l’avait bien eu. Alors que Vagn commençait à fulminer, Aloyse sortit de la maison, rejoignant sa collègue afin d’aller au travail, tout en riant.



- J’ai tellement pas envie d’aller en cours. Se plaignit la blonde.
- Et moi donc…

Leur regard se porta automatiquement sur le chauffeur qui conduisait tout en sifflotant.



- Et si…
- N’y pense même pas Aèla. Pense plutôt à ce que nous ferait Papa s’il nous voyait rentrer maintenant.

Elle déglutit, non sans peine. Anthelm avait raison. S’ils voulaient sécher, ce n’était pas le bon jour.



- Allez fidèle destrier ! Au galop !
- N’exagère pas non plus Aèla…
- T’es pas drôle !
- Et toi, lourde… Bon tu descends maintenant ?
- Lourde ??!!!

Anthelm soupira alors que sa sœur partait dans un monologue concernant sa taille gracile et mince, sa légèreté légendaire et sa beauté sans pareille. Pas de doute, se disait-il, elle était bien la fille de sa mère.



Un peu plus loin, dans la cuisine, les adultes assistaient à l’échange. Aloyse riait doucement en entendant sa fille débitait dix mots à la seconde et pour toute réponse, les soupirs de son frère. Vagn lui écoutait, mais ce ne fut pas le même sentiment qui le submergea. Il regarda sa femme qui refermait la porte du frigo. Il soupira lui aussi avant de dire :

- Telle mère, telle fille…



Le repas se passa dans le calme, tandis que les adolescents faisaient leur devoirs.



Le téléphone sonna et Aèla décrocha à la vitesse de l’éclair. Chose qui surprit Anthelm.

- Allô ?
- Aèla ? C’est Maisy.



- Oui… Oui… Non, ca va, j’étais entrain de faire mes devoirs.
- Ah d’accord ! Je t’embête pas longtemps, ne t’en fais pas.
- Qu’est ce qu’il y a ?



- Tu vois Freddy ?
- Euh… Celui de ta classe ?
- Celui la même. L’intérêt d’Aèla s’intensifia immédiatement.
- Et bien quoi ?



Sa voix avait monté dans les aigues, par l’excitation qui la prenait. Freddy était un des « beaux gosses » du lycée. Alors bien sur, elle ne pouvait que voir qui il était.



- Et bien, Freddy m’a demandé des trucs sur toi.
- Tu plaisantes ?
- Pourquoi je plaisanterais sur ce sujet ? C’est on ne peut plus sérieux !!
- Hiiii !!! Hurla Aèla

Derrière elle, Anthelm soupira.

- Aèla ! T’es pas toute seule !



Mais Aèla l’ignora purement et simplement. Sa conversation était bien trop importante pour être gâcher par ce râleur d’Anthelm.

- Ton frère est là ? Demanda Maisy, intéressée.
- On s’en fiche de lui ! Qu’est ce que t’as dit Freddy ?!!



- Aèla, si tu veux discuter, va dans ta chambre, ton frère a besoin de se concentrer.

Aèla soupira théâtralement, ce qui attisa le regard noir de sa mère. La petite fit profil bas.



Elle écouta, sans dire mot, ce que Maisy pouvait lui rapporter. Freddy lui aurait demandé si la blonde était célibataire, ce qu’elle avait prévu pour le bal du lycée et si elle le connaissait.



- Je le crois pas ! Je le crois pas ! Piétinait elle.
- Et si ma belle ! T’as une touche avec le beau Freddy !
- Hiii !!! Hurlaient elles en chœur.



Elle ne savait plus où se mettre. Excitée, impatiente, enthousiasme, débridée et à la fois gênée. Tant d’émotions à la fois lui battaient les tempes.



Elle continuait de parler, sans arriver à contrôler sa voix. Anthelm bougonnait, voulant travailler.

- Maman, tu ne peux pas dire à ta fille de sortir ?



- Aèla, s’il te plait, va dans ta chambre pour téléphoner.
- D’accord, d’accord… Finit elle par concéder.
- Ah enfin un peu de calme !



Ca c’était ce qu’il croyait car sa mère suivit le rythme et dégaina à son tour le téléphone. Il n’y avait non une, mais deux conversations féminine dans une même pièce. Désespéré, Anthelm supplia son père de l’aider.

- Laisse ta mère en paix, Anthelm.



Il termina ses devoirs tant bien que mal et trouva refuge dans la chambre de sa sœur. On lui avait offert un échiquier, même s’il savait qu’il était pour eux deux. Mais il y a avait plus de place dans la chambre de sa cadette et elle le laissait entrer comme bon lui semblait.



Il commençait sérieusement à penser à son avenir. Bien qu’il n’avait encore aucune idée, il pensait utiliser ses belles capacités cérébrales et sa fascination pour les échecs et la résolution de problème dans ses choix professionnel.



Si certains pensaient à leur futur, d’autres souffraient de leur devoir actuel. Aèla était trop excitée pour arriver à se concentrer.



Mais il fallait souvent se faire violence pour arriver à ses fins. Lesquelles ? Elle ne les connaissait pas encore, mais espérer mettre à profit son intelligence dans l’avenir.



Les enfants occupés, les parents profitaient d’être ensemble, loin des corvées que pouvaient représenter l’école.



- Les enfants deviennent de plus en plus turbulents. Fit Vagn, nonchalant.
- C’est leur façon de se dire "Je t’aime". Sourit Aloyse.



- Ah ! Au fait ! Se rappela la brune. J’ai eu Gwillerm au téléphone tout à l’heure.
- Oui ?
- Il est de nouveau papa.



- C’est pas vrai ?
- Et si… Comment a-t-il pu nous le cacher ?
- Va savoir… Cleeda serait magicienne ? Aloyse rit à la plaisanterie de son époux. Non, mais sérieusement ?
- Ca arrive parfois, qu’une grossesse ne se sache qu’au dernier moment.
- Tu veux dire que l’enfant est né ?
- Oui, c’est ça le plus surprenant !


Plus tard, ils étaient toujours sur le cas Cleeda.

- Serait-ce dû à ses origines celtes ?
- Pardon ?
- Et bien, la magie, tout ca ! Continua Vagn.



- Il n’y a que la magie qui puisse cacher un bébé dans le corps d’une femme comme Cleeda !

Aloyse ne put s’empêcher de rire devant les conclusion aberrante de son époux. Certes Cleeda était une femme très mince, mais de là à être magicienne…

- Au fait, le prénom de l’enfant ?
- Hum ? Ah oui… Le petit s’appelle Artème.



Elle se laissa retomber sur l’épaule de son mari.



- Je suis si heureuse pour Gwillerm.
- Moi aussi.



Ils restèrent un long moment ainsi, sans mot dire. Ils repensaient à leur propre couple, leur propre passé. Ils avaient leur secret. Cette épidémie, à Riverview, n’avait pas touché qu’Elias. Aloyse aussi avait perdu un enfant. Il n’était encore qu’à l’état embryonnaire, mais c’était une vie malgré tout.



Il était tard, et Aèla dû aller se coucher. Sa grand-mère à ses côtés, elle se sentit en sécurité.

- Dis Mamie ?
- Oui ma grande ?
- C’est quoi "être amoureuse" ?



- En voilà une belle question, Aèla. Tu penses l’être ?
- Je ne sais pas… Il y a ce garçon. Il ne m’a jamais parlé, moi non plus d’ailleurs, mais je l’ai toujours observé.



- L’amour est une chose complexe. Il a sa propre identité selon les gens qui le fréquente.
- C’est-à-dire, Mamie ?
- Chaque être le perçoit à sa manière. Moi par exemple…
- Oui ?
- Je ne sais pas trop comment te le décrire. Mais avec ton grand-père c’est une très longue histoire. Il fut mon seul ami, mon seul amant.



- Tu le regrettes ?
- Non ! Jamais je ne pourrais regretter les années passer avec ton grand-père. Notre amour est unique, comme celui de tes arrières grands-parents, comme celui de tes parents, ou de tes oncles.
- Ce que tu cherches à me dire, c’est qu’il n’y a que moi qui puisse déterminer ma façon d’aimer ?
- Tout à fait ma chérie.

La blonde se tût un moment, tenant les draps dans une main. Elle secoua la tête, décidant de laisser ca de côté. Génie ou pas génie, l’amour était une chose abstraite qui pouvait prendre différente forme. Et c’était un trop pour elle.

- Bonne nuit Mamie.
- Bonne nuit ma grande. Fais de beaux rêves.
- Merci… pour tout.

Aèla se glissa dans les draps, éteignit sa lampe et ferma les yeux, sombrant rapidement dans le sommeil, sous le regard de sa grand-mère.



Mais Aèlys n’était pas la seule de sortie. Aimée jouait, à son tour, dans le bac à sable.



Et Elven ne pouvait décrocher de la console.



Un soir, à l’abri de tous les regards, Anthelm découvrit qu’il était l’heure.



L’heure de quoi ?



Et bien, de grandir, tout simplement.



Sous les regards ébahis de sa famille, Anthelm venait d’entrer dans la majorité.



- La vache… Je suis jalouse…
- Et moi donc…

Aèla fixa son père et vit que ce dernier était très ému de voir son aîné grandir.



- Raah ! Mais ne me regardez pas comme ça ! S’énerva Anthelm.
- Mais mon cœur, tu es si… Si…



- Si quoi ?

Aloyse ne savait quel mot employer.

- Tu es magnifique ! S’écria Aèla avant de se jeter dans ses bras.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 13 Mar - 8:50

Episode 23 : Parc et Famille




Spoiler:

"Comme le temps a passé. Je me rappelle encore le jour où je l’ai mis au monde. Cet enfant hors-norme. Anthelm était un bien gros bébé, joufflue et discret. Trop discret…



Mais il était mon bébé. Mon fils unique. J’étais bien décidé à l’élever seule. Mais tout à changer lorsque Vagn est revenue…



Pour le meilleur et pour le pire. Je crois que si il n’était pas là, je n’aurais jamais tenu le coup. J’ai toujours crû en mon indépendance. Au fait qu’être femme n’était pas un handicap. J’ai choisi mon métier en fonction de cela. Dans les affaires, tu crèves ou tu bouffes. Je sais, c’est bien vulgaire, dis ainsi, mais c’est la réalité. Le sexe n’entre pas en compte et nous les femmes avons des armes bien plus affutées que les hommes : le charme. Je n’en suis pas fière, mais j’en ai usé.



Aujourd’hui, je suis Vice-Présidente de notre entreprise. Mon mari est Pilote de chasse. Il devrait être sur le terrain mais suite à mes demandes incessantes, il n’est que Formateur. Le salaire s’en ressent, mais on s’en fiche. Nous sommes en famille. Ma cadette vit tranquillement sa vie d’adolescente, avec les crises qui vont avec. Et Anthelm, mon rayon de soleil, et bien…



Il est un savant mélange de son père et de moi-même. Un magnifique jeune homme promis à une belle vie et une belle carrière. Je suis si fière de lui. "



Le matin… Cela revenait à dire : devoir déjeuner avec les images de ses ancêtres. Aèla ne les avait pas connu, et voir le portrait d’inconnu la faisait se remettre en question.



Enfin, ils n’étaient pas tous des inconnus. Elle était un peu mauvaise langue en disant cela.

- Est-ce qu’un jour, je serais sur un mur, oubliée de tous ?



La neige était toujours au rendez-vous, malgré que le printemps fut présent.



Une vieille voiture arriva devant l’hôtel de ville. Elle se gara un peu plus loin après avoir repéré une place.



Anthelm avait un entretien avec le poste de police, résidant dans l’hôtel de ville. Il s’était renseigné durant ces derniers jours et et avait pour ambition de faire carrière dans la médecine légale.



- Allô ? Maman ?
- Ah mon chéri ! Alors cet entretien ?
- Bien, très bien même. Je suis embauché !
- C’est merveilleux ! Anthelm je suis fière de toi !

Et Aloyse le retint au téléphone une bonne demi-heure, lui vantant les forces de police, relatant que son oncle Nolan ainsi que son frère étaient de bons agents. Et comme d’habitude, Anthelm écouta, tout simplement, trouvant le temps long.



Il décida ensuite de se rendre au parc, non loin de chez lui. Il avait besoin de prendre l’air. Certes, il avait trouvé un emploi, mais la vie ne se résumait pas qu’à cela. Il tomba sur les cousines de sa mère : Laurence et Priscilla. Les deux femmes étaient entrées dans l’âge adulte et vivaient toujours sur le même toit.



Laurence, en vert, était toujours célibataire mais semblait épanouie dans son métier. A l’instar de sa sœur, Priscilla était la mère de deux enfants, Lancelot, né d’un père restait à Riverview et Stefania, qu’elle eut avec son mari, résident à Apaloossa. C’était une bonne occasion pour le jeune homme de poser des questions.



- Alors comme ça on est entré dans la police ?
- On sera collègue alors ! S’extasia Priscilla.
- Justement, Laurence, Priscilla… Je me pose des questions.



- Concernant ? S’intéressa Laurence.
- Et bien… J’espère ne pas te froisser, Laurence, mais, vos situations sont différentes avec Priscilla.
- Tu parles de nos emplois ? Demanda Priscilla.
- Oui et non. En fait, je me demande ce que ça fait d’être seul, alors qu’on a passé la quarantaine.



- J’ai compris ! Anthelm, tu as peur de finir vieux garçon ?! S’esclaffa Priscilla.
- Je ne l’aurais pas dit comme ça. S’indigna Anthelm.
- Tu es encore jeune Anthelm. Tu as le temps de voir venir une belle jeune femme.
- Mais… Tous le monde est casé.
- Quand tu dis tout le monde … ?
- Oui, tous mes cousins et cousines.
- Et ta sœur ?
- C’est une autre histoire. Le premier qui la touche…

Cette réflexion fit rire les jumelles, créant une moue boudeuse sur le visage du jeune homme.



Il tomba ensuite sur Janessa, l’une des jumelles d’Elias, et partenaire d’Anthelm.



Ils discutèrent un long moment sur le travail, Janessa le briefant sur les missions en cours.



Il rejoignit ensuite, son autre cousine, Delphine, qui était de sortie en famille avec son époux, Timéo Dacier. Elle n’a pas pour autant abandonné le nom Vauganne. Delphine était désormais Delphine Vauganne-Dacier, et une future maman.



- Alors les petits loups ? De quoi vous parlez ?
- Bonjour Priscilla. La salua Delphine. Nous étions en train de parler bébé.



- Ce n’est pas beau de mentir ! Intervint sa jumelle.
- En fait, nous étions en train de convaincre Delphine de s’arranger.



Priscilla observa la jeune femme de plus près. Delphine était loin d’être repoussante, mais elle avait une tendance à se négliger, car elle se dévalorisait.



- Je vous remercie tous de votre sollicitude, mais je suis très bien comme je suis.
- Tu as raison ma chérie. Intervint son mari, Timéo.
- Allez Timéo, ne nous fais pas croire que ta femme en petite tenue sexy ne te plairais pas. Fit Anthelm, tout en lui donnant de léger coups de coude dans le bras.



La nuit était là et avait forcé les Vauganne à rentrer chez eux. Anthelm tomba sur sa cadette qui l’attendait de pied ferme. De prime abord, il se demanda ce qu’il avait bien pu faire, mais la demoiselle lui demanda simplement de la suivre. Ce fut ainsi qu’ils se retrouvèrent dans la chambre de la jeune fille.



- Qu’est-ce qu’il y a, Aèla ?
- J’ai eu une idée pendant que tu te promenais !
- Une idée ?



- J’ai beau être blonde, j’ai un cerveau et je m’en sers, très cher frère !
- Aha ! Je sais, je sais. Alors cette idée ?



- C’est simple, mon cher Monsieur ! Et si on adoptait un chat ?
- Un chat ?
- Oui, un chat !



- Tu aimes les chats maintenant ? S’étonna Anthelm.
- Mais pas pour moi, béta ! Mais pour Maman et Papa.
- Ah je vois… C’est vrai qu’avec le déménagement, on a du se séparer des chats…



- Oui… Et tu connais Maman… Elle les adore.
- C’est clair… Je me demande comment elle pu vivre sans depuis.
- Alors, tu m’aides ?



- Bien sur ! Demain, je m’occupe des formalités et on ira en choisir un.
- Merci Anthelm ! T’es le meilleur ! Dit elle en plongeant dans ses bras.
- Tu ne t’en rends compte que maintenant ?



- Chéri…
- Oui ? Fit Vagn.
- Si on m’avait dit que le bonheur était simple, je ne l’aurai jamais cru.



- Que veux-tu dire ?
- Et bien… Plus jeune, j’étais toujours à me plaindre auprès de mes parents de mes frères. Ou sur le fait qu’on était trop nombreux à la maison. L’homme acquiesça en silence. Maintenant, je comprends les propos de mes parents et de ma grand-mère. "Le bonheur nait d’une simple chose : un rire, un sourire, une caresse ou une simple pensée". Les rires d’Aèla résonnèrent dans la maison. Et là, vois-tu… Entendre mes enfants, les voir grandir, s’épanouir… M’arracherait des larmes.



Sans un mot, Vagn pressa ses lèvres sur celles de sa femme. Il comprenait ce qu’elle disait. C’était simple et vrai à la fois. Il la regarda droit dans les yeux avant de lui dire :

- Je t’aime, Aloyse.
- Je t’aime aussi, Vagn.

Oui… Et cet amour, il faillit passer à côté.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 13 Mar - 8:51

Episode 24 : Baiser volé, baiser châtié



Spoiler:


Tout allait bien, pour le meilleur des mondes, en cette matinée de printemps.



Alors que son épouse était en cuisine, à chantonner, Vagn s’amusait à parcourir internet.



Vint l’heure du petit déjeuner.



- Alors c’est le grand jour ? Demanda Aloyse à son fils.
- Maman, ce n’est qu’un remise de diplôme, tu sais.
- Peut être, mais ca représente beaucoup tu sais ?



Anthelm ne réalisait pas. En fait, il s’en fichait. Pour lui l’école était terminée depuis longtemps, et il avait même commencé à travailler. Cette époque lui semblait déjà si loin alors qu’elle n’était guère si lointaine.

- Je me souviens de la mienne. Mes parents étaient si fiers. Un souvenir la fit sourire. Celle de Calixte était bien comique dans son genre.
- Ah bon ? Demanda Vagn.
- Oui. Le pauvre a failli se faire dessus.
- Je ne sais pas pourquoi, Maman, mais je t’en crois responsable.
- Hé ! J’étais une petite fille modèle.
- C’est pas ce que raconte Gwillerm.

Aloyse offrit une tape à son fils, alors que Vagn riait.



- Dites, ca vous dirait de faire moins de bruit le matin ? Se plaignit Aèla, la tête dans la brume.
- Bonjour ma chérie. Bien dormi ? Demanda son père.

Pour toute réponse, elle lui fit un vague geste de la matin tout en se dirigeant vers le plat.



Afin de fêter l’évènement, la famille décida de faire quelques clichés. Les deux enfants tinrent à poser ensemble. Anthelm quitta sa tenue de cérémonie pour revêtir un ensemble plus tendance et chic.



Puis ils utilisèrent la fonction retardateur de l’appareil pour poser la famille au complet.



La jeune Aèla se pomponnait tranquillement, devant la glace qui trônait au dessus de la commande de ses parents.



Car, aujourd’hui, elle recevait. Qui ?



Un jeune garçon qui faisait battre son cœur depuis des mois. Un beau blond qui avait franchi le seuil de sa maison depuis quelques minutes déjà. Alors qu’elle sortait, tout en chantonnant, de la chambre parentale, elle découvrit son prince charmant en prise avec le terrible sorcier : son Père !



Elle croisa le regard du prince, qui n’était nullement mal pris. Lorsqu’il la vit réellement, son visage se transforma en un immense sourire.



- C’est bon Papa, je peux m’occuper de Freddy toute seule.
- Oh mais je n’ai rien fait.
- C’est vrai Aèla. Ton père et moi discutions, simplement.



La donzelle n’était pas dupe. Sous les airs courtois son père pouvait se révéler être un véritable dragon et cracher son venin comme il expirerait de l’air.

- Oui, bon ! Oublies ! Comment vas-tu ? Elle faisait mine d’être détachée de tout cela, mais s’il savait quel était le désordre qui régnait dans son esprit.
- Euh, bien… Merci.



Ils discutèrent un long moment de tout et de rien. Surtout de rien. Les affaires du lycée étaient si surfaites parfois, que même Aèla les trouvaient stupides et dénuées d’intérêts.



- Tu sais Aèla… Si je suis venu chez toi, c’est pas pour parler du lycée.
- Ah… Fit elle faussement étonnée.

La petite n’était pas stupide. Elle savait qu’elle plaisait au garçon. Mais lui, ignorait qu’il lui plaisait.



Il tendit une main vers elle et lui prit la main. Aèla sentit son cœur accélérer et son sang bouillonner dans tout son corps.



Le sourire ravageur de Freddy l’acheva. Elle se mit à sourire béatement, puis sans un mot l’emmena dans une autre pièce, loin de son père, qui les surveiller depuis l’ordinateur, en faisant mine de ne pas s’y intéresser.



Leur premier baiser se fit en silence. Tout n’était que jeu. Le regard était la clé, et Aèla était une experte avec ses yeux. Une puissante arme que toute femme se devait manier.



Il ne fut pas surpris, le Freddy. En fait, il n’attendait que cela. Que la donzelle lui permette de toucher ses lèvres/



Sans autre mot, il se rapprocha d’elle, la ceignit par la taille et l’approcha d’elle fermement.



De prime abord surprise, Aèla laissa un petit hoquet s’échapper de sa gorge, mais le sourire et le visage confiant de son partenaire la rassura et elle se permit de le toucher, rapprochant ainsi de nouveau leur deux visages.



Si ce besoin était chaste, il n’en était moins doux et sucré. Tout comme espérait Aèla de son premier baiser. Était-ce l’amour qui le rendait si bon ?



La soirée se déroula sans autre évènement. Après cet échange, Freddy partit, sans un mot. Aèla était sur son petit nuage et alla se coucher sans manger. Anthelm rejoignit les bras de Morphée peu après.
Cette nuit là, Aimée était de sortit. Ses vieux os craquaient alors qu’elle observait son arrière-petit-fils. Comme il avait grandit depuis qu’elle était venue leur rendre visite. Elle resta un long moment à s’extasier devant lui.



Elle rendit également visite à Aèla, qui s’en crier gare se leva de son lit. Elle réussit à surprendre Aimée.



- Tu es bien joyeuse, ma chérie.
- Et oui ! Grande-Mamie, tu sais quoi ?



- Non ?
- J’ai un petit ami !! Ne pouvait elle s’empêcher d’hurler.



- Ohlala ! Mon Aèla ! C’est … super ? Elle ne trouvait pas les mots.
- Oui ! Si tu savais ! J’attendais ca depuis des années.



Aimée ne pouvait être aussi enjouée que l’adolescente. Elle ne savait pas pourquoi, mais son instinct lui disait qu’elle devait se méfier. Mais devant un tel sourire, la défunte ne se sentait pas capable de lui dire.



- Je vous dit que je ne suis pas intéressée !
- Mais Madame, cette assurance vie permettrait à vos enfants…
- Je ne suis pas encore grabataire ! On ne m’enterra pas si facilement !

Aloyse raccrocha violement, ne laissant aucune chance à son interlocuteur de continuer sa plaidoirie.



- Qui c’était Chérie ? S’intéressa Vagn.
- Encore une assurance. Ils veulent tous nous voir crever…
- Allons… Ils font leur boulot.



- Peut être, mais c’est pas une raison pour venir nous dire qu’on est bon à nous mettre entre quatre planches.

Cette remarque fit sourire son époux. Aloyse détestait qu’on lui rappelle son âge. Pourtant, elle restait une très belle femme, malgré les quelques rides qui soulignaient ses expressions.



Plus tard, alors qu’elle se reposait devant un bon film avec sa fille, l’on sonna à la porte.

- Qui ca peut être encore ? Si c’est encore pour une assurance décès, je vais te…
- Va ouvrir Maman !



Aloyse tomba des nus en voyant ce qui se trouvait sur le pas de sa porte. Une petite boule de poil noire et blanche miaulait et ronronnait en se frottant à ses jambes.



Aloyse ne pouvait que craquer devant une bouille si mignonne.



Elle prit l’animal dans ses bras, puis tout en le caressant, elle entra dans la demeure. Elle repensa à ses chats, laissés derrière elle, lors de leur déménagement. Ils lui manquaient énormément, même si elle ne l’avait jamais dit.



- Qui est le petit malin qui a laissé ce chaton sur le palier ?



- Maman, qu’est ce qui te fais croire que c’est nous ? Demanda innocemment Anthelm.
- En tout cas, c’est pas moi. Dit Aèla.
- Moi non plus, intervint Vagn.

Aloyse arqua un sourcil devant les visages a peine souriant de ses enfants.



Elle déposa le chat au sol et prit sa fille dans ses bras. La petite riait alors que sa mère lui couvrait le crâne de baiser.



- Vous êtes des anges, mes amours.
- Maman, n’exagères pas. Ce n’est qu’un chat.
- Peut être, mais ca représente énormément pour moi.

Aèla lui sourit à nouveau et regarda la petite boule de poils. Anthelm était partit très tôt le matin même pour aller chercher le chaton. Aèla avait pour mission de distraire sa mère. Opération réussie : Bienvenue au petit Tyrinel !



En attendant que les accessoires pour le félins arrive, Aloyse emmena sa fille sur les routes d’Apaloosa pour une petite leçon de conduite. La petite apprenait vite et obtint rapidement son permis.



La nuit arriva rapidement et les Vauganne dormaient. Non loin de là, dans le salon, le petit Tyrinel, Tyri de son petit nom, s’habituait à la demeure.



Apparemment, il n’avait aucune gêne. Ce qu’il faisait bon d’être un chat… N’est ce pas ?
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 13 Mar - 8:51

Episode 25 : Une couverture ca se partage !


Spoiler:


- Tu fais quelques choses aujourd’hui, Anthelm ?

Avalant sa bouchée de céréales, le jeune homme regarda sa sœur. Il n’avait pas réellement prévu sa journée. C’était un jour férié. Il prit la peine de réfléchir un moment, alors qu’Aèla s’impatientait.

- Hé ho !



- Je t’ai entendu !
- Ca va ! Pas la peine de le prendre comme ça.
- C’est toi qui m’agresse dès le matin.
- Pfff… Si c’est ça. Je dis plus rien. Râla la blonde.



Plus tard, Anthelm reçu un appel de sa patronne. Cette dernière lui demanda expressément de se rendre au parc des loisirs, afin de remplir une mission spéciale. En tant qu’agent, congé ou pas, Anthelm se devait d’accepter.



Il fila sans un mot. Il aperçut néanmoins sa cadette qui jardinait. Il lui lança à la dérobé qu’il allait au parc.



Elle n’eut le temps de lui répondre. Alors elle se contenta de lever une main en guise de salut et de le regarder partir en courant jusqu’au parc. Elle reprit son activité, un sourcil légèrement arqué.

- Pour courir ainsi… Il va voir une femme…



Il attendait depuis plus de dix minutes, appuyé contre une barrière. Il ne pouvait s’empêcher de scruter les alentours avec un œil inquiet. Il aperçut la demoiselle du stand à baiser. Elle lui fit signe de le rejoindre. Il décroisa alors les bras et s’exécuta.



- Alors mon joli ? On s’ennui ?
- Pas du tout, j’attends une amie.
- Une amie, hein… Fit elle septique. Et je suppose que cette amie ne verra aucune objection à ce que tu contribue à la bonne cause.



- Expliquez vous.
- 5 $ le baiser, et l’argent va aux nécessiteux.
- Ma foi…

Anthelm sortit l’argent et le mit dans le pot prévu à cet effet. Avec un immense sourire, la brune, s’avança vers lui.



Et lui déposa un chaste baiser sur les lèvres. Anthelm sentit qu’elle testait ses barrières. Pas fou, il recula. Elle était loin d’être laide, mais elle n’était pas celle qui faisait battre son cœur.

- Alors Anthelm, on flirte ?



Il se retourna aussi sec et la jeune femme aux baisers comprit qu’elle n’avait aucune chance face à la nouvelle venue.

- Bonjour, comment allez-vous ?

Ce vouvoiement faisait toujours sourire la demoiselle. Ils avaient apparemment le même âge, mais Anthelm préférait ne pas briser la distance hiérarchique qui les séparait. Elle était la patronne, il était l’employé.



- Voyons Anthelm ! Je t’ai déjà dit de me tutoyer. J’ai l’air d’une vieille grabataire à t’entendre jouer du «vous ».

Anthelm ne put s’empêcher de sourire de façon contrit.

- Et surtout, ca ne fait pas très crédible pour notre couverture. Lui chuchota t’elle.



- Je te rappelle la manœuvre. On est un couple qui est là pour se distraire, mais il faut que l’on observe la population. Quelques trafiquants utilisent ce lieux pour leurs affaires.
- Bien Madame.



- Céleste.
- Pardon ?
- Appelle moi par mon prénom, bon sang ! Dit elle en lui collant une baffe sur le haut du crâne.

D’abord choqué Anthelm la scruta, mais le sourire qu’elle arborait lui fait baisser les bras. Elle était vivante, nature et si belle. Oui, depuis son entretien au poste, il était tombé sous le charme de la demoiselle.



- Et si nous allions tester notre compatibilité ? Proposa Anthelm après s’être ressaisi.
- Pourquoi pas. Ca peut être drôle.



- Par contre, il va falloir m’expliquer comme ça marche.
- Euh… J’en sais trop rien, en fait. Avoua le jeune homme.
- Comment ?! Tu n’as jamais emmené ta petite amie ici ? Demanda sincèrement surprise Céleste.
- Je… Je n’ai jamais eu de petite amie. Dit simplement Anthelm.



Elle le regarda un moment, alors que leurs mains étaient jointes sur le manche de la machine. Anthelm était une personne timide. Ca, elle l’avait tout de suite sentit lors de son entretien, mais sous sa timidité se cachait un grand cœur et un sens du devoir infaillible. Et il était beau garçon ! Et c’était un bon prétexte pour l’engager. Quitte à faire des sessions de couverture, autant que le partenaire soit beau.



Un lourd silence s’était imposé. Mais ils eurent beau attendre, la lumière resta muette.



Anthelm, un peu déçu, se cacha le visage derrière la main. A ses côtés, Céleste fit la moue.



- Je suis désolé Céleste.
- Il… Il n’y a de quoi. C’est juste un jeu.
- Oui… un jeu.



Aucun des deux ne voulait se l’avouer, mais la déception était grande. Bien plus qu’ils ne l’auraient imaginé et souhaité.

- Bon…et bien…Tenta Anthelm.
- Oui, passons à autre chose.



Alors qu’ils discutaient simplement, de leur vie de famille, Anthelm aperçut son père, qui semblait ne pas se remettre d’une chose.
Un peu étonné, il ne pouvait s’empêcher de le fixer.



- Il y a quelque chose derrière moi ?
- Rien… Juste mon père.
- Ton père ? Elle voulut se retourner, mais le jeune homme la retint.



( Photo bonus ! Vagn et un autre habitant du quartier essayent de laisser une mode… Tss ! Nolan est le précurseur de ce bronzage !)



Ils se retrouvèrent sur la piste de danse. Tranquillement en train de danser, Céleste se permit une question.

- Dis moi Anthelm…
- Oui ?
- Ca ne te dérange pas ?



- De quoi parles-tu ?
- Et bien… C’est un jour de congé. Tu avais sûrement quelque chose de prévu.
- Non… Non, pas vraiment. A part supporter ma petite sœur toute la journée, je n’avais rien de prévu. Dit il avec un sourire.



Cela arracha un rire franc et mélodieux à Céleste.

- Tu as une sœur ?
- Oui, elle est ma cadette.
- C’est pour ça que tu sais t’y prendre avec les filles ?



La remarque fit tanguer Anthelm, qui dans sa surprise, perdit le contrôle de la danse. Céleste lui marcha sur le pied et le jeune homme entra dans une danse particulière, tout en tenant le pied.



- Ah ! Pardon !! Je suis désolée !



Le jeune homme se redressa et lui adressa un superbe sourire de circonstance. Bien qu’elle lui eut littéralement écrasé les orteils, il ne lui en voulait pas. L’air inquiet qui la défiguré la rendait si mignonne.



La journée se terminait paisiblement, Vagn toujours présent dans le parc, avait constitué son petit « harem » autour d’une partie de lancé de fer à cheval.



Pendant ce temps, Aloyse était en proie de doute. Elle qui avait réalisé cette machine depuis des lustres se tâtait à l’utiliser. Qu’allait elle pouvoir découvrir en voyageant à travers le temps ?



Elle se lança à l’eau. Adviendra que pourra.



Et disparut une fois les portes refermaient derrière elle.



La couverture était devenue filature. Le couple d’agent avait repéré une de leur proie et décida de le suivre.



Ils se retrouvèrent bien vite dans un des restaurants de la ville.



La soirée passa rapidement. Leur suspect fut appréhendé par des collègues d’Anthelm et de Céleste.

- La soirée fut corsée.
- Oui, je dois le reconnaitre. Si tu ne t’étais pas élancé sur lui, on aurait perdu notre suspect.
- Je n’ai fait que mon devoir. Dit Anthelm, humble, tout en haussant les épaules.



- Je suis sérieuse Anthelm. C’était du beau boulot.
- Oui… La réalité lui fit mal. J’en étais venu à oublier qu’on travaillait.



Il n’était pas le seul à s’être pris au jeu. Elle ne le savait pas de si bonne compagnie, et la demoiselle fut la première a oublié son devoir. Un silence s’imposa entre eux. Mais il n’était ni pesant ni embarrassant. Il semblait même nécessaire.



Elle ne résista pas longtemps devant le sourire enjôleur de son partenaire du jour. Elle l’enlaça tendrement. Un peu surpris, mais pas récalcitrant, Anthelm se laissa faire et se permit même de glisser ses mains dans le dos de Céleste.



- Je… Pardon Anthelm. Ce n’était pas professionnel. Je … Je dois partir.

Sans laisser le temps ni l’occasion à Anthelm de s’exprimer, Céleste disparut en courant dans le parking du restaurant. Elle s’engouffra dans sa voiture et se prit la tête entre les mains, tout en soupirant.

Anthelm resta un long moment sur le parvis du restaurant. Il l’a voyait bien, la demoiselle. Et était décidé à ne pas partir temps qu’elle ne sera pas partie de là, quitte à rester éternellement sous la pluie.



Si l’amour éclot dans le cœur des plus jeunes, les plus âgés retombaient inlassablement en enfance.



- Dis moi, Elven…
- Oui mon amour ?
- Pourquoi on a jamais eu de tas de sable ?
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 13 Mar - 8:52

Episode 26 : Ce que la famille apporte



Spoiler:


Le bus scolaire était là. Il attendait depuis quelques minutes déjà que les enfants du quartier daigne bien vouloir sortir de leur chaumière. Aèla était une trainarde le matin, mais ce matin là, plus encore. Elle était seule à la maison depuis quelques jours, ses parents ayant remportés un voyage gratuit et son frère, en mission.



En face de chez eux, Gwillerm et sa famille avait déménagé, suite à des soucis d’argent. Le gouvernement ne couvrait plus les frais des réfugiés de Riverview.



Le petit dernier avait bien grandit lui aussi. Artème était un petit garçon ayant pris les traits de son géniteur. Le bus démarra enfin, emmenant avec lui Aèla, un peu dans le vague matinal.



- Aengus…
- Ne dis rien, s’il te plaît, Bleuenn… Soupira le roux.

Le bus était parti sans lui, le laissant sur le trottoir avec sa sœur et sa mère, qui elles, s’en allaient travailler.



Aèla eut une journée classique : cours, cours et repos. L’après-midi était là, et elle n’avait aucune activités extra-scolaire ce jour là. Elle décida qu’elle profiterait de l’absence de ses parents pour inviter quelques amis. Toute seule, malgré le chat, elle s’ennuyait.



Quelques invités arrivèrent, d’autre se désistèrent, à la plus grande déception de l’hôtesse.



Mais les principaux protagonistes étaient présents, comme son cousin Aengus, qu’elle salua avec enthousiasme.



La fille de Coréus, Davina, était également présente. Grande amie d’Aengus, Aèla ne la connaissait pas réellement.



Mais celui qu’elle attendait le plus était présent, Freddy. Et ca, c’était le plus important. Ce dernier avait grandit, et la dépassait d’une tête, mais ses sentiments pour lui n’avaient pas changé.



La soirée battait de son plein. La pizza étant arrivée, l’hôtesse invita ses convives à se restaurer.



Des camarades de classe étaient présents, elle les appréciait tous, mais n’était pas particulièrement proche. Cornell, à sa gauche, était le petit ami de Bleuenn. Ce même Cornell qui était le frère du mari d’Antoinette et frère de Chantrelle, qui était la petite amie d’Aengus. Une affaire familiale…



Freddy la prit à part pendant la soirée. La bouche en cœur, l’adolescente le rejoignit.



- Ecoutes, Aèla… Elle n’aimait pas la tête ni le ton qu’il employa. Ne fais pas cette tête, c’est déjà assez difficile à dire.

Elle soupira et lui fit signe de s’exprimer.



- Voilà ! C’est exactement pour ça que je veux tout arrêter !
- Hein ? Fit elle incrédule, recula d’un pas, surprise par la colère soudaine de Freddy.



- Mais qu’est ce que j’ai fait ?!
- Rien et tout en même temps !



- Attends, laisses moi le temps de comprendre… Par arrêter, tu veux dire …
- T’as beau être blonde, tu comprends vite. Aèla, tu es trop immature. Je suis un adulte maintenant, alors je peux pas rester avec toi.



Elle fit la moue, retenant ses larmes. Elle avait imaginé sa vie autrement. Jamais elle n’aurait pensé se faire larguer, et de façon si déplorable. Il lui reprochait d’être une enfant ? Et alors ? C’est ce qu’elle était ! Elle n’allait pas aller contre sa nature. Devant le mutisme de la blonde, Freddy mit les voiles. Elle resta un long moment murée dans le silence alors que les rires et la musique rugissaient à ses côtés.



Enfin, même cela n’empêchait pas Aengus de dormir à même le sol…



- Aèla ! Tu invites des gens et tu peux pas t’empêcher de faire la gu*ule ?!

Davina vint l’agresser sans aucunes raisons apparentes. Surprise et prise de court, Aèla ne put que lâcher un hoquet.



- Franchement, je m’attendais à mieux de ta part !
- Mais qu’est ce que j’ai fait encore ?!
- Rien ! C’est là le problème ! Tu parles d’une fête, ma pauvre. Tu restes prostrée dans ton coin, la mine basse. Tu es aussi insipide qu’une porte de placard, et encore ce genre de porte à son utilité !



Trop c’était trop ! Elle avait déjà le moral dans les chaussettes, et sa cousine éloignée venait lui souffler dans les narines. Elle serra les poings et cribla de flèches imaginaires cette invitée peu correcte, ses yeux comme arc.



- Ecoutes, Davina… Si t’es pas contente, et bien c’est pareil ! Tu peux partir, la porte est ouverte. Et ne me prend pas la tête, c’est pas le jour.
- Et bien… C’est quoi ce mordant merdi*que. J’espèrais plus de toi, Aèla. D’habitude, tu mords aussi fort qu’un chien enragé.



Il était dans leur habitude de s’invectiver. Ce n’était qu’un jeu. Un jeu certes un peu malsain, mais elles performaient leur défenses et surtout leur attaque ainsi. Aèla lui expliqua que Freddy venait de la quitter. Davina se sentit désolée pour sa cousine éloignée. Elle la pris dans ses bras et la consola rapidement. Avec le recul, Aèla s’aperçut que Freddy n’était pas si bien que cela.



La fête se termina sans autre heurt. Tyrinel profitait du tapis pour se prélasser près des restes de cette soirée mitigée.



Le lendemain, premier jour d’été, Aèla décida de profiter du soleil pour remettre ses idées en place et tourner la page de cet "amour" ridicule et infantile qu’elle croyait vivre avec Freddy.



Elle s’endormit rapidement. La nuit fut courte mine de rien.



Le soir venu, alors qu’elle s’occupait du chat, elle reçu un appel de sa mère, qui, selon ses mots « la maison lui manquait et que sa fille chérie pouvait faire quelques sottes bêtises. » Cet appel mis du baume au cœur à l’adolescente.



Si elle ne pouvait compter sur les autres, sa famille, elle était son meilleur pilier.



- Tu entends ca, Tyri ? Maman rentre ce soir !

Le chat miaula. Elle prit cela comme un assentiment, mais la pauvre bête voulait simplement descendre. Avec un petit soupir contrit, la blonde le reposa au sol, et la bête fila à ses croquettes.

- Chat ingrat, va !



Les jours avaient passé. Aèla s’était rapidement enquis des histoires de voyage de ses parents. Sa mère lui raconta en détails ses longues journées de farniente et les mésaventures de son père, qui s’était endormi sur la plage. Les enfants d’une famille avait décidé de l’ensabler. Aloyse les avait laissé faire, amusé.

Mais Anthelm eut une aventure moins drôle. A force de mission en compagnie de Céleste, il s’était retrouvé dans une impasse. Il décida de lui rendre visite.



- Tu es étrange aujourd’hui, Anthelm. On avait pourtant aucune planque à tenir. Pourquoi es-tu venu ?

Il resta silencieux, n’osant la regarder en face. Elle osa porter une main douce sur son avant bras.



Ce geste brisa ses résolutions. Impulsivement, le jeune homme l’embrassa. Ce fut un baiser court. Telle une caresse un peu brutale. Céleste avait sentit leurs dents s’entrechoquer.



Elle voulut s’enfuir –alors qu’elle était chez elle- mais elle dérapa et se retrouva déséquilibrée. Anthelm, qui avait de bons réflexes, la rattrapa.



S’attendant une chute douloureuse, la jeune femme ferma les yeux. Ce visage si innocent donna de l’espoir et des envies au jeune homme.



Qui, sans attendre, s’empara à nouveau des lèvres de la belle, qui se laissa faire. Elle approfondi même l’échange, au plus grand bonheur de ce dernier.



- Céleste…
- Chut, mon beau… Tais-toi, ne va pas briser cet instant.



Il la redressa. Ils ne pouvaient se quitter des yeux.



Se succédèrent alors une avalanche de baiser en tout genre. Parfois ils venaient d’Anthelm, d’autre venaient de la belle.



Le dernier fut le plus doux et le chaste qu’ils purent échanger. Mais il représentait tant de chose. Comme un dialogue muet.

- Je t’aime
- Moi aussi.



Ce qu’il se produisit ensuite demeura dans le domaine du secret.



Pour d’autre, un grand moment était là. Aèla allait profiter du bal du lycée. Pour ce faire, la demoiselle s’était mise sur 31. Pomponner et parfumer, elle patientait en jouant avec le chat.



Un coup de Klaxon. La limousine était là. Sans tarder, elle s’élança à l’extérieur et s’engouffra dans le véhicule.

Elle était pressé que la soirée débute. Mais en même temps, elle nourrissait quelques appréhension. Tout son entourage était en couple. Elle seule demeurait célibataire. Elle passa alors la soirée à regarder les couples se faire et se défaire. Malgré sa tranquillité et sa flegme, elle fut élue la reine de la soirée. Peut être que les bagarre qu’elle eut remportée en étaient la cause ? Peut être, mais en tout cas, elle apprécia cette soirée malgré tout.



- Dis Papa, j’ai une idée.
- Je t’écoute.



Quelques jours avaient passé lorsqu’Anthelm engagea la conversation avec son père. Céleste et lui étaient désormais ensemble, bien qu’ils décidèrent de garder le secret. Leur travail ne tolérait guère les relations entra collègue.



- Quelle bonne idée ! Ca lui fera sûrement plaisir !

Anthelm sourit devant l’enthousiasme de père. Il avait eut cette idée en se levant le matin même. Même s’il prenait à la dernière minute, il savait qu’ils répondraient tous présents.



Aèla profitait de son jardin, les beaux jours étaient censés être de retour, mais une bonne pluie ne pouvait qu’être bénéfique à son modeste potager.



Alors qu’elle jardinait, l’adolescente était perdue dans ses pensées. Elle avait toujours vécue dans le confort et l’amour de ses parents et de son frère. Sa famille était tout pour elle. Des amis ? Elle en avait mais ils étaient tous aparentés à sa famille.



Elle n’était pas contre cela, au contraire, elle adorait ses cousins et cousines, ses oncles et ses tantes. Elle les aimait sans aucune distinction de sang. Pas après ce qu’ils avaient tous vécus. Non…



Mais elle avait besoin de nouveaux horizons. Quelque chose de nouveau, qui viendrait perturber, voire briser son quotidien beaucoup trop tranquille à son goût. Alors que le soleil se levait, elle fixa de ses yeux gris le ciel totalement dégagé et bleu. Oui, il était temps de prendre son envol.



Pomponnée et lavée, la blonde avait rejoint ses parents dans le salon qui regardaient paisiblement la télé. Un peu trop à son goût.
Cela cachait quelque chose. Lorsqu’elle les interrogea, sa mère garda le silence, un immense sourire aux lèvres. Son père, lui, fut plus éloquent et lui annonça la nouvelle.

- Non ? C’est vrai ? Vous êtes géniaux !! Merci Maman, merci Papa !
- C’est ton frère qu’il faut remercier ma Chérie.



L’on sonna à la porte dans l’heure qui suivit. Aengus fut le premier convive à arriver. La petite fête impromptue et surprise pour l’anniversaire d’Aèla n’empêcha pas ses plus proches cousins de venir lui rendre visite.



Janessa arriva peu de temps après, dans une superbe robe, alors qu’Anthelm avait préconisé la simplicité.



Léni – le cadet de Calixte- arriva à son tour, accompagné Laurence.



Diégo – troisième enfant d’Elias- fit son entrée en même temps que Bleuenn.



Les plus vieux commencèrent à s’exciter.



Aèla était prête à souffler ses bougies. Antoinette était de la fête elle aussi.



Un peu de patience, un soupçon d’espoir et une grande part de rêve, voilà ce qui permit à Aèla de grandir.



Toute la petite famille était heureuse de voir une des leur grandir. Priscilla et Delphine étaient arrivée in-extremis, mais leur présence fit plaisir à Aèla.



Sous le souffle de Léni, l’adolescente devint une belle jeune femme. Blonde comme leur ancêtre commune, aux yeux gris de son père, Aèla était une digne représentante des Vauganne.



- Alors là…
- Oui. Je suis amoureux. Dit Anthelm.
- Et moi donc…
- Dis donc, Diègo. C’est ta cousine.
- Je peux te dire la même chose Anthelm.

Anthelm le regarda puis ne put s’empêcher de rire. Ils avaient l’air bien crétins tous deux à s’extasier devant elle.



- Je suis jalouse…
- C’est mon bébé à moi, répétait sans cesse Aloyse.

Vagn ne pouvait que conserver le silence. Il était si fière de sa fille.



Félicitations faites, la petite famille fit la queue pour se servir une part de gâteau.

- Allez Léni ! Grouilles toi . Râla Diègo.
- C’est pas ma faute, c’est Priscilla qui monopolise le couteau.
- Fais attention à toi, Léni. Je sais très bien jouer du couteau. Dit elle faussement agressive.


[Une chanson me vient en tête : Ah, ah, a la queue Leuleu ! /SBAM… D’accord je me tais]



- Alors ma grande, une idée de carrière ?

Aèla regarda la cousine de sa mère. Cette dévorait avec appétit le gâteau. La demoiselle n’avait jamais réfléchi à son avenir. Elle avait toujours pensé qu’elle avait le temps.



- Pas encore, Priscilla.
- Même pas une petite idée ?
- Non, pas vraiment… Il y a tant de choix.
- Ne te presses pas, Aèla. Tu es jeune, tu as le temps, intervint Léni.



- Surtout si tu ne veux pas devenir comme certaine personne ici présente, pour ne pas la citer.
- Léni ! Pousses toi ! Se plaignit sa sœur, Antoinette.

Le brun soupira avant d’ignorer son aînée. Aèla ne put que sourire devant son exaspération. On sentait qu’Antoinette était une personne qui pensait plus à elle-même qu’aux autres, mais elle était tout de même attachante et son petit frère ne pouvait rien lui refuser.



Ils décidèrent de poser afin d’immortaliser l’évènement. Il était si difficile de les réunir tous. D’ailleurs, il manquait seulement trois enfants de la génération 4. Yolande, la jumelle d’Antoinette ; Dilan, le petit dernier d’Elias, et Artème, le cadet de Gwillerm. Il manquait également à l’appel les enfants de Coréus et des jumelles de Nolan (Laurence et Priscilla) mais ils étaient encore trop jeunes ou avaient d’autres choses à faire.

[Petit test : Qui est qui ? Je vous laisse retrouver les prénoms de chacun et leur ascendance]



- Je te jures ! L’autre jour, alors que je bronzais dans la cour, j’ai vu un aigle dans le ciel ! Il était immense.
- Tu dis n’importe quoi Aèla, s’impatienta Léni. Un aigle, ici, à Apaloosa ?
- Mais c’est vrai !



- Excuses moi de ne pas partager ton enthousiasme Aèla, fit Antoinette, mais Léni à raison. Il n’y a aucun aigle dans la région.
- Qu’est ce que j’ai vu alors ?
- Un gros corbeau ?

La réponse fit sourire Bleuenn, mais l’expression vexée de sa cousine Aèla la fit partir dans un fou rire irrépréhensible.



- Alors Diégo, qu’est ce que tu deviens ? Demanda Vagn à son neveu.
- Bah pas grand-chose. Je viens tout juste de trouver un job.
- Oh ? Et dans quel secteur ? Fit il plus qu’intéressé.
- La même branche que Papa. Dit doucement le brun.



Anthelm tiqua mais ne pipa mot. La pègre… et lui la police. Le même schéma que Gwillerm et Elias.

- Oh… je vois… Vagn ne savait quoi répondre.



- Il n’y a pas de sot métier, et il faut de tout pour faire un monde.

Les trois hommes regardèrent Aloyse qui avala sa dernière bouchée avant de leur offrir un immense sourire. Elle n’avait jamais mal interprété l’ambition professionnel de son frère Elias. C’était grâce à lui, malgré tout, s’ils étaient tous réunis, ici, à Apaloossa. Si certains s’amusaient à l’oublier, elle, ne le fera jamais.



Aèla prit des nouvelles de chacun. Léni était en couple avec Maisy Miller, la vieille amie d’Aèla et Anthelm. Ils avaient même un enfant, un petit garçon répondant au prénom de Bernardin. Il n’était pas dans leur projet de se marier, car les deux amants avaient des relations houleuses. Aèla déplora cela en pensant à l’enfant.



Delphine vivait sa vie paisiblement avec son époux Timéo. Ils avaient deux beaux enfants : Alfonzo et Stéfane. Sa sœur, Janessa était l’heureuse mère d’une petite Khadijah. Et ses deux frères étaient en couple. Dilan était encore adolescent alors les enfants étaient loin d’être son soucis.



Aloyse avait elle aussi prit des nouvelles de sa famille. Antoinette avait eu une fille, Joëlle, et vivait en paix avec son époux Calvin. Yolande, quand à elle s’occupait de ses deux rejetons, Renato et Giuseppe, en compagnie de son mari Clarence.



Elle avait également reçu des nouvelles de ses cousins. Coréus était passé sénior mais profitait toujours de ses trois enfants, Davina, Xavier et Octave. Priscilla avait rapidement filé pour rejoindre sa petite famille, Lancelot et Stéfania ne pouvaient rester longtemps sans leur mère, car son époux Kenji, était absent pour des raisons professionnelles. Laurence était toujours célibataire et Aloyse le déplorait car cette jumelle était la plus douce et la plus gentille des deux. Elle ferait une bonne mère.



Une affreuse nouvelle arriva pendant la soirée. Calixte avait appelé sa petite sœur pour lui annoncer que sa femme, Rada, venait de rendre son dernier souffle. Aèla ne connaissait pas très bien Rada, mais elle la savait gentille et pleine de bonnes intentions pour ses enfants. La jeune adulte prit sa mère dans ses bras et la consola du mieux qu’elle le put.



- Merci ma Chérie…
- De rien Maman.
- Et un bon anniversaire.
- Merci Maman.


BONUS

Spoiler:


Bleuenn, Bleuenn… J’avais en tête de la faire excentrique et un peu décalée sur les bords, comme sa pauvre mère, et le jeu m’y aide grandement X)
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:29

Bonus
Spoiler:


Bienvenue dans la nouvelle demeure Vauganne.



Je sais, hélas, il pleut… Mais que voulez-vous… Aussi puissante je suis, je ne peux rien pour la météo. Et si nous entreprenions la visite ? Suivez-moi, suivez-moi.



Prenons la peine de visiter l’extérieur en premier lieu. Voici donc l’allée du garage.



Garage un peu vide, je vous l’accorde, mais nous y retrouvons l’établi et une des inventions d’Aloyse.



Le fond de la cours. Un peu négligé, je l’admets, mais les finances étaient justes. Je l’améliorai plus tard.



Passons donc à l’intérieur. Nous voici dans l’entrée. C’est assez vaste, je vous l’accorde (on croise les doigts pour la prochaine fête à cadeaux !!)



A gauche, nous pouvons accéder à la cuisine, tandis que plus au fond, il y a la chambre d’Anthelm.



A droite, le salon ainsi qu’une salle de bain. La porte que vous pouvez apercevoir mène à la chambre parentale.



Une autre vue de l’entrée, pour que vous puissiez vous repérer. La porte à gauche mène à des toilettes.



Et une dernière vue du hall d’entrée. Un grand espace… Je ne sais pas à quoi il pourrait servir, mais il est là.



Chambre d’Anthelm.



Rien d’extraordinaire.



La chambre parentale.



Je la trouve chic, cette chambre. Pas vous ?



Nous passons désormais dans le salon.



L’autre versant de cette pièce. Encore pauvre, elle aussi.



Retournons dans l’autre partie de la maison. La cuisine.



Une autre vue sur l’électroménager.



Le couloir. La porte adjacente mène à une seconde salle de bain. Tout au bout du couloir se trouve la chambre de la demoiselle, notre héritière quatrième génération.



Voici donc la dernière pièce de la maison. Aèla se retrouve doté d’une chambre épuré, aux goûts simples et aux couleurs claires.



Et c’est sur cette image que nous terminons notre visite ! J’espère qu’elle vous aura plus ! A bientôt pour le premier épisode de cette charmante génération !

Episode 1 : A fleur de peau



Spoiler:


- Quand je serais adulte, j’aurais un jour un mari. Et ce mari m’aimera… Où est donc cet homme ! Lalalala

La soirée commençait doucement. Il leur fallut du temps pour s’habituer à leur nouvelle demeure, mais la petite famille se sentait en paix.



Même le chat avait pris ses marques. Tyrinel miaulait derrière sa maîtresse.

- Ah non ! Tyri ! On ne réclame pas, je te l’ai déjà dit !

Mais les remontrances de cette humaine lui passa par-dessus.



- Tu es quand même pas croyable !

Et oui, Aloyse avait franchi le seuil du troisième âge. Mais elle s’en fichait. Elle n’était pas comme toutes ses femmes qui s’écroulaient ou s’insurgeaient car les rides s’étaient emparées de leur peau.



- Et en plus, tu n’écoutes pas lorsqu’on te parle… Méchant matou ! Tyrinel miaula pour lui répondre. Et tu réponds ? Effronté !



La femme était comblée. Sentant l’arôme que dégageait sa bouillabaisse, elle ne put s’empêcher de sourire. Il manquait juste une chose à sa vie : des petits-enfants.



- A table tout le monde !!  Hurla Aloyse.



- Maman, c’est délicieux ce que tu as préparé.
- Personnellement… Ça ne m’inspire pas confiance. Dit Aéla.
- Merci mon grand. Aéla ce n’est que du poisson.

La blonde fit une moue écœurée puis boudeuse.



- Aèla, commença son frère, tu pourrais faire plaisir à Maman. Elle s’est donné la peine de nous préparer à manger.
- Raah… Maman c’est pas contre toi, mais le poisson… A croire que dans cette famille, personne ne connaisse mes goûts !



- Jeune fille ! Dois-je te rappeler que tu es loin d’être seule dans cette maison et que l’on ne peut contenter tout le monde ? Répliqua sèchement sa mère, en ponctuant le tout d’un claquement de langue.

Aéla soupira. Elle avait raison mais elle détestait le poisson. Elle trempa sa fourchette dans l’assiette et observa, dubitative, le met puis osa le porter à sa bouche.



La nourriture se déposa sur sa langue, activant les papilles gustatives. Après quelques coups de mâchoire, elle laissa un grognement de contentement s’échapper de sa gorge. Son frère, qui l’observait, se mit à sourire lorsqu’il l’entendit. Voyant son sourire, Aéla se rembrunit puis refit la moue, exagérant son écœurement.



Aloyse rejoignit son époux après avoir rangé et nettoyé la cuisine. Sa fille pouvait être ange mais lorsqu’on ne faisait pas comme elle l’entendait, elle pouvait se montrer peste. Mais Aloyse n’en prenait pas ombrage, car, après tout, elle n’était pas si différente. Alors qu’elle se glissa sous les draps, elle sentit Vagn l’enlacer. Elle ouvrit un œil pour l’observer, par-dessus son épaule.

Son époux avait bien vieilli lui aussi, mais à ses yeux, il était le même, toujours aussi beau et séduisant. Les années à ses côtés n’avaient en rien entamé sa passion pour cet homme. Elle sourit, prit la main de son époux dans la sienne et la serra fort contre elle, tout en chuchotant un « Je t’aime » puis elle referma les yeux, laissant Morphée l’emporter dans le pays des songes.



Un beau matin, alors que tout le monde s’affairait pour aller travailler, notre petite Aèla pépiait joyeusement, comme un oiseau qui fête le printemps.



Une conversation, qui de prime abord, pouvait sembler futile et sans intérêt.



Surtout pour son aîné. Levé depuis belle lurette, le jeune homme avait profité de ce temps pour améliorer sa logique. Il n’avait eu aucune promotion depuis son admission au sein de la police, et cela mettait ses nerfs à rude épreuve.



Et si ajoute à cela, les piaillements de sa sœur alors qu’il tentait de canaliser sa concentration… Et bien Anthelm était plus qu’énervé.



Cela ne l’empêcha pas, malheureusement, d’être le dernier à rejoindre la voiture.

- Bonne journée mon grand.
- Merci P’pa ! Tu m’excuseras, pas de bisou… Suis en retard !

Vagn vit passer son fils aussi rapidement qu’un coup de vent. Il se retourna au même moment où la portière claquait.



- Tu aurais pu être à l’heure.
- Ne viens pas m’énerver, Aéla.
- Mais j’ai rien dit !
- Ne commencez pas tous les deux ! Tempéra la conductrice.



La journée s’était passée sans encombre. Aéla avait fait la connaissance de sa nouvelle collègue. Céleste Thomas. Oui, cette même Céleste qui, parfois, travaillait avec Anthelm.

- Elle est sympa cette fille. Elle a tout de suite sut me mettre dans le bain.
- Hum… Fut la seule réponse d’Anthelm.

La demoiselle était plus qu’une simple collègue et cela, il l’avait caché au reste de sa famille. Entendre Aéla lui vouer un culte le rendait tendu. La blonde n’y voyait aucune malice, toute ignorante qu’elle était, mais Anthelm lui se sentait agressé à chaque mot de sa sœur.  

- Ça ne va pas Anthelm ? Demanda-t-elle, innocemment.
- Laisse-moi tranquille Aéla… Sérieusement !

Le ton qu’il venait d’employé fit légèrement reculer sa cadette. Elle regarda derrière elle et vit sa mère soupirer et lui faire signe d’oublier.



- Heureuse que cette journée t’ais plut ma Chérie. Dit son père.
- C’est plus sympa que je ne l’aurai crû, en fait.
- Mais pourquoi la police ?
- Et pourquoi pas ? Je suis tout aussi capable qu’Anthelm.

Cette réponse fit sourire ses deux parents, alors qu’elle s’installait à table. Son frère ronchonna avant de quitter la pièce.



Bien plus tard, alors que le voile nocturne bordait la ville, la famille était gentiment réunie dans le salon pour visionner un film. La conversation allait bon train, arrachant des rires et des protestations de chacun.



- Aaah voilà mon passage préféré ! Se pâmait Vagn.
- Moi aussi ! J’adore quand Ruby hurle !
- Je ne comprends pas votre intérêt pour le 5eme élésims… Franchement…



- C’est pourtant un bon film, ma Chérie.
- Peut-être mais ce passage est … je sais pas. Il n’est pas censé être drôle. La diva vient de mourir, le héros se retrouve avec un compagnie des plus déjantés…
- Tu as ta réponse Aéla ! La coupa Anthelm. C’est parce que Ruby est totalement déjanté que cette scène qui pourrait passer pour sérieuse est une perle.



- Ma foi… C’est une bonne hypothèse.



La conversation continua un long moment, jusqu’à la fin de film.  Les enfants se levèrent puis souhaitèrent une bonne nuit à leurs parents.



Seuls dans le salon, le couple put se retrouver. Aloyse rejoignit son époux sur le canapé, la mine un peu inquiète.

- Quelque chose te tracasse ? Demanda Vagn.

La vieille femme soupira. Le comportement de son fils était étrange aujourd’hui.

- C’est Anthelm
- Ah… Fit Vagn, comprenant le dilemme.



- Sa véhémence… Il en avait toujours après Aèla aujourd’hui.
- C’est vrai… Et mon petit doigt me dit que c’est en rapport avec leur collègue.

Aloyse fixa son époux. Le sourire qui ourla ses lèvres la rassura. Ainsi son fils avait son petit jardin secret.



- J’espère qu’il nous la présentera. Dit-elle une fois blottie contre son mari.
- Il le fera ma belle. Quand il sera prêt.
- Il a intérêt à l’être rapidement ! Je veux des petits-enfants !
- Tu as réellement envie que l’on t’appelle Mamie ?
- Et pourquoi pas ?



Cette réponse fit sourire Vagn. Sa femme était une merveille. Jamais il n’aurait pu imaginer une autre à ses côtés. Pourtant, leur départ était chaotique, promit à l’échec. Par sa faute mais également à cause d’elle. Elle était têtue, bornée et déterminée. Et ce fut ce qui le charma. Elle n’avait pas réellement changée depuis toutes ces années.



- Je t’aime mon Vagn… Susurra-t-elle.
- Je t’aime aussi…



- Et si nous allions nous coucher, nous aussi ? Proposa Aloyse.

Vagn se leva tout en prenant la main de sa femme. Ils étaient heureux ensemble et jamais il ne voudrait que ca s’arrête.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:30

Episode 2 : L'hiver et son réconfort



Spoiler:


La neige était bien tombée. Epaisse et soyeuse, les rayons du couchant venaient souligner sa robe diaphane. L’hiver était là, et bien que cette saison était réputée pour sa froideur et son ciel gris, ce jour-là tout était ensoleillé.



Il en était de même pour le cœur des Vauganne. Le sourire était sur toutes les lèvres. Rentrés avant leurs enfants, privilège d’une carrière bien avancée, Aloyse et Vagn ne purent s’empêcher de répandre la bonne nouvelle.



- C’est merveilleux ?!
- N’est-ce pas ? Fit fièrement Aloyse. Encore un échelon et je suis PDG ! J’aurais ma propre entreprise.
- Je suis si content pour toi mon amour.



- Merci mon Chéri. Et toi ? Tu n’avais pas quelque chose à m’annoncer ?
- Et bien… Il laissa un long moment avant de répondre à son épouse. J’ai obtenu également une promotion.
- Non… Ne me dis pas…
- Et si ! Je suis astronaute !
- C’est magnifique !



Il put sentir le bonheur et la fierté de sa femme pour lui, tout comme il était heureux et fier d’elle. Sur un sourire entendu, ils échangèrent un petit baiser.



Puis ils entamèrent une petite danse. Ils avaient travaillé si dur ces dernières années qu’ils n’avaient guère profité de leur moment à deux.



Vagn repensait à tout cela. Surtout lorsqu’il croisait le regard empreint de détermination et d’amour de sa femme.



- A quoi penses-tu ? Elle osa interrompre ses réflexions.
- Oh ! Fit Vagn, pour retourner au moment présent. Rien, rien de spécial. Juste à nous.
- Nous ? Demanda t’elle, un peu moqueuse.



- Oui… A nos débuts. Tu ne fus pas tendre avec moi.
- Oh, ça… Il faut dire que tu étais …
- J’étais ?
- Un bel homme qui jouait avec mes sentiments.



- J’étais jeune et désarmé.
- Pour un militaire, c’est assez drôle ! Coupa Aloyse, sur le ton de la plaisanterie. Cela fit sourire son compagnon.
- Peut-être, mais j’avais en face de moi la plus redoutable des arme. Cela fit arquer un sourcil à Aloyse. Quel homme, sain d’esprit, pouvait se refuser à toi, Aloyse ?

Cette réponse arracha un rire à la vieille femme, qui se vengea gentiment en lui écrasant un orteil. Vagn fronça les sourcils sous la douleur puis bascula en arrière sa femme, qui hurla, non sans plaisir, avant qu’il ne dépose un chaste baiser sur ses lèvres qui méritaient d’être punies.



Aèla rentra plus tard qu’habituellement. Il commençait à faire nuit, les journées étant plus courtes à cause de l’hiver. Mais le froid ne l’effrayait guère, tout comme le noir. Elle appréciait cette obscurité naissante. Mais elle n’était pas à l’origine de son sourire.



La donzelle ne prit pas la peine de défaire son manteau. Elle entra en trombe dans la maison et hurla après sa mère. Alertée, Aloyse répondit à ses appels. Elles se retrouvèrent dans le hall.

- Que se passe-t-il ?
- Maman ?! Tu ne devineras jamais.
- Allons, bon… Et ça vaut tes cris d’hyènes hystériques ?



- Maman… C’est pas drôle.
- Je trouve que si pourtant. Devant la moue boudeuse de sa cadette, Aloyse lui concéda un sourire et l’invita à poursuivre. Pardon ma chérie, je t’écoute.
- Tu ne vas pas y croire ?!



- J’ai eu une promotion, Maman ?!!
- Oh ?!
- C’est tout ce que ça te fais ? Demanda, déçue, la blonde. Elle s’attendait à plus d’enthousiasme de la part de sa mère.
- Non ma grande ! Je suis très fière et très heureuse pour toi. Mais avec ton père, on a également été promu, du coup, j’ai l’impression que ce sont les soldes.



- Je comprends Maman… Mais une promotion ?!

L’enthousiasme de sa fille était contagieux et Aloyse se laissa emportait par l’euphorie d’Aèla.



Un beau matin, alors que le soleil faisait son timide et que la neige était toujours au rendez-vous. L’humeur dû être joyeuse, comme le peu d’oiseau qui restaient. Mais l’ambiance était tout autre à l’intérieur.



- Et tu as attendu tout ce temps pour nous le dire ?
Elle était en colère. Plus qu’en colère même. Elle avait croisé les jambes et les bras, signe de son mécontentement.



Ce n’était pas tant la révélation qui la chiffonnée, mais plus la manière dont elle découvrit le pot-aux-roses. Aèla était une personne droite, naïve et surtout loyale. Et ce matin, dans le salon de la demeure familiale, on venait de bafouer tout son être.



- Aèla… Tenta son frère.
- Non ! Pas d’Aèla qui tienne, Anthelm. Elle était en colère, mais sa voix restait ferme et basse.  Tu as attendu des mois entiers pour nous annoncer une telle nouvelle. Crois-tu qu’on l’aurait accueilli à bras ouvert ?

Cette question arracha un soupire à son frère. Il quitta sa place et vint se placer près de Céleste, qui était restée muette depuis son entrée dans la maison.



Il entoura les épaules de la jeune femme de ses bras. Geste qu’il avait pourtant l’habitude de faire, mais qui mit mal à l’aise Céleste. Elle ne connaissait pas vraiment les gens qui l’entouraient. Certes, Aèla était sa collègue, mais les deux doyens de la famille, lui étaient totalement étrangers.

- Aèla… je suis désolée, dit d’une petite voix la policière.

Aèla se retourna brusquement, tout en émettant un Hum bien sonore. Cela arracha à nouveau un soupire à Anthelm. Il savait que sa sœur ne lui pardonnerait pas si facilement.



- Je… Je ne sais pas quoi dire. Dit Aloyse. C’est si soudain, continua t’elle en fixant son époux.
- Soudain… C’est le mot, mais je dirais plutôt inattendu. Anthelm, on te croyait encore célibataire ce matin en enfilant nos pantoufles, et tu nous annonces, sans préambule, que tu es marié et que cette femme est… ta femme. !



- C’est un peu gros à avaler. Termina Vagn.
- C’est pourtant la vérité Papa.
- Tu n’es pas d’une nature à mentir, Anthelm mais…

Aèla quitta la pièce brusquement. C’en était trop pour elle. Une nouvelle pareille ! Elle avait envie d’hurler, de frapper, de mordre. Quitter la pièce était la meilleure solution, sinon elle commettait un meurtre en la personne de son frère.

Voyant cela, Vagn soupira, contrit puis observa sa bru d’un œil critique.



- Anthelm, va rejoindre ta sœur. Elle s’apprête à sortir et je ne veux pas la savoir dehors avec cet état d’esprit.

L’aîné savait que ce n’était pas une simple requête, mais plutôt un ordre. Son père n’était pas une personne autoritaire, mais il savait se montrer persuasif. Il lâcha à regret Céleste, qui l’encouragea avec un petit sourire. Anthelm quitta la pièce, un peu gêné de la laisser seule avec ses parents.

- Maintenant, Mademoiselle…
- Madame. Le reprit Aloyse.
- Madame, soupira-t-il, nous avons des choses à nous dire.

Céleste sentit son sang se glacer, et le palpitant s’emballer. Elle ferma les yeux et pria pour que son époux revienne rapidement.



- Aèla ! Attends !

Par réflexe, la demoiselle stoppa. Elle avait déjà enfilé son manteau et fait plusieurs pas dans la neige. Son frère était sur le pas de la porte, sentant le froid mordant qu’offrait l’hiver, il prit son manteau et le passa avant de rejoindre sa cadette.

- Quoi ? Fit elle de mauvaise grâce et peu aimable en se retournant.



Il ne savait guère par quoi commencer. Ses idées étaient confuses. Pourtant la situation était simple. Sur un coup de tête, et de cœur, il avait demandé la main de Céleste, cette dernière avait répondu favorablement. Sous le coup de la joie, ils s’étaient engagés l’un envers l’autre, aimés avec passion et s’étaient aperçus le lendemain de la « bêtise » qu’ils venaient de faire. Mais il ne regrettait en rien son geste.

- Je sais que ce que j’ai fait est nul. Elle ne dit mot. Aèla… Tu es ma sœur, et je t’aime.



- Tu m’aimes ?! Non mais tu t’entends Anthelm ? Si tu m’aimais, comme tu le dis si bien, tu aurais eu la correction de nous mettre au courant. De me mettre au courant !
- Aèla… Je suis …
- Désolé ?

Il fit signe que oui. Elle soupira, comme pour laisser sortir un trop plein de pression. Elle savait sa colère trop grande, au vu de la situation. Mais se sentir trahi, elle n’avait jamais apprécié cela. Qui l’appréciait ?



- L’es-tu réellement, Anthelm ? Regrettes-tu de t’être marié ? Regrettes-tu d’avoir promis de vieillir aux côtés de Céleste et regrettes-tu ton amour pour elle ?
- N… Non, bien sûr que non.
- Alors ne dis pas que tu es désolé. Car tu ne l’es pas.

Elle le fixa un instant, les yeux humides. Elle devait partir, s’aérer l’esprit pendant un moment. Être seule. Elle se retourna, lui fit un signe de la main, puis entamant la marche, elle glissa les mains dans ses poches.



- Ne prenez pas ombrages de la véhémence d’Aèla, Céleste. Je vois bien que vous êtes bonne fille. Mais ma petite fille a toujours été couvée par son frère. Elle se sent trahie.
- Je sais, Monsieur Vauganne. Je connais assez Aèla pour avoir de la peine pour elle.



- Mais sachez que j’aime votre fils plus que tout.
- Vous n’avez pas à vous justifier, Céleste. Anthelm est quelqu’un de réfléchi. Si son cœur lui a ordonné d’agir ainsi, c’est qu’il le fallait. Avec ma femme nous acceptons cela. Enfin surtout ma femme. Elle rêve de voir ses petits-enfants courir partout entre ses murs et dessiner dessus par la même occasion.

Cela arracha un rire franc à la jeune femme qui fut rejoint par Vagn.



Aèla n’était pas très loin de la maison. Elle parcourait, le regard perdu, le parc aux loisirs de la ville. La neige y étant abondante, elle se trouva un coin tranquille et entama la construction d’un bonhomme de neige.



Elle avait besoin de ne penser à rien. Se vider l’esprit. Elle comprenait que sa réaction était excessive, voire futile, mais elle était comme ça. Elle n’allait pas changer. Certes, elle aurait pu feindre, sourire et féliciter le couple, mais elle ne s’en sentait pas la force. Le mensonge, elle détestait cela.



Alors qu’elle grommelait, et râlait après la consistance de la neige, Aèla sentit des doigts frôler les siens. Etonnée, elle osa regarder devant elle. Elle se retrouva nez à nez avec un inconnu. Ce dernier lui souriait.

- Allons, Mademoiselle, si vous maltraitez la neige, elle vous le fera payer. La preuve, elle ne se laisse pas manipuler.



Elle resta muette. Il semblait si naturel, si détaché, alors qu’elle, était tétanisée, abasourdie.

- Mademoiselle ?



Elle se reprit, secoua la tête et offrit une petite moue à l’inconnu qu’elle voulut sourire.

- Désolée, j’étais dans mes pensées.
- J’ai cru comprendre. Elle le fixa, étonnée. Et bien, oui ! Il ne faut pas être devin ! Voir une femme maltraiter la neige ainsi, c’est qu’elle a le cœur en peine. Votre petit-ami vous fait il souffrir ? Demanda innocemment l’inconnu.



Aèla se redressa, le regarda de toute sa hauteur, puis sentit le rouge lui saisir les joues. Pour reprendre contenance et surtout dissimuler sa gêne, elle empila un énorme morceau de neige sur le précédent, éclaboussant de poudre blanche l’homme qui était venu l’aider.



- Ce n’est parce qu’une fille fait la tête, que c’est la faute d’un homme.
- Non, c’est certain, mais c’est souvent le cas.
- Je vous en pose des questions ? Cette remarque fit pouffer l’inconnu qui la fixait avec un regard narquois. Pff ! Vous avez gagné !



- L’homme en question est mon frère.
- Oh… pas de petit ami alors… Elle le cribla du regard. D’accord ! D’accord ! Je me tais.
- Je sais que j’agis de façon excessive… Pardon, c’est dans ma nature.
- Vous n’avez pas à vous excuser pour avoir des sentiments.



- Non…Certes… mais…
- Parfois la franchise peut faire du mal comme du bien, Mademoiselle.
- Je… J’ai sûrement blessé mon frère… C’est vrai… Lui concéda-t-elle.  



- Mais a-t-il pensé aux vôtres ?
- Pardon ?
- Vos sentiments à vous ? Ils sont aussi existants et authentiques que les siens.



- Bien sûr ! Il m’a piétiné, foulé et écrasé le cœur.
- Bien ! Continuez ! L’encouragea l’inconnu.

Elle resta un petit instant à fixer ce qui sera dans le futur la tête du bonhomme de neige. Elle y voyait son frère, en train de lui sourire. En train de s’excuser, en train d’aimer…



- Mais il m’a toujours aidé, toujours aimé. Il a toujours été présent pour moi… Je…Je suis nulle. Finit-elle par dire.
- Non, vous êtes humaine. Vous avez le droit à l’erreur, comme d’avoir des sentiments et de les exprimer.



Elle garda le silence, tandis que le blond peaufiné la silhouette de neige. Elle se permit de l’encadrer de ses doigts. Cet homme était étrange.



Il venait parler à une parfaite inconnue, il écoutait ses déboires et lui dispensait des conseils. Elle tentait de voir son regard derrière ses lunettes embuées. Mais elle ne parvint à rien. Juste à se faire remarquer. Elle rangea ses mains derrière son dos, tout en sifflotant. Technique légendaire pour passer inaperçu… ou presque.



- Ce petit homme a fière allure !
- Mouais… je trouve pas, particulièrement.
- Pourtant ce haut de forme est très seyant et lui va au teint.

Cette réplique arracha un rire franc et joyeux à la jeune femme, ne pouvant s’empêcher de se tenir les côtés. En fait, ce fut plus le côté sérieux qu’employait l’inconnu que l’allure dégingandé de leur création.



- Pardon d’avoir ri.
- Ne vous en faites pas. Vous êtes bien plus jolie avec le sourire qu’avec cet air contrarié qui affligeait votre visage tout à l’heure.

Elle ne put se retenir et sourit de nouveau. Elle se sentait mieux. Bien mieux même, désormais, et grâce à cet homme.



La nuit était là, alors que les hommes se distrayaient devant la télé, Céleste, en tenue de nuit, rejoignit son époux dans le salon.

- Je vais me coucher, Anthelm.
- D’accord. J’arrive bientôt.

Elle lui offrit un sourire accompagné d’une simple caresse sur l’épaule du jeune homme. Vagn les regarda, amoureux comme il le fut avec sa femme, des années plus tôt. Céleste lui souhaita également bonne nuit.



- J’ai bien vu ton regard.
- Quel regard Papa ?
- Celui d’un homme aimant et plein de promesse envers sa dulcinée !
- Papa ! Fit Antehlm indigné et rouge de honte.
- N’allez pas faire trop de bruit. On a beau être vieux avec ta mère, on est pas sourd ! Dit-il avec un clin d’œil.

Anthelm se prit le visage dans la main et soupira. Il décida de se retirer en laissant son père avec ses idées salaces.



Mais la nuit fut loin d’être agitée comme le sous-entendait Vagn. La belle Céleste était nauséeuse et refusait qu’Anthelm ne la touche.



Elle passa une grande partie de la nuit à côté de la cuvette des toilettes, maudissant son dernier repas.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:31

Episode 3 : Ce que le printemps apporte



Spoiler:


- Je m’excuse.

Après une bonne nuit de sommeil et une sérieuse remise en question –plus un soupçon d’aide d’une jeune homme blond à lunette- Aèla avait prit les devants et s’était excusée auprès de sa toute récente belle-sœur.
Ce n’était pas qu’elle n’approuvait leur union, mais le fait de le cacher l’avait attristée plus que de raison.



- Et moi, j’ai pas le droit à des excuses ? Marmonna Anthelm.



- Tu n’as aucune excuse à me fournir Aèla. C’est plutôt à moi de le faire.

Dans les bras de Céleste, Aèla fit signe que non.

- Je crois que nous sommes tous en tort. Cela lui arracha un faible sourire.
- Et moi alors ? Insista Anthelm.
- Toi ? Fit Aèla en se retourna vivement, après s’être détachée de Céleste. Toi, tu es impardonnable ! A vie ! Fit elle à demi-sérieuse.

Le jeune homme haussa un sourcil, puis fixa tour à tour les deux femmes. Céleste était amusée mais son sourire montrait qu’elle était désolée. Aèla, quant à elle, se tenait face à lui, mains sur les hanches. Elle abaissa une de ses paupières avec un de ses index et tira la langue à son frère. Cela étonna Anthelm de prime abord, puis laissa un sourire ourler ses lèvres. Sa sœur était une personne rancunière mais sa façon d’agir était une promesse de réconciliation.



Le téléphone d’Aèla sonna, coupant court aux réconciliations. Anthelm tentait d’écouter la conversation, alors que Céleste, d’un regard, lui suppliait de ne pas le faire.

- Allô ?
- Mademoiselle Aèla ?
- Oh ! Servan, c’est vous ?
- Je le crains. Cela arracha un rire gênée à la blonde. Je ne vous dérange pas ?
- C’est-à-dire que… Nous nous apprêtions à manger…
- Oh, je vois ! Pourriez-vous me rappeler ?

La blonde lui répondit que oui. Elle raccrocha et vit le regard de son frère.

- Quoi ?
- Rien…
- Mais quoi ?! Répéta-t’elle, devant son insistance.

Elle eut pour toute réponse un sourire.



S’il y en avait un dont la vie était sans soucis, c’était bien le chat. Tyrinel était loin de toutes ces querelles humaines. Il vivait sa vie de chat. Il venait de se lever, alors il s’étira au beau milieu de la cuisine, s’attirant les foudres d’Aèla qui se plaignit du fait que le félin fusse au milieu du passage.



Aèla, enfin habillée et pouponnée, dégaina son téléphone et composa un numéro qui lui était encore étranger.



Les sonneries furent longues, très longues. Ce qui attisa son mal être.



- Servan ?
- Aèla ? J’allais justement vous rappeler.
- Oh ? Désolée. Jamais elle ne lui avouerait qu’elle avait passé un long moment dans la salle de bain. Vous vouliez me parler de quelque chose ?
- Vous inviter quelque part serait plus exact.

Aèla, bien que rouge comme une pivoine était tout aussi excitée comme une puce. Elle prit note de leur point de rendez-vous puis raccrocha. Elle s’apprêter à mettre un pied dehors lorsqu’elle se regarda. Elle fit marche arrière et se précipita dans sa chambre, sous le regard médusé de ses parents qui mangeaient tranquillement.



De leur côté, le jeune couple venait de terminer de s’habiller. Céleste ne pouvait s’empêcher de se caresser le ventre, rêveuse.

- Anthelm, tu crois pas qu’on devrait le leur dire ?



L’homme pouffa et Céleste arqua un sourcil devant sa réaction.

- Laissons les encore hors du coup, ma chérie. N’est-ce pas plus drôle comme ça ?
- Quand même… Fit-elle, gênée. On leur a déjà caché notre mariage…
- Fais-moi ce plaisir Céleste ! Laissons les mijoter encore quelque temps !

Elle soupira et sourit à son époux. Elle ne pouvait décidément rien lui refuser.



La voiture filait sur les routes d’Apaloossa Plains. Au volant de son fidèle destrier, Aèla se rendait au point de rendez-vous. Pour se faire, elle devait traverser toute la ville.



Elle arriva à bon port, une vingtaine de minute plus tard. Elle gara son véhicule puis descendit le cœur battant. Elle n’avait jamais eu de rendez-vous avant. C’était son premier, et ce jeune homme était une bel personne.



Alors qu’il attendait une bien belle demoiselle, il en aperçut une autre qui semblait chercher quelqu’un.



Il décida de la rejoindre, sentant qu’il était comme attirait. Elle était une femme d’apparence simple et élégante. Naturelle au possible. Quand il arriva à sa hauteur, il ne put s’empêcher d’hoqueter. Cette attirante créature était celle qu’il attendait. Mais, peu sûr de lui, il voulut s’en assurer.



- Aèla ?
- Oui ? Fit-elle après s’être retournée. Oh Servan ! Je suis affreusement en retard ! J’espère que vous n’avez pas trop attendu !

Aèla était très confuse. En fait, elle aurait pu être à l’heure, mais elle avait décidé, sur un coup de tête, de changer de tenue et avait opté pour une coiffure plus naturelle et à la fois élégante.



- Non… Non ! Du tout ! Réussi à balbutier Servan.
- Quelque chose ne va pas ? Vous semblez troubler ? Demanda-t-elle, faussement innocente.
- C’est juste… Votre tenue…
- Oui ?



- Et bien … Elle vous change complétement. Je ne vous avais pas reconnu.

Aèla le regarda circonspecte. Elle ne savait pas comment réagir. Etait-il ravi ou désabusé ? Se sentait floué ou charmé ?

- Je voulais changer un peu… Cela vous dérange ? Elle ne put s’empêcher d’être hargneuse.



Il sentait le désarroi de la blonde. Il se mordilla la lèvre du bas.

- Non ! Surtout pas ! Au contraire, cela vous va à merveille !

Cela arracha un immense sourire à la blonde. Sourire qui toucha en plein cœur le jeune homme qui éprouva grande difficulté pour déglutir.



- Bon… Et si nous entrions ? Se reprit-il enfin. Je ne vous ai pas fait venir ici pour rester sur le pas de la porte. Il fit signe derrière lui. Après vous, Mademoiselle.

Cela fit rire Aèla. Un de ses rires délicats qu’elle émettait lorsque dissimulait sa bouche derrière ses doigts.



Alors que Servan était à l’intérieur, histoire de se soulager, Aèla s’amusait à faire des bulles avec la machine à bulle. Peu soucieuse du regard des autres, elle tentait d’étrange expérience. Servan arriva à ce moment-là. Elle l’aperçut et lâcha en hâte le tube et ses mains se crispèrent sur sa jupe. Le jeune blond en fut amusé mais pour ne pas la gêner, fit celui qui n’avait rien vu.



Pour reprendre contenance, elle sauta de son tabouret et courut jusqu’au billard, tout en proposant une partie à son camarade.

- Euh… Pourquoi pas… Mais je vous préviens, je suis loin d’être doué.
- Tûtûtût… Comme on le dit chez moi : « C’est à force d’entraînement que l’on progresse ». Et c’est une simple partie entre ami. Ajouta-t-elle avec un sourire.



- D’accord… Vous avez gagné. Vous savez être convaincante.
- C’est tout un art, vous savez ? Je le dois à mon frère –je suis assez peste avec lui, je vous l’avoue- et aussi à mon métier.



- Votre métier ?
- Oui ! Fit-elle en relevant la tête, après avoir examiné la table. Je suis dans la police.



- Métier à risque que voilà… Siffla-t-il, admiratif.
- Il y a sa part de risque, je vous l’accorde. Mais je pense que c’est un métier comme un autre. Tout poste à sa part de responsabilité et de risque.



Elle tourna autour de la table pour se placer afin de jouer le coup suivant. Aèla n’était pas une grande joueuse. Elle était plus que médiocre, mais elle comptait sur sa chance pour remporter la partie.
La voyant se concentrer, Servan observa le silence tout en fixant la demoiselle avec un œil nouveau et critique. Beaucoup de chose se bousculaient dans sa tête. Mais il préféra taire ses questions afin de la laisser jouer.



Après quelques instants de réflexion, Aèla décida de son coup et joua enfin. Mais il s’avéra que seule la chance ne pouvait lui faire reporter la partie. Déçue, dégoûtée, elle se laissa retomber sur le coin de la table tout en gémissant exagérément. Ce geste fit rire Servan.

- Il me semble que c’est à mon tour de jouer.

Elle hocha la tête, le tout en faisant la moue.



Si Servan avait observé le silence pendant que la donzelle jouait, elle en fit tout autre.

- Et vous alors ? Dans quel secteur d’activité sévissez-vous ?
- Ainsi je n’exerce pas, mais je sévis ? Cela arracha un petit rire au jeune homme. Je sévis dans le même corps de métier que vous, Aèla.



- Vous plaisantez ?! Elle se retint presque de crier. Elle dissimula sa bouche tout en regardant autour d’elle. Pardon… Vraiment ?
- Oui ! Dit-il en montrant toutes ses dents. C’est si étrange ?
- Un peu… A la moue qu’il fit, elle ne put s’empêcher de pouffer de rire. Je suis sincère, Servan. A votre carrure et votre gentillesse, j’étais loin de me douter que vous étiez dans les forces de l’ordre.

Et surtout, elle l’aurait remarqué depuis longtemps, s’il était dans le même poste qu’elle.



- Comme on le dit : "L’habit ne fait pas le moine".
- C’est sur… Vous trompez l’ennemi. C’est un avantage !
- Je suis un peu le bouclier de mes collègues.

Cela arracha un grand rire à la demoiselle qui se tint les côtes. Elle avait l’image du jeune homme, tenant devant lui un immense panneau de fer, essuyant des salves de flèches.



L’entendre rire ainsi le fit sourire également. La demoiselle était un sacré numéro. Elle était loin d’être la faible femme qu’il s’était imaginé. La blonde reprit doucement son souffle.

- Alors… Et si on la terminait cette partie ?



La soirée continuait à déclinait, suivant le rythme nocturne. Les lieux étaient agréables et calmes. Peu de mondes fréquentaient ce bar. Le duo de flic s’était retrouvé à l’intérieur à se trémousser. Ce n’était que le printemps et les nuits étaient très vite fraîches.



Ils ne se parlaient plus vraiment, laissant le charme de la danse opérer. Ils n’étaient pas des virtuoses de la danse. Loin de là, mais Aèla, n’en ignorait pas les codes.




Il n’était pas nécessaire de se coller à son partenaire pour exprimer ses désirs. L’éloignement pouvait susciter bien des choses, comme l’attirance.



Il fallait parfois s’éloigner pour mieux se rapprocher. Et Aèla semblait très bien s’en sortir.



Servan était comme envoûté. Il n’arrivait à décrocher son regard de celui d’Aèla.



Il se surprenait lui-même en agissant ainsi, se laissant entraîner dans la ronde de la blonde. Il n’était pas homme à se laisser entraîner facilement. Il était plutôt du genre à mener.



Mais ces yeux là… Contre ces yeux, il était désarmé et démuni. Il avait perdu depuis longtemps, depuis qu’il avait croisé son regard. Et jamais il n’avait réussi à se défaire de leurs envoûtements.



Il se laissa charmer totalement, et entraîna Aèla dans une danse un peu plus intimiste, réclamant son contact. La demoiselle n’avait rien dit et s’était laissé faire, un peu surprise et gênée au départ.



Mais elle entra vite dans le jeu, le laissa désormais mener la danse. Elle avait réussi à attiser son envie et surtout attirer son attention.



Le pari était gagné. Si ce n’était un réel pari, car pour elle, cela représentait bien plus que cela. Ses yeux hurlaient ses espoirs. Elle pouvait leur reflet dans les carreaux de Servan.



On lui raconta une fois que si un couple s’accordait parfaitement, il lui était possible de danser à l’unisson dès les premiers pas.



Elle put sentir ses mains devenir moites. Son cœur battait plus vite que la musique, une mélodie encore inconnue à son cerveau mais qui lui parlait tant. Servan resserra son emprise sur sa main. Elle ferma les yeux.



Elle se retourna vivement, posa une main sur l’épaule du jeune homme, tandis que l’autre cherchait appuie sur son crâne. Elle approcha son visage du sien…



… Puis l’embrassa doucement, jouant avec les lèvres du jeune homme. Ce n’était pas son premier baiser. Mais un baiser d’amour était unique, à chaque fois. Elle apprécia ce geste qu’elle considéra comme éternel. Puis elle sentit les mains de Servan la repoussa doucement. Elle ouvrit enfin les yeux et vit le trouble qui habitait les yeux du blond. Elle se mordit la lèvre puis tentant de le toucher. Il repoussa sa main, puis sans un mot s’éloigna d’elle.

Elle le regarda partir, sans mot dire. Perplexe, perdue, déboussolée. La musique rugissait, mais elle n’entendait que les craquellements de son cœur.



Elle rentra chez elle, après avoir repris ses esprits- enfin après que le videur l’ai mise à la porte à la fermeture. Elle se sentait lourde, comme faite de plomb. Chaque pas lui coutait. Elle arriva malgré tout jusque son lit. Elle retira négligemment ses vêtements en les laissant sur le sol puis passa sa chemise de nuit.



Elle qui avait passé de si bons moments avait l’impression d’avoir tout gâché sur un simple coup de tête. Elle avait répondu aux envies de son cœur. Cœur désormais bien lourd pour la jeune femme qu’elle était. Elle se glissa sous les draps, le vague à l’âme.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:32

Episode 4 : Entre père et fils




Spoiler:


- Ça pousse bien à ce que je vois. La cuisine familiale t’est profitable Céleste.
- N’exagère pas Aèla… Répliqua Céleste, un peu inquiète.

Céleste avait fini par annoncer sa grossesse. Elle n’avait pu résister, tant sa joie était immense. Et puis désormais cela se voyait bien. La plus heureuse dans cela était surement sa belle-mère qui passait son temps, du matin au soir, à choyer sa belle-fille.



- J’ai pris tant que ça ? Demanda sincèrement Céleste.

Aèla releva le visage et vit l’inquiétude qui l’habitait. Elle ne put s’empêcher de sourire.

- Non, Céleste. Du tout ! Tu restes mince malgré ta condition.

Sa collègue soupira, rassurée. UN coup de klaxon résonna. L’appel du devoir pour Aèla qui fit un signe de main à sa belle –sœur avant de disparaitre par la porte d’entrée.



Céleste décida de traverser la route afin de rejoindre la demeure de Gwillerm, selon les dires de son mari, Gwillerm, en plus d’être de la famille, fut un policier chevronné.



Il invita à entrer cette demoiselle au fort jolie ventre. Il ne put s’empêcher de poser la main dessus. Il adorait sentir la vie que les femmes offraient.



Céleste en vint rapidement au but de sa visite. Elle avait besoin d’aide pour une enquête et Gwillerm s’était trouvé dans une situation similaire.



Il répondit avec plaisir à ses questions. Consciencieuse, la petite Céleste prit des notes et croqua à pleine dent les croustillantes anecdotes que Gwillerm lui raconta.



Pendant ce temps, Anthelm savourait son temps libre en se renseignant sur les joies de la maternité et tous les tracas qui vont avec.



Les matinées s’étaient enchaînées et les journées plus ou moins ressemblées. La monotonie commençait à étreindre le foyer, mais ils étaient tous fébrile et dans l’attente de la naissance.



- B’jour M’man.
- Bonjour ma Chérie. Bien dormi ?



- Si on veut…
- Un mauvais rêve ? S’inquiéta Aloyse.

Aèla soupira et referma le frigo après avoir pris du lait.



Elle prépara son bol de céréales en silence puis rejoignit sa mère. Ses nuits étaient loin d’être bercées par des cauchemars. Non, elle ne cessait de penser à un certain blond. Et cette obsession en était venue à ronger ses nuits.



- Non Maman… Juste une nuit trop courte.
- Encore un dossier épineux ? Demanda Aloyse.

Aèla lui fit signe que oui. Mais la vieille femme n’était pas dupe. Sa fille n’était pas restée debout toute la nuit pour travailler. Elle l’avait espionné et l’avait trouvé prostrée dans un coin de sa chambre à regarder vers l’extérieur.



En plus de cela, Aèla semblait perdre tout intérêt pour ce qui l’entourait. La naissance du prochain enfant était un évènement, et la future tante était totalement désintéressée. Il n’y avait plus que son travail sur ses lèvres. Aloyse soupira et fila dans la salle de bain. Car elle aussi travaillait ce jour-là et il était bientôt l’heure de l’embauche.



Vint l’heure pour Aèla de partir. Elle faisait le trajet seule depuis longtemps. Son frère avait eu droit à un congé et Céleste, elle, était toujours dans l’incapacité de travailler.



En parlant de Céleste, cette dernière grossissait encore, préparant un bon nid douillet à sa progéniture. Elle salua Aèla et fila rapidement se mettre à l’abri.



A l’intérieur, elle put retrouver Anthelm qui s’amusait à parler à son ventre. Il lui était venue cette manie depuis la dernière visite chez le gynécologue.



- Mais c’est qui ? C’est Papa !!

Enfin, cela n’entachait en rien la bonne humeur de Céleste. Elle appréciait ce geste. Cela prouvait qu’Anthelm voulait être père.



- Ma chérie, et si tu sortais aujourd’hui ?
- Je ne sais pas, Anthelm. Il pleut et je suis fatiguée.



- Hum ? Quoi, bébé ? Que Maman voit un peu le soleil ? Oui… Oui !
- Mais qu’est-ce que tu trafiques ? Fit Céleste amusée.



- Papa va lui dire. Céleste le fixa un moment avant qu’Anthelm ne relève la tête dans sa direction. Notre enfant suggère que tu ailles te faire masser, ma belle.
- Un massage ?
- Oui, un massage. Long et puissant, histoire de te revitaliser.



- Je ne sais pas Antehlm. Je me sens vraiment fatiguée aujourd’hui.



- Céleste, vous devriez y aller. Ça vous fera du bien, ainsi qu’au bébé.
- Vous êtes sur Vagn ?
- Bien sûr. Une femme sereine met au monde des bébés sereins.
- Papa ! Va pas nous en faire un hippie !

Cela arracha un rire au reste de l’assemblée.



Céleste avait fini par céder à la pression des deux hommes de la famille pendant le repas. Elle sortit peu de temps après. Mais son ventre se contracta juste devant la maison. La douleur fut telle qu’elle en eut le souffle coupé.



Elle hurla quelques minutes plus tard.



Les cris ameutèrent son beau-père, qui sortit nonchalant de la maison. Il avait connu une grossesse, et savait comment réagir.



Pendant ce temps, Anthelm rendait visite à quelqu’un.



Sa cousine Bleuenn. La blonde avait changé de foyer pour s’installer avec son époux.

- Salut Anthelm !
- Coucou ma belle ! Tu vas bien ?
- Je pète la forme.



- Je vois ca ! Malgré tout accouchement, tu restes resplendissante.

Cela arracha un rire à la blonde, qui, offrant une tape sur l’épaule de son cousin, désigna l’homme qui se trouvait au fond de la pièce.



- Mon secret ? J’exploite Cornell.
- Ton propre mari ?
- Si tu savais… Toufik est un petit garnement qui prend mon énergie tout le jour, la nuit, Cornell prend le relai.



- Je te reconnais bien là Bleuenn.
- Je plaisante, tu sais ? On se répartit les tâches, et de plus Cornell travaille. Il n’a pas réussi à obtenir des congés. Elever un enfant, ce n’est pas aussi facile que ça n’y parait.
- Je veux bien te croire…
- Et Céleste ?
- Elle va bien… Quoique ce matin, elle disait être fatiguée.



Son téléphone portable sonna. Il fit un signe à sa cousine pour s’excuser et décrocha.

- Allô Papa ?
- Antehlm ! Ramène tes fesses à l’hôpital ! C’est l’heure !

Puis Vagn raccrocha, laissant son fils complétement perdu. La blonde le vit et avec un sourire lui proposa de le conduire à l’hôpital. Abasourdi, le jeune homme ne put qu’acquiescer.

- Ah les hommes ! Toujours à paniquer pour un rien !



- C’est fait.
- Merci Vagn, je ne sais pas si j’aurais pu…
- Si ! Tu aurais pu, mais tu aurais été plus gentille que moi. Elle lui offrit un sourire. Allez, entrons.



Les heures avaient passé et Anthelm était arrivé tout en panique, menaçant les pauvres infirmières et sage-femme. Apparemment, le corps médical était habitué à ce genre de problème et accueillir le futur Papa avec sympathie. On le conduisit rapidement à la salle d’accouchement, où il retrouva Vagn. Son père s’esquiva, laissant le couple découvrir les joies d’une naissance –et ses malheurs.

Ils en ressortirent quelques heures après, donc. Fatiguée, Céleste ne disait rien. Elle luttait contre le sommeil.



La voiture semblait avancer de façon excessivement lente. Mais Anthelm découvrait les paysages de nouveau. Ils lui apparaissaient bien plus beau, plus resplendissant.



Son premier geste, après avoir aidé Céleste à descendre de voiture, fut de rejoindre son enfant dans leur chambre. Il était resté des heures à le regarder depuis le rocking chair sans oser le toucher. L’enfant dormait comme un ange.



Lorsqu’il se décida enfin de s’approcher de son enfant, le petit bout de lui s’éveilla, ouvrant un œil puis un autre.



De l’autre côté de la cloison, Céleste se restaurait en compagnie de son beau-père. Elle s’inquiéta un instant où pouvait se trouver son mari.

- Laisse lui le temps de faire connaissance avec votre enfant, Céleste.
- Il est dans la chambre ?
- Oui et depuis que nous sommes rentrés.

Elle secoua la tête, le tout en souriant. Elle avait eu le temps de prendre un bain, long et relaxant depuis leur retour. Anthelm était un homme patient. Bien qu’il puisse prendre le bébé dans ses bras lors de la naissance, il avait besoin de plus de temps pour s’affirmer père.



- Bonjour mon bébé. C’est Papa… Ce que j’ai l’air stupide en disant.

Le petit émit un petit gémissement, le tout en faisant la moue.



Cela arracha un sourire plein de bonheur au père, qui sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Mon petit Tristan. Papa est si heureux de te rencontrer.



Alors qu’il jouait avec son fils, on toqua à la porte. Anthelm permit que l’on entre. Il découvrit son père sur le pas de la porte.

- On peut parler, Anthelm ?

Anthelm remit l’enfant dans son berceau et fit face à son père.



- Je t’écoute.
- Tu sais qu’avec ta mère, nos débuts furent difficiles.
- Oui, vous m’avez plus ou moins raconté. J’étais encore enfant lorsque vous vous êtes mariés.
- Oui… Et c’était de ma faute.
- Attends, Maman a un sale caractère aussi.



- Ce n’est pas faux. Mais là n’est pas la question. Ce que je tenais à te dire, c’est qu’il faut que tu profites des premiers jours.
- Je sais Papa. Ne t’en fais pas. Je compte bien le faire.
- Mon fils… Vang prit Anthelm dans ses bras. Je t’aime, tu le sais ?
- Bien sûr Papa. Comme tu sais que je t’aime.



Aloyse prit le relai et décida de s’occuper de Tristan la nuit. Céleste avait besoin de repos.



- Bonjour Bébé. C’est Mamie… Dit-elle à voix basse. Pourquoi on se présente à chaque fois… On a l’air bien ridicule. Cela la fit sourire.



L’enfant commença à gigoter et à geindre. Mais Super-Mamie avait tout prévu, sauf qu’il arrive à réveiller ses parents.

- Maman… On peut le faire tu sais ?
- Je n’ai pas le droit de m’occuper de mon petit-fils ?
- C’est pas ça… Mais tu vas être fatiguée demain…
- Toi aussi. Retournes au lui, fils indigne ! Dit-elle faussement autoritaire. Cela vaut pour vous Céleste.

La jeune femme ne se fit pas prier. Elle bailla très fort avant de se replonger sous les draps. Anthelm refusa et resta avec sa mère afin de lui tenir compagnie, au moins.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:33

Episode 5 : La fête de l'amour



Spoiler:


Toute la vile s’éveillait. Certains habitants vaquaient déjà à de grande occupation. En cette grande journée de l’amour, notre Aèla était bien pensive, et un peu dans la lune, il fallait bien le reconnaitre. La demoiselle avait passé une petite nuit. Elle n’était pas encore habituée aux pleurs de son neveu et lorsqu’elle trouvait le sommeil, un certain blond venait lui rendre visite. Elle n’avait pas de nouvelle de lui. En fait, elle n’en prenait pas. Elle avait peur de ce qu’il pouvait dire.

Alors qu’elle regardait le contenu de la boite aux lettres, une voiture se gara près de chez eux. D’abord étonnée, elle osa regarder par-dessus son épaule. Ne reconnaissant pas la voiture, elle haussa ses dernières puis reprit sa relève de courrier.



Elle put entendre des pas la rejoindre. Une présence se fit à sa hauteur. Elle déglutit en reconnaissant la voix de l’homme qui s’adressa à elle.

- Aèla…

Sa voix était timide, mais à la fois puissante. Elle ferma les yeux et se tourna vers lui. Elle osa enfin le regarder dans les yeux. Elle put sentir son cœur s’échapper de sa cage thoracique. Elle tenta de reprendre contenance. Après tout, elle était énervée contre lui, bien plus qu’elle n’était stupéfaite par sa réaction lors de leur dernier rendez-vous.



Ce fut sur ce ton qu’elle accueillit Servan.

- Tiens ! Une personne connue. Que puis-je pour vous ?
- Allons Aèla… Ne le prenez pas comme ça. Cela arracha un rire sardonique à la demoiselle.
- Et je dois le prendre comment, Servan ? Ce… Ce baiser n’était pas une impulsion. Savez-vous tout le courage qu’il m’a fallu déployer ?

Elle se retenait d’hurler. Elle ne voulait en aucun cas faire de scandale et que tout le quartier soit au courant. Que ses parents le soient.



- Je n’ai jamais dit que vous étiez lâche. Au contraire… Tenta-t-il. Et je sais que c’est à moi de vous faire des excuses.
- Je ne recherche pas d’excuses.

Oh la belle menteuse que voilà ! Bien entendu qu’elle voulait qu’il s’excuse. Mais elle était trop fière pour cela. Elle voyait ses excuses comme un armistice. Elle devrait déposer les armes et ça, elle le refusait. Elle serait victorieuse.



- Ne le prenez pas ainsi, je vous en prie, Aèla…

Il avait susurré ces mots dans le creux de son cou. La blonde n’eut le temps de réagir car il avait pris une de ses mains en otage.



- Je le prends comme je le souhaite. Dit-elle sur un ton provocant.
- Ah oui ? Souffla-t-il.

Sa bouche était de plus en plus près de celle d’Aèla. Elle pouvait sentir son souffle sur ses lèvres. La chaleur qu’émettaient son haleine et le regard de braise qu’il lui jetait.



- Et ceci… Comment le prendrez-vous ?

Il avait déjà saisi son menton afin de le rapprocher de son visage. Aèla ne pouvait bouger. Non par manque de volonté. Au contraire, elle ne souhaitait qu’une seule chose.



Elle obéit à ses envies, à son cœur. Elle posa une main sur le visage de Servan et l’embrassa. Il ne fut nullement surpris.



Il avait compris depuis longtemps l’attirance de la jeune femme à son encontre.



Et d’autant plus heureux que ce fusse réciproque. Il goûta avec plaisir, à nouveau à cette suite de baiser. Tendre et passionné à la fois. Aèla était une femme douce malgré son caractère trempé. Il pouvait le sentir aux caresses qu’elle prodiguait à son visage, à ses cheveux.



Le monde cessa d’exister pendant un moment. Un long moment. Sous le regard des voisins, de sa famille. Mais elle s’en fichait. Elle pouvait enfin savourer ce qu’elle attendait depuis toujours.



- Vous êtes sûre de vous ?
- Mais oui ! Allez-y Servan !



- Non mais vraiment… Je ne suis pas à l’aise.
- Ça va venir avec le temps.

Les deux blonds avaient conclus leur séance de baiser sur un sourire. Aèla lui avait alors pris délicatement la main et l’avait amené au parc, non loin de chez elle. C’était une journée fortement ensoleillée. Une très belle journée de printemps pour un magnifique festival de l’amour. Ils en étaient venus à entrer sur la piste de patin à roulette, sous les suppliques de la donzelle.

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- Je… Ne passez pas si près ! Faillit hurler Servan, cela arracha un sourire à Aèla qui s’éloigna de lui.
- C’est vraiment votre première fois ?
- Et pas qu’un peu… J’ai passé l’âge !

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- Il n’y a pas d’âge pour patiner, voyons !
- Parlez pour vous ! Vous êtes à l’aise.
- Et pourtant mes débuts furent catastrophiques. Mais à force d’entraînement…

Comme pour appuyer ses propos, elle commença à exécuter une pirouette.



Elle avait le cœur léger. Enfin, elle pouvait respirer. Ces derniers jours, ces dernières semaines, elle s’était sentie comme étouffée, à l’agonie.



Mais pouvoir le revoir, lui parler, l’entendre, être avec lui, lui remplissait le cœur de joie. Bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Il était comme une drogue.



Elle termina sa pirouette en bougeant gracieusement les bras. Servan n’osait pas la regarder, trop concentré sur le plancher.



- Allez Servan, détendez-vous ! C’est là la clé de la réussite !

Elle passa à côté de lui, patinant en arrière. Ce fut trop pour lui. Il stoppa sa course et sortit de la piste. Il préférait nettement la regarder patiner. Elle était gracieuse et semblait si légère. Elle dansait avec le vent.



- Vous êtes sûre de vous ?
- Franchement, Servan… Ça va être votre mot du jour ? Cela lui arracha un petit rire. Ce n’est qu’un jeu, et contrairement aux patins, vous ne risquez pas de vous faire mal.



- D’accord. Mais c’est bien parce que c’est vous.
- Servan, n’est-ce pas vous qui avez proposé ce jeu ?



Malheureusement, les résultats furent mitigés. La machine détecta leurs affinités mais sans pour autant leur promettre une soirée torride.



L’après-midi se termina sur une danse. Aèla souriait sans cesse, tandis que Servan la faisait tournoyer.



Leur joie semblait faire des jaloux. Notamment en la personne de Lancelot (Fils de Priscilla)



- Servan, c’est une belle journée.
- Je trouve aussi. Mais ce qui ajouterait de la beauté serait que l’on se tutoie.
- Ma foi… Oui. Elle rit. C’est vrai que nous avons presque le même âge.



- Et cela fera plus naturel.
- Naturel ?
- Et bien oui… deux jeunes qui sortent ensemble et qui se vouvoie… C’est plus que dépassé. Dit-elle avec un clin d’œil.



Il la renversa, comme pour la punir. Aèla riait aux éclats, sous le regard de Laurence qui s’endormait légèrement.



Ils restèrent un long moment à danser, ne se quittant que rarement des yeux.



Elle pouvait désormais l’affirmer : elle était amoureuse.



La nuit était là. Ils n’avaient vu le temps passer. Seule la fraîcheur leur fit redescendre sur terre. Aèla décida de prendre les choses en main.



En lui demandant d’officialiser leur relation. Pour Servan, c’était tout vu. Le fait qu’elle lui pose la question sembla l’étonner, car il lui semblait naturel qu’ils étaient ensemble. Mais parfois, il fallait s’entendre dire les choses pour qu’elles soient réellement concrètes.



- Aèla…
- Hum ?

Servan prit le temps de l’observer. Elle était radieuse sous les rayons de la lune. Il devait soigneusement choisir ses mots.



- Servan !? Une comète ?!!

Le large sourire qui parcourait son visage fit perdre le courage au jeune homme. Il avait tant de chose à lui dire, mais il savait que les lui annoncer ne ferait que briser cette journée magique.



Il se prêta donc au jeu et regarda le ciel avec celle qui faisait battre son cœur depuis si longtemps déjà.



A la maison, Anthelm et Céleste ont profité de leur journée autrement. Entre les couches et les pleurs, ils ne purent rarement se retrouver seuls.



- Tu es si tendu. Dit Céleste en frottant le dos de son époux.
- Je crois que je suis surtout fatigué.



- Et moi donc…
- Je sais… Ce petit monstre est une vraie boite à musique. Il chante non-stop.
- Je connais un bon moyen de se ressourcer.
- Oh vraiment ? Répliqua Anthelm sur le même ton enjôleur que Céleste.



Ils s’embrassèrent. Baiser plein de promesse, faisant monter l’adrénaline.



Ce fut à cet instant que Vagn fit son entrée. Le couple regarda surprit le vieil homme, qui avec un immense sourire, leur indiqua que le repas était prêt. Il disparut rapidement, le tout en riant, laissant le couple, les yeux chargés de braise et de déception. Ce n’était qu’une partie remise.



Une nuit, Anthelm se retrouva nez à nez avec son arrière-grand-père, Kahei. Ce dernier était venu observer un peu la famille. Lorsqu’il vit l’enfant, il ne put s’empêcher de sourire. Anthelm, qui revenait des toilettes, vit ce sourire aimant et fier.



- Grand-Papy ?!
- Anthelm ?! Te voilà devenu père à ton tour ?
- Comme tu peux le voir.



- Ça semble te réussir.
- Je suis heureux, même si c’est difficile. Tristan fait rarement ses nuits.
- Comme ton oncle, Elias. Ce garnement n’aimait pas dormir seul.



Ils discutèrent un long moment, racontant les potins de la famille. Anthelm fut dans le regret d’apprendre la mort de Calixte et de sa femme Rada, ainsi que celle d’Elias et Corèus à son arrière-grand-père. Kahei ne les avait jamais connus, mais Aimée et sa fille Aèlys, lui en avait si souvent parlé. Il fut triste mais il pourra les rencontrer dans l’au-delà.



En parlant d’Aimée, cette dernière était de sortie. Elle s’extasiait sur Tyrinel, le chat qui jouait simplement avec sa maîtresse.



Aloyse lui annonça également les récents décès de la famille mais aussi les naissances. Bleuenn mit au monde le petit toufic, Yolande un petit Désiré, Antoinette un garçon prénommé Karin, Diègo s’était enfin mis à la paternité avec un petit Nigel. Et toute une multitude d’enfants.



La famille s’agrandissait plus que de raison. Pour la plus profonde joie d’Aimée. Voir sa famille s’épandre et vivre si joyeusement était un réel bonheur.



Loin de tout cela Aèla saluait une dernière fois le félin avant de rejoindre la voiture.



Anthelm reprenait enfin du service.



Céleste, elle, bénéficiait encore de quelques jours de congés. Elle se retrouvait seule avec son fils. Une première.



- Ce soir, tu grandis mon chéri… Le temps passe si vite…



Mais elle se sentit mal durant la journée. Les toilettes étaient heureusement libérées.



Elle n’arrivait pas à réfléchir. Etait-ce une bonne ou mauvaise chose ?
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:37

Episode 6 : Du rire aux larmes



Spoiler:


Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Enfin, surtout dans l’univers onirique de notre félidé familiale.



Alors que la soirée se déroulait sans heurt, Céleste venait d’annoncer à son époux une bien terrible nouvelle. Terrible… Lorsqu’on emploi ce mot, l’on s’attend à d’innommables évènements à grandes conséquences. La venue d’un nouvel enfant était-elle à la hauteur de ce mot ?

Pour le couple, non. Anthelm avait pris la nouvelle comme on aurait pris la simple annonce d’un menu. Non pas qu’il soit triste, mais il avait la tête un peu ailleurs ses jours-ci.



Si l’un était resté de marbre, l’autre était aux anges. Céleste en faisait profiter son premier enfant.



Le petit Tristan était bien loin de tout cela. Pour cause, il venait d’entrer dans une nouvelle phase de sa vie. Un bien jolie bambin qui hérita des yeux pâles de sa mère et des cheveux de son père. Un enfant plein de promesse, et toujours le sourire aux lèvres.



Mais l’heure n’était plus aux réjouissances, mais plutôt aux songes. Céleste l’embrassa une dernière fois, alors que l’enfant boudait. Anthelm entra à son tour dans la chambre, embrassa son fils et sa femme pour la dernière fois de la journée puis se glissa dans les draps, fourbu.



- Ve’ pas… Mama…
- Tûtûtût… Mon cœur, il faut dormir. Regardes Papa, il ne fait pas tant d’histoire.



Le petit garçon supplia sa mère du regard. Plus d’un aurait fondu, mais pas Céleste. Elle connaissait son fils et ses astuces. Elle lui lança un dernier regard autoritaire, puis une dernière caresse sur la joue, un énième baiser sur le front, puis se retira du berceau pour rejoindre son mari qui avait rejoint Morphée pour une longue chevauchée parmi les contrées du rêve.



De l’autre côté de la maison, c’était une autre histoire. Aèla profitait pleinement de la visite de Servan. Cet homme, bien qu’elle l’aimât, était un véritable mystère et courant d’air. Et la conversation avait rapidement dérivée.

- Mais pourquoi ne veux-tu pas vivre ici ? S’inquiéta Aèla.

Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle le lui avait demandé. Et jamais il n’avait daigné lui répondre décemment. Et encore une fois, il déclinait l’invitation. Elle soupira, rendant les armes.

- Peut-être que tu ne m’aimes pas, finalement…

Elle avait murmuré ces mots, cependant, elle sa voix resta assez forte pour que le jeune homme l’entende. Aèla n’était pas une lâche mais le courage lui manquait ce soir. Cet homme… Oui, cet homme que son cœur réclamait à en crever refusait d’être auprès d’elle.



- Aèla…
- Stop ! Je ne veux pas d’excuses Servan…
- Ma Chérie… Je ne veux pas que tu doutes de mes sentiments envers toi.
- Je ne doute pas.

Ce n’était pas un mensonge. Certes, sur le moment, elle ne croyait plus en sa sincérité, mais elle tenait fortement à lui et cela lui faisait garder espoir de la réciprocité de leur sentiment.



Elle se contenta de l’embrasser. Ce soir, le débat était clos. Elle était lasse de cette espérance vaine. Elle se contenterait de ses visites occasionnelles.



- Et si nous continuions cette « conversation » dans ma chambre … ? Fit-elle la voix doucereuse et l’envie dans les yeux.



Cette demande fit reculer Servan. Il se détacha de la blonde, bégayant d’incompréhensible propos. Cela arracha un nouveau soupir à la demoiselle qui se détacha de le lui à contre cœur. Elle se saisit de ses mains tremblantes tout en souriant.

- J’ai compris Servan, nous ne ferons rien d’irrépréhensible. Je te le promets. J’ai juste besoin de ta présence. Cela te semble si insurmontable de passer la nuit aux creux de mes bras ?

Il secoua la tête et se laissa guider jusque la chambre de sa petite amie. Aèla était une fille timide en amour et le fait qu’elle lui demande cela lui avait demandé beaucoup de courage. Elle en avait très envie. Mais si Servan n’était pas prêt, elle n’allait pas le forcer. L’heure n’était plus aux questions. Une fois sous les draps, elle se colla contre lui, après avoir éteint les lumières, elle ferma les yeux et laissa ses doutes s’envoler.



Les jeunes dormaient encore alors que les vieux étaient sur le pont depuis belle lurette. Ils profitaient de ce calme pour discuter de tout et de rien. Surtout de rien, comme ils aimaient tant le faire. Cela les apaisait.



Aèla et Servan dormaient profondément lorsque le soleil se levait enfin. Ils n’entendaient Vagn et Aloyse rire aux éclats.



Malgré ses réticences à rester chez les Vauganne, Servan dormait plus rassuré que jamais, dans les bras de cette fille qui faisait battre son cœur depuis tant d’années. Aèla ne se doutait de rien, mais un jour, il devra lui dire. Dire tout… Ce secret commençait à le détruire. Il ouvrit un œil, sentant le souffle chaud de la blonde contre son épaule. Il laissa un sourire ourler ses lèvres puis se tourna vers elle pour mieux l’observer. La belle était profondément endormie, comme un enfant dans les bras de ses parents. Il l’entoura doucement de ses bras et la ramena au plus près de lui. Cet instant, il ne voudrait jamais le quitter.



Si certains dorment comme des biens heureux, d’autres ont l’esprit à la fête. Le petit Tristan commençait à s’impatienter dans son berceau. Mais heureusement pour lui, Papy arriva à sa rescousse.



- Alors petite terreur ? On donne de la voix de bon matin ?
- ‘Py !
- Oui c’est Papy qui s’occupe de toi aujourd’hui. Tu es content ?
- Na !



- Non ? Cela fit arquer un sourcil à Vagn. Et si Papy fait ça ?

Il commença à chatouiller son petit-fils. L’enfant rit aussi fort qu’il le pouvait.



Quelques jours avait passé et tout le monde étaient au travail. Tout le monde, sauf Céleste qui coulait des jours heureux avec son fils et…



… son beau-père qui était arrivé depuis longtemps au terme de sa carrière. Devenez astronaute et ne travaillez qu’une journée par semaine.



Il faisait beau aujourd’hui. Une belle journée d’été qui ravivait le cœur de cette mère. Elle décida alors d’apprendre à parler à son bambin de fils sous les rayons estivaux.



Mais Tristan était déterminé à mettre sa mère en colère. Le petit refusait catégoriquement de répéter. Cela fit perdre tout courage à la belle policière.



Mais il était mal connaître Céleste pour croire qu’elle abandonnerait si facilement.



Vagn la rejoignit peu de temps après.

- Céleste, je vous laisse seule un moment. Je dois sortir.
- Bien sûr. Passez un bon moment, Vagn.



- Merci. Bon courage avec le petit.
- Il va m’en falloir. Ce petit être est buté.

Cela arracha un rire à Vagn qui, en s’éloignant lui fit un signe de la main. Tristan était un démon au sourire d’ange. Tout comme Aèla à son âge.



En parlant d’Aèla, cette dernière venait de rentrer. Plus tôt qu’à l’accoutumé. Cette dernière ne se sentait pas très bien et avait décidé de se reposer dans sa chambre. Elle aimait désormais prendre le côté droit de son lit, depuis la venue de Servan. Elle pouvait encore sentir son odeur. L’homme avait encore disparut, sans laisser de trace. Elle passait ses journées, au travail, à le chercher. Sans succès…Servan n’existait pas.

Cela lui jouait sur le moral, bien qu’elle refusait de le montrer. Ses problèmes étaient ses problèmes. Elle n’irait jamais ennuyer sa famille avec ça.



A peine rentré, Anthelm prit le relai. Céleste avait du mal à suivre le rythme, sa grossesse la fatiguant rapidement.

- Coucou mon grand ! Alors on a été sage ?
- Oui !
- Oh ? Maman a réussi à t’apprendre à parler ?!
- Maman où ?



Il sera fort son fils contre lui. L’état de santé de Céleste l’inquiétait plus que de raison. Il ne parvenait pas rester serein malgré les discussions avec le médecin. Céleste était en pleine forme mais elle ne devait en aucun cas forcé, sous peine de perdre l’enfant.

- Maman dort.
- ‘tan aime Maman.
- Papa aime Maman aussi, mon cœur.



Ils restèrent un long moment à se consoler l’un l’autre bien que l’enfant ne comprenait pas réellement la peine que son père éprouvait. Pour lui, son père était triste, et rien de mieux qu’un câlin pour regagner le sourire ?



Une nuit, alors que le ciel commençait seulement à se consteller d’étoiles, Anthelm fit monter de force sa cadette dans sa voiture. Elle protesta longtemps avant de consentir à l’accompagner.



- Tu ne veux vraiment pas me dire où l’on va ?
- Aèla… Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans le mot Surprise ?

Elle bougonna tout en croisant bras et jambes avant de regarder par la vitre. Cela arracha un sourire à son aîné. Elle avait eu beau grandir, sa sœur restera la même.



Il gara la voiture dans la rue puis descendit. Aèla osa regarder à l’extérieur et découvrit une maison à la façade grisâtre. Elle avait un certain charme malgré ses allures modernes. Anthelm dépassa la barrière et se tourna vers elle.

- Tada !! Alors qu’est-ce que tu en penses ?



- Ce que j’en pense … De la maison ?
- Oui pas de la voiture, banane !
- J’en dis… Anthelm, tu comptes te laisser dans l’immobilier ?

Anthelm se frappa le front. Sa sœur était à moitié sérieuse, c’était là le pire.



- Allez, suis-moi, au lieu de dire des bêtises. Dit-il en pénétrant dans la demeure.
- Attends, Anthelm ! Comment veux-tu que je comprenne quelque chose si tu ne me dis rien.
- Entre et tais-toi.



- On peut entrer comme ça ? Demanda-t-elle. Ce n’est pas de la violation de propriété ?
- Ne t’en fais pas pour ça. Visitons !



Anthelm pénétra plus en avant dans la pièce, laissant une Aèla dubitative. La maison paraissait habitée. Elle était décorée avec soin et était chauffée. Elle avait peur de comprendre la signification de tout cela.



C’était plus son instinct que son intellect qui lui dictait cela. Elle se sentait étrange, comme heureuse et triste à la fois. Inconsciemment, elle ne put s’empêcher de porter une main à son ventre.



- Tu as vu ce salon ?

Anthelm était loin de tout cela, lui profitait de la visite, comme s’il connaissait déjà très bien les lieux. Cela arracha une étrange grimace à sa sœur.



- La cuisine est minuscule.
- Si on est pas de grand cuisinier, elle est amplement suffisante. Allons à l’étage !



L’enthousiasme d’Anthelm en était presque malsain pour Aèla. Elle se sentait même contaminée par cet élan joyeux. Elle grimpa les marches, sur la pointe des pieds.

- Ça manque de lumière. Fit-elle remarquer.
- On ajoutera un plafonnier plus tard.
- On ?

Anthelm occulta sa question et lui présenta les trois dernières pièces de la maison.



Une chambre d’enfant.



Une seconde chambre.



Et la dernière chambre de la maison. Aèla remarqua de suite les photographies qui ornaient le mur. Sans un mot elle quitta la pièce puis se réfugia sur le balcon. Anthelm soupira tout en refermant la porte derrière lui.



Il rejoignit sa sœur, qui était perdue dans la contemplation des environs. La nuit était un peu fraîche, mais supportable. Il s’installa sur la chaise longue qui opposait celle de sa sœur puis resta un long moment à la regarder.



Elle luttait, intérieurement, pour ne pas pleurer. Mais Anthelm la connaissait depuis toujours et sa sœur était un livre qu’il connaissait par cœur et qui prenait plaisir à lire et à relire sans cesse.



Il pouvait voir son désarroi. Sa sensation de trahison, mêlée à une grande peine, le tout luttant contre la raison. Aèla était une jeune fille naïve mais réfléchie qui n’aimait guère la déloyauté et la trahison. Et ce qu’il venait de commettre était un des actes qu’elle n’appréciait guère.



- Aèla, tu m’en veux ?

Elle conserva le silence. Comme il s’y attendait. Il soupira avant de se lever et de s’assoir à ses côtés. Le voyant arriver, elle se détourna de lui et changea de position.



- Tu vas partir. Dit-elle simplement.
- Oui…

Ce constat était lourd de chagrin. Il sentait les sanglots sous-jacents dans la voix de sa cadette.



- Je… Je savais que tu le ferais un jour, Anthelm.
- Alors qu’est ce qui te chagrine autant ?
- Rien… Enfin, si. Tout.... Mais tu n’es qu’un élément de plus à ce tout.
- Tu m’expliques ? Elle lui fit signe que non. Aèla… Ne crois pas que partir ne me fasse pas de peine.



Il lui prit la main. Ce geste la força à le regarder. Le visage d’Anthelm était sérieux et triste à la fois. Elle se surprit à laisser ses larmes couler.

- Partir est nécessaire, Aèla. J’ai une famille maintenant. Et avec Céleste, on a besoin de notre chez nous pour aller de l’avant.
- Mais Maman et Papa ? Dit-elle entre deux sanglots.
- Ils sont au courant. Papa m’a même aidé à construire cette maison.



Elle dégagea sa main puis se leva, comme pour partir. Anthelm la retint et elle plongea dans ses bras.

- J’ai tant besoin de toi, Anthelm… Si tu savais…



Et ce fut le flot. Un océan de larme vint s’écraser contre l’épaule réconfortante de son aîné. Aèla laissa sa peine s’échapper de ses yeux. Elle avait tant de doute, de peine, de peur qui lui broyait le cœur depuis des semaines.



Anthelm la laissa pleurer. Choisissant le silence comme meilleur ami et confident. Aèla était si fragile entre ses bras, chacun de ses sanglots déchiraient le cœur d’Anthelm.



- Je ne serais jamais loin, Aèla. Jamais. Ne l’oublie pas… Ma porte te sera toujours ouverte.

Elle ne put qu’hocher la tête avant de mieux engouffrer le visage au creux du coup du jeune homme.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:38

Episode 7 : Ce mal qu'est l'amour



Spoiler:


Le soleil était de nouveau au rendez-vous, comme heureux d’illuminer le ciel d’Apaloossa et réchauffer le cœur de ses riverains.



Aèla, en bonne tante qu’elle était, s’occupait de Tristan lorsqu’on vint sonner à sa porte. Elle déposa un fragile baiser sur la joue du bambin qui se renfrogna, puis elle le posa au sol pour aller ouvrir à l’intrus.



Qu’elle fut la surprise pour la blonde de découvrir son petit-ami sur le pas de la porte. Voilà des jours qu’il avait disparu, la laissant seule dans son désespoir. Servan lui expliqua qu’il avait dû quitter la ville pour une mission. Elle ne le crût pas. Plus maintenant… Il lui avait tant donné de cette excuse qu’elle ne pouvait encore y croire. Cet homme était un être volage. Tel un papillon s’envola de fleur en fleur. Oh ! Bien sûr elle le savait fidèle, mais ses innombrables mensonges et excuses bidon commençaient à la lasser plus que de raison.



Mais elle ne voulait plus l’accabler de ses reproches. Il avait ses raisons et elle avait un cœur. Bien entendu, il en était meurtri. Elle aurait dû hurler, le frapper, pleurer, mais elle avait sa fierté.  



Une fierté mal placée, certes, mais une fierté malgré tout. Et c’était une des rares choses qui la faisait encore tenir.



Bien qu’Aèla s’occupait régulièrement de Tristan, elle laissait avec plaisir – et à juste titre- l’éducation du petit à ses parents.
Aujourd’hui, Anthelm entreprenait la marche.



Le petit était débrouillard et apprenait vite les rudiments de la marche. Son père en était fier.



La nuit arriva rapidement, laissant les enfants se coucher, les parents se cajoler et les amoureux roucouler.



En parlant d’amoureux, Aèla était aux anges. Elle n’avait jamais été aussi bien traité de sa vie. Alors qu’ils sortaient du restaurant, Servan et la jeune femme riaient encore d’une malheureuse chute du serveur.
Alors qu’elle avançait, Servan s’arrêta et la contempla lorsqu’elle se retourna vers lui. La blonde était belle dans la nuit, les lampadaires l’illuminant légèrement. La nuit n’était pas tout à fait présente. Il tendit une main vers elle et prit une des siennes.



Il s’agenouilla devant elle puis lui baisa la main. Touchée, Aèla ne trouva mot et resta bêtement à le regarder.

- Mademoiselle, vos rires illuminent mon cœur troublé, tout comme votre sourire réchauffe mon cœur et en brise la glace. Quant à vos yeux, leur beauté surpasse celle du firmament.
Il se releva, lâchant la main de la belle. Elle était émue. Il pouvait le voir grâce aux larmes qui perlaient de ses yeux gris.



Pris au dépourvu, Servan grimaça. Qu’avait il fait pour la faire pleurer. Le but de sa tirade était de la faire sourire, voire encore de la faire rire. Ses larmes le décontenançaient. Il commença à s’agiter lorsqu’il put sentir une caresse sur son visage.



Aèla s’était rapidement approché de lui, pour lui saisir le visage. L’homme resta interdit un long moment. Enfin, ce lui parut long, car la belle ne perdit aucune seconde pour lui dévorer les lèvres.



Ce n’était pas un baiser ardent de désir, il était juste là pour dire « Merci ». Car oui, elle voulait le remercier. Lui montrer sa gratitude pour son affection, son temps, sa présence et ses rires.



Alors que leur baiser s’intensifiait, Aèla sentit vibrer dans la poche de sa robe. Elle soupira puis avec un sourire contrit s’excusa auprès de Servan. Elle regarda l’écran de son téléphone et put y voir le numéro d’Anthelm.



Sans attendre elle décrocha.

- Allô ?
- Aèla ! Rentre vite ! C’est Céleste…
- C’est l’heure ?
- Oui ! Vite s’il te plait, Maman et Papa ne sont pas là.

Elle raccrocha, puis voulut s’excuser auprès de Servan, lui dire qu’elle devait partir, mais le jeune homme avait disparu. Aussi simplement qu’un claquement de doigt. Elle resta un moment, debout dans le froid, les rires des clients pour seule compagnie. Puis un dernier soupir avant de prendre sa voiture.



Alors que toute la maisonnée dormait, Aèla s’agitait dans son lit. Elle se sentait mal, prête à tout rendre, aux bords des larmes. Son ventre la tiraillait. Elle resta un long moment sans bouger, gémissant, puis décida enfin à se lever.



Mais son geste fut trop rapide, trop franc. Le mal remonta dans sa cage thoracique, lui brûlant l’œsophage. Elle porta une main à sa bouche, comprenant ce qu’il allait rapidement se produire.



Ni une, ni deux, elle s’élança dans une des salles de bain. En plus de cette douleur insupportable et cette honte qui commençait à l’habiter, Aèla ne pouvait s’empêcher de réfléchir.



Elle répandit son dernier repas, et plus encore, dans la cuvette des toilettes, produisant d’affreux bruits sortant du pire film d’horreur de l’histoire du cinéma. Elle se releva, toujours aussi mal, mais soulagée à la fois. Elle se brossa les dents, afin de faire disparaitre le goût âcre et horrible puis sortit de la salle de bain, la tête pleine de question.



Sans trop savoir pourquoi, elle se laissa guider par son instinct et entra dans la chambre de son frère. Céleste était rentrée peu avant, les bras chargés d’un des plus présents que la vie pouvait offrir. Epuisée, elle repose désormais auprès d’Anthelm. Aèla fit bien attention à ne pas les réveiller.  



Délicatement, elle se saisit de l’enfant qui gesticulait dans le berceau. La petite Rozen était une charmante fillette qui arborait de rare sourire. Mais ses grimaces avaient la faculté de mettre du baume au cœur à sa blonde de tante.



Elle profita longuement de ce moment intime avec cette enfant qui correspondait à tout ce qu’elle rêvait. Au fond d’elle-même, elle se savait Mère, mais elle doutait d’avoir un jour un Père. Elle soupira puis laissa un sourire s’épanouir sur ses lèvres lorsque la petite bailla.



Elle se résigna à laisser Rozen dormir. Elle quitta la pièce le cœur encore plus lourd mais lorsqu’elle vit son père qui l’attendait, elle reprit contenance et arbora un immense sourire.



Elle papota avec son père de toute et de rien- surtout de rien- omettant volontairement ses inquiétudes.



Mais Vagn n’était pas né de la dernière pluie, et avec sa femme, ils savaient fort bien que leur cadette était triste, déprimée et seule. Et il ne pouvait rien faire. La couvrir d’attention n’était pas la solution. Il se devait d’agir comme à l’accoutumé, mais cela lui demandait d’énormes sacrifices.



Les jours passèrent sans grand changement. Le couple Aloyse et Vagn avait rendez-vous. Mais ils n’avaient guère besoin d’aller loin, ils leur suffisaient de traverser la route.



On les accueillit avec le sourire. Artème, le petit dernier de Gwillerm et Cleeda avait bien grandi et était devenu un bel adolescent, aussi blond que son père.



- Papa ! Aloyse est là !

Mais Gwillerm était en pleine conversation. Ou plutôt il écoutait sa femme, Cleeda –à gauche- et celle de son défunt frère Elias, Ségolène –à droite- lancé dans une discussion haute en couleur.



Cela fit sourire Artème.

- Désolée Aloyse… Tu les connais, lorsqu’elle parle de bébé, elles sont dans leur monde.

Cette réplique fit sourire Aloyse à son tour, la journée promettait d’être radieuse et chargée de souvenir.



Aèla n’allait toujours pas mieux. Cela allait même en s’empirant. La demoiselle vomissait le peu de nourriture qu’elle avalait. Cela commençait sérieusement à la fatiguer.



Elle se redressa une énième fois, soupirant à nouveau. Si seulement elle savait ce qui la rongeait de l’intérieur, elle ne serait certes pas guérie mais au moins fixée.



Puis la lumière vint. Elle comprit enfin. Dans quel bourbier venait-elle de se fourrer. Elle s’appuya contre la porte, riant et pleurant à la fois. Les nerfs lâchaient. Elle était heureuse, déconcertée et apeurée. Elle ? Enceinte ?



- Si tu savais… Bleuenn ne nous parle presque plus.
- Ça ne va pas dire pour autant qu’elle ne vous aime plus. Cleeda, voyons…
- Hum ! Que tu crois Vagn ! Ma pauvre fille est complétement retournée par son crétin de mari.



- Cleeda… Tu ne devrais pas parler ainsi, voyons…
- Je sais ce que je dis ! J’ai jamais aimé ce Cornell. Ce gamin a toujours eu une influence sur elle. Ma Bleuenn est une gentille fille !!

Devant la véhémence de Cleeda à l’encontre de sa propre fille, Vagn ne savait où se mettre. Bleuenn était une grande fille, une adulte maintenant, et mère de surcroît. Il l’avait connu avec un caractère bien trempé, à l’image de sa mère, mais discrète.



A côté, Aloyse se remémorait de vieille histoire d’enfance avec son jumeau. Gwillerm n’était plus ce petit garçon effacé se cachant son un bonnet bien trop grand. Il souriait en repensant à sa période « rebelle » et rappela à sa chère aînée Ô combien elle était têtue et bornée.



Une autre journée s’engageait. Alors qu’Aèla dormait paisiblement, Kahei était de sortit et répétait un rituel matinal : le petit déjeuner.



Aloyse fut la dernière à quitter la demeure, se dirigeant péniblement jusque son lieu de travail.



Aèla sortit de la salle de bain, habillée. Elle aperçut son arrière-grand-père aux fourneaux. Cela en aurait étonné plus d’un mais la jeune femme avait grandi parmi les défunts et les voir de bon matin n’était plus si étrange que ça.



Tyrinel, voyant sa « petite » maîtresse arriver, se précipité vers elle et la supplia d’un câlin. La blonde, joviale, se plia difficilement vers le sol pour se saisir du félin.

- Fais attention Aèla, dans ton état, il est parfois difficile de se relever.
- Merci Kahei… Mais je sais ce que je fais.

Cela arracha un sourire au défunt qui reprit son activité alors que la jeune femme caressait le chat.



- C’est qui le bon chat ? Hein ? Mais oui, oui c’est Tyri… Ouh qu’il est mignon !

Le chat, heureux, lui donna un léger coup de patte, réclamant plus d’attention.



Elle répondit volontiers à ses suppliques.



Aèla était certes enceinte, mais elle se devait de rester en forme. Physiquement, certes, mais faire de l’exercice lui permettait de faire le point sur sa vie. Alors elle se rendait régulièrement dans la salle de sport du coin.



Alors qu’elle entamait des exercices pour soulager son dos, elle ne put s’empêcher de repenser à Servan. Voilà des mois qu’il n’avait donné signe de vie. Depuis leur dernière rencontre, la belle avait eu beau l’appeler, harceler son frère pour qu’il trouve des choses sur lui au poste. Rien. Servan était inexistant. Officiellement, aucun Servan Osselet ne vivait à Apaloossa Plains et encore moins vivant. Elle ne comprenait pas, si Servan n’existait pas, qui était cet homme ? Qui était le père de son enfant ?

Ps :
Spoiler:
Je ne suis pas très satisfaite de cette suite, mais mes photos m'ont limité à cela... je m'en excuse. Je vous prie de bien vouloir croire que les suivants seront bien meilleurs !
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:40

Episode 8 : Robe noire et désespoir



Spoiler:


Voilà des semaines qu’Anthelm était parti pour s’installer avec sa petite famille. Aloyse avait rendez-vous chez lui, afin de prendre de ses nouvelles.



La nuit allait bientôt tomber et le petit Tristan jouait paisiblement à l’extérieur.



Aloyse fut accueillie par son fils, à peine rentré du travail. Il venait encore de gravir un échelon de sa profession. En mère poule qu’elle était, Aloyse en était heureuse. Elle ne tarda pas à le féliciter.



Elle profita également de ce moment pour aller cajoler sa petite fille. La petite Rozen prenait du poids et ressemblait de plus en plus à son père dans son comportement. Mamie en était si heureuse qu’elle lâcha quelque larme.



Peu après, Aèla fit également son entrée. La blonde était essoufflée, comme si elle était venue en courant. En voyant la voyant Anthelm ne put s’empêcher de sourire.



- Aèla ! Je suis si heureux de te voir !
- Et moi alors… Si on ne vient pas, on ne te voit pas ! Lui reprocha-t-elle.



- Tu verras quand ton enfant sera là, ma grande. Une famille c’est beau, mais ça crée des chaînes.
- Des chaînes ? Tu n’exagères pas ?
- Non… Ça t’oblige à être responsable et de laisser tes loisirs de côté. Mais il n’y a pas plus beau présent.



Aèla fit la moue, comme peu rassurée.

- Ce que tu me dis est loin de me rassurer, tu sais ?
- Je sais ! Et c’est le but ! Se moqua Anthelm.

La blonde lui offrit une tape sur l’épaule, comme pour le punir. Le brun fit semblant d’être blessé, le tout sous le regard de son fils.



- En tout cas, il pousse bien ! S’étonna le jeune homme.
- Si tu savais… Bébé se fait lourd. J’en ai mal au dos, même la nuit.



- Céleste aussi souffrait pas mal pour Rozen. Elle me réclamait souvent des massages. Tu n’as qu’à… Le sourire figé de sa sœur l’interrompit. Pardon… J’oubliais que tu étais seule.

Elle lui fit signe que ce n’était rien puis reporta son attention sur son neveu, qui attendait impatiemment qu’on le sorte de sa chaise haute.



- Coucou Tristan ! Alors on veut un bisou de Tata ?
- Naaann ! Fit il sérieusement, cela arracha un sourire aux adultes.
- Non ?



- Par ma main vengeresse ! Tu vas tâter de mes chatouilles fatales, petit monstre !



Le petit riait aux éclats alors que la torture infligée par sa tante devenait une preuve de tendresse. En voyant sa grand-mère, le bambin ouvrit les yeux et tendit les bras vers cette dernière. La vieille lui toucha le bout du nez de son index, avant de lui baiser le front.

- Mamie reviens mon chéri. Elle doit parler avec Papa.



- Allons Tristan. Ne soit pas tristoune, Tata va rester avec toi.



Aèla adorait son neveu et le petit le lui rendait bien. L’enfant était affectueux, tendre et câlin. Tout ce qui lui faisait défaut depuis tant de semaines. Elle n’avait aucune nouvelle de Servan, comme si ce dernier n’avait jamais réellement existé. Pourtant l’enfant qui grandissait en son sein était la preuve vivante de leur histoire et de l’existence du jeune homme à lunette.



Elle soupira longuement, alors que le petit se blottissait contre elle. Elle ne put s’empêcher de sourire et de lui caresser les cheveux. Elle avait hâte que son enfant naisse à son tour afin de pouvoir offrir son amour à quelqu’un.



Les nuits étaient si difficiles pour Aèla. Car c’était à ce moment-là qu’elle ressentait au plus haut point la solitude et le poids de ses décisions. Elle aurait très bien pu avorter, ne pas prendre la décision d’élever cet enfant, mais son cœur, sa conscience et son bon sens lui avait refusé cette alternative. Elle se leva donc de son lit et observa l’extérieur par sa fenêtre. Alors qu’elle était pensive, elle aperçut un visage familier pénétrer dans la cour. Elle soupira en souriant puis alla le rejoindre dans le salon.



Son père rentrait d’une mission longue et lui avait énormément manqué. Ce dernier ne manqua pas de constater l’état de sa fille. Il la savait enceinte, mais les semaines défilant, le gros ventre s’accentuait et le futur grand-père mis devant le fait. Mais Vagn n’en tenait pas rigueur à sa fille. On commet tous des erreurs – si l’on pouvait considérer une grossesse comme une erreur- et il serait là pour l’épauler.

D’ailleurs, il la prit dans ses bras, la sentant à deux doigts de s’effondrer.

- Tu devrais être lit, Aèla.
- Je sais Papa… mais…



- Tu n’arrives pas à dormir ? La tête d’Aèla qui se balançait confirma ses dires. Tu sais ma grande, à trop te faire du souci, ton bébé va en pâtir.
- Je sais Papa… Mais ce n’est pas si simple.
- Bien sûr… Mais rien n’est simple ma grande.

Il lui caressa les cheveux comme il en avait l’habitude lorsqu’elle était enfant après un terrible cauchemar. Ils restèrent un long moment l’un contre l’autre. L’une se ressourçant, l’autre en aimant. Elle se détacha de lui, un pâle sourire sur les lèvres, puis lui baisa la joue avant de filer sous ses draps.



Vagn ne tarda à faire de même. La nuit était bien entamée et il était épuisé. Il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour elle, pour l’enfant. Pour sa famille en général. Vagn n’était pas un grand bavard, loin d’être du genre à s’épandre sur ses soucis. Il était le pilier de la famille et se devait de rester fort, mais voir sa fille être réduite en une ombre lui détruisait le cœur.
Il soupira avant de redresser les draps sur lui. Sa femme dormait à poings fermés, mais à peine fut il installé qu’elle se colla à lui. Ce geste lui arracha un sourire. Il lui baisa le front et l’enserra de ses bras.



Aèla ne s’endormit pas rapidement. Elle resta un long moment sur son lit à penser, à imaginer divers scénario. Et si elle avait décidé autrement ? Et si Servan n’était pas entré dans sa vie ? Et si elle partait ? A force de cogiter, elle trouva le sommeil, bien qu’agité et fort peu réparateur. Inconsciemment, sa main se trouva sur son ventre, protégeant la vie qui s’épanouissait en son sein.



- Papa, je t’ai déjà dit tout ce que je savais.
- Je suis certain que tu ne m’as pas tout dit. Aèla, ne me mens pas.

Elle ferma les yeux et inspira profondément. Cette discussion, il l’avait maintes et maintes fois entretenue. Mais Vagn sentait que sa fille ne lui disait pas toute la vérité. Et il avait bien raison.



- Mais je t’ai dit la vérité. Servan a tout bonnement disparu.
- Personne ne peut disparaitre sans laisser de trace. Personne ! Pas même les morts.

Cette éventualité fit hoqueter de peur la blonde. Bien sûr, elle y avait déjà pensé, mais elle refusait en bloc que l’homme qu’elle aime puisse être mort.



- Aèla… Il faut penser à toute éventualité. Admettre que ce Servan soit mort ne te sera que bénéfique. Tu pourras continuer à vivre.
- Papa… Tu ne comprends pas. J’aime Servan.
- Mais je n’en doute pas cepen…
- Laisses-moi terminer… Elle croisa les bras et se prit la tête d’une main. J’y ai pensé, Papa. Tu me connais, je sais être rationnelle grâce à mon métier. Mais je l’aime et me voir ainsi séparer de lui me tue. L’imaginer…mort… C’est impossible. Elle sentait les larmes lui venir.
- Ma chérie, je dis ça pour ton…
- Bien ? Papa, as-tu déjà pensé à ta vie sans Maman ?

Cette question cloua le bec à Vagn. Il l’avait imaginé et plus d’une fois. Et jamais il n’avait pu le concevoir. Il soupira à son tour et concéda en la faveur de sa fille. Qui était-il pour lui interdire d’aimer mort ou vivant ?



Le soir venu, Aèla était seule dans sa chambre. Seule avec ses pensées et son cœur lourd.



Elle pouvait s’empêcher de penser à ce que son père lui avait dit. Et si Servan était bel et bien mort ? Non ! Jamais ! Ô grand jamais ! Un corps ça ne disparait pas ainsi. Un mort est incapable de se mouvoir seul.



Il était peut-être tout simplement parti, l’abandonnant. Ignorant son état mais trop apeuré par les demandes de mariages de la belle. Aèla le harcelait à chaque fois qu’ils se voyaient pour qu’il emménage chez elle. Elle le voulait près d’elle tous les jours, pour toute la vie.

On toqua à sa porte. Mais Aèla était trop soucieuse pour entendre des bruits extérieurs de son esprit.



Aloyse pénétra dans la pièce, la mine inquiète. Elle n’avait pas vu sa fille pour le diner, comme la veille et le jour précédent encore. Apercevant Aèla sur le sol, elle paniqua un moment. Elle s’approcha d’elle et vit que sa fille avait les yeux fixés dans le vide. A demi soulagée, la vieille femme pris place sur le fauteuil et observa sa blonde de fille un petit moment.

Le silence était lourd, mais nécessaire. Aèla reprit enfin conscience et aperçut enfin sa mère. Un pâle sourire apparut sur les lèvres d’Aloyse. Voir sa mère si contrite, si affligée par sa propre peine, Aèla ne put retenir ses larmes.



- Maman… Je suis perdue. Fit-elle entre deux sanglots. Que vais-je devenir ? Seule…

Aloyse ferma les yeux et crût se revoir des années en arrière. Elle se leva et rejoignit sa fille. Elle posa une main douce et pleine de chaleur sur l’épaule de sa fille qui pleurait à chaude larme. La voir ainsi affligée sa mère mais que pouvait-elle faire ?

- Pleure Aèla… Pleurer est un bon moyen d’évacuer.



Aèla posa la tête sur le genou de sa mère, cherchant encore plus de chaleur. Son gros ventre la handicapait plus que de raison. La naissance serait pour bientôt.



- Il faut que tu restes forte, ma fille. Pour ton bien, pour celui de ton enfant. Pour ta famille.
- J’essaye… J’essaye si fort, Maman. Mais je n’y arriverai pas. Pas seule.

Aloyse caressa les cheveux de sa fille mortifiée et inconsolable. Voilà des mois qu’elle pleurait chaque soir, des jours qu’elle restait enfermée dans cette pièce à se morfondre. Aloyse avait d’abord envisageait de la laisser se débrouiller seule, comme elle l’avait fait à son âge. Mais Aèla n’était pas elle. Elle avait beau se montrer forte, déterminée et rebelle, sa fille était une enfant naïve, rêveuse et romantique, qui n’imaginait pas sa vie troublée par une grossesse et encore moins de devoir élever un enfant seule.



Pourtant, elle devra bientôt si faire, car l’enfant sera bientôt là. Plus tôt qu’elle ne l’imagine. Les enfants sont des êtres capricieux qui décident quand ils veulent entrer sur Terre.

- Tu ne seras pas seule, Aèla… Jamais. Ton père et moi sommes là…



En faisant cette promesse, Aloyse était loin de s’imaginer ce qu’il se tramait à l’autre bout de la ville.



Se sentant mal et fatigué, Vagn décida de quitter le travail plus tôt. Hélas…



La mort l’attendait de pied ferme. Armé de sa faux, sous sa longue toge noire, elle était là depuis des heures. Le froid de l’automne avait crispé ses os. Elle se détendit, faisant grincer les jointures de sa masse osseuse.



- Il était temps, Mortel. J’ai failli mourir d’ennui à t’attendre.
- Qui êtes-vous ? Demanda innocemment Vagn.
- Infâme Mortel ! Toi qui es lié à la descendante de l’infâme Aimée, tu oses remettre en doute mon existence ?

Vagn comprit enfin à qui il avait à faire. La faucheuse, la Mort ou encore la Dame en noire était là pour le prendre.



- Je n’ai guère le choix que de vous suivre, n’est-ce pas ?
- En effet.
- Même si je vous supplie de me laisser en vie ? Ma fille a besoin de moi !
- Ta femme saura l’aider. Maintenant j’ai assez attendu Vagn Vauganne. Il est l’heure et j’ai d’autre chat à faucher !

Vagn serra alors la main de la Dame en Noire puis disparut laissant derrière lui une simple tombe. Sa vie fut heureuse et remplie. Deux enfants, deux petits-enfants ou plus. Une femme aimante et une carrière accomplie. Non, il ne regrettait rien, si ce n’était une chose : de laisser sa famille derrière lui.



Aloyse, alors qu’elle travaillait à son établi, reçut un appel. Elle décrocha rapidement, voyant que c’était le numéro de son époux. Mais la voix qui lui répondit lui était étrangère.

- Madame Vauganne ?
- Elle-même… Que faites-vous avec le téléphone de mon époux ?
- Je suis Thérèse, une collègue de votre époux… Je… Je suis dans le regret de devoir vous annoncer une terrible nouvelle. Le cœur d’Aloyse fit un bon.
- Non…
- Madame, votre mari n’est plus. Alors qu’il quittait le travail, je lui avais proposé de le ramener. Alors que je préparais mes affaires, la Mort l’a emporté.
- Je… Merci de votre appel. Je passerai prendre ses affaires dans la semaine.
- Encore une fois Madame : Toutes mes condoléances.

Aloyse la remercia à nouveau puis raccrocha sans un mot.



Vagn venait de les quitter, dans un moment des plus critiques. L’équilibre de la famille était rompu. Son cœur était en mille morceaux. Brisé, déchiré, sanguinolent. Comment allait-elle l’annoncer à sa fille ?



Elle qui venait de passer toute la soirée à la consoler, à lui dire qu’il fallait aller de l’avant, sans pour autant oublier son passé. Vivre pour les autres… La voilà désormais seule, endeuillée et s’apercevant qu’elle ne pourrait jamais vivre sans Vagn. Toutes ses années à ses côtés, il était devenu son ombre. Ne la quittant jamais, la soutenant, l’aimant, la protégeant, la taquinant. Elle laissa ses larmes s’échapper de ses paupières.



Alors que ce drame bouleversait la famille, une petite chatte attendait patiemment devant l’entrée de la maison. La petite Maya venait d’être adoptée par les Vauganne. Aloyse espérait en faire la surprise à son époux et ce dernier ne verra jamais la belle petite frimousse moustachue de la belle persane rousse.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:41

Episode 9 : Révélations passées




Spoiler:


La pluie tombait sur la ville, minant les habitants. Pour certains, c’était une atmosphère réconfortante car ils n’étaient plus les seuls à être morose.

Aèla se retrouva devant la porte de son frère. Elle avait besoin de compagnie et qui de mieux que sa meilleure amie et belle-sœur ?



Céleste lui ouvrit rapidement, la mine radieuse. Elle connaissait les moindres secrets d’Aèla, ses moindres peurs, doutes ou joie. La blonde avait trouvé en elle une confidente. Bien qu’Aèla fût très proche de son aîné, elle ne pouvait y raconter ses déboires et surtout ses malheureuses expériences sexuelles. Non, la blonde ne se voyait pas lui conter ce genre de scène.

Elle entra à l’intérieur et fut rapidement submergé par la marmaille d’Anthelm. Tristan était toujours un bambin capricieux mais aimant. Et la petite Rozen avait bien grandit. Elle adorait se promener à quatre pattes. Lorsqu’ils entendirent leur tante, les deux enfants s’étaient élancés dans une « course ».



- Bonjour mes petits monstres !
- Tata ! Hurla Tristan, tandis que Rozen se contentait de la fixer, les yeux brillants.

Aèla adorait ses neveux et nièce. Les petits lui vouaient un culte qu’elle-même n’aurait jamais cru. Elle leur sourit puis prit Rozen dans ses bras pour l’embrasser. Tristan commença à ronchonner voyant la jeune femme préférer sa sœur à lui. Elle soupira, amusée, puis échangea Rozen pour Tristan.



- Caprice… Tu aurais dû l’appeler ainsi Céleste.
- Que veux-tu… Ce petit te vénère. Se moqua gentiment Céleste. Mais j’imagine que tu n’es pas venue que pour les voir.
- Non, dit-elle en secouant la tête, tandis qu’elle reposait son neveu au sol. J’ai besoin de te parler.

Le ton de sa voix était triste, brisé. Céleste soupira et l’invita à aller dehors. Les petits n’avaient pas besoin de voir leur tante diminuée.



Sans attendre, la blonde s’effondra dans les bras de sa belle-sœur, les larmes coulant à flot. Céleste la trouvait de plus en plus déprimé, la moindre chose la faisait pleurer. Elle lui tapota le dos un long moment. Un peu calmée, Aèla soupira et s’excusa.

- Aèla, et si tu me racontais ce qui te tracasse autant ?
- Tu le sais… C’est juste… La mort de Papa… Je n’arrive pas à m’y faire. Il m’avait promis d’être là. Toujours. Pour moi et pour mon bébé.
- N’y vois pas une trahison. Il était l’heure pour lui.

La blonde soupira tout en acquiesçant. Elle savait qu’on ne pouvait lutter contre la mort, la vie était ainsi faite. Sans la mort, il n’y aurait pas de vie, mais la perte d’un proche était toujours une épreuve terrible.



Les jours passèrent, la pluie resta. L’automne avec elle, marquait sa présence de son feuillage roux et d’or.



Un certain jeune homme blond à lunette courrait sous cette pluie battante, se moquant royalement de leur existence et de l’humidité qui s’accrochait à ses boucles.



Il avait bien d’autres préoccupations en tête. Une certaine jeune femme se retrouvait hospitalisée et ce, par sa faute. Dès qu’il l’eut su, il s’était précipité à son chevet.



Pourtant, en proie de doute, il resta un moment devant l’entrée. Il ne savait s’il devait entrer. Après tout, cela faisait des mois qu’il n’était pas venu. Des mois qu’il ne l’avait vu. Il n’était même pas au courant de son état. Il ferma les yeux, souffla puis inspira profondément avant de pousser la porte, déterminé.



- Ah ! Mais voilà les plus beaux ! S’extasia Aloyse.

La pauvre était restée seule quelques jours, en attendant sa fille qui était à l’hôpital. Aèla avait accouché deux jours plus tôt et pouvait enfin sortir de la maternité. Pendant ce temps, la vieille femme avait préparé une chambre pour son petit-enfant.



Hors, lorsqu’elle aperçut sa fille, la mine enragée qu’elle arborait lui fit perdre le sourire.

- Qu’est-ce qu’il y a Aèla ? Demanda t’elle inquiète.



Pour toute réponse, elle dépose au creux de ses bras l’enfant, un petit sourire sur les lèvres. Aloyse comprit. Elle lui fit un signe de tête, lui indiquant qu’elle s’occupait de l’enfant. Aèla se retira vers la porte d’entrée où un homme attendait.



- Bonjour mon cœur. Le bébé commençait à ronchonner. Allons, allons… Maman va bientôt revenir. Mon petit Neeve… J’espère que tu hériteras un peu de mon Vagn…

Aloyse avait beau sourire, elle était toujours en deuil. Son époux n’aura jamais la chance de contempler son troisième petit-enfant.



Sans préambule, sans aucun tour de chauffe, Aèla entama les hostilités. Servan était apparu comme par magie le jour de sa sortie. Lorsqu’elle le vit, elle ne sut quoi dire, que faire. Alors ils sont simplement restés dans le silence, tous les deux. Mais plus les minutes s’égrainaient, plus sa colère grandissait.

- Qu’est-ce que tu fais ici, Servan ?!
- Je suis venu de te voir… et euh…
- Non ! Servan, non ! Je n’accepterais aucune excuse de ta part ! Tu m’as abandonné !
- Mais…
- Oses le nier !



Servan était décontenancé. Il savait qu’il était coupable, que c’était sa faute et que la colère d’Aèla était justifier, mais il ne voulait pas de tout cela. S’il était apparu dans sa vie, c’était pour une simple raison : il l’aimait.

- Aèla, s’il te plait, laisses moi parler…
- Tu crois avoir le droit de quoi que ce soit ? Non mais écoutes toi Servan ! Tu m’as laissé seule. Seule avec mes doutes, mes problèmes, et une grossesse.



- Je te jure que je ne sav…
- La ferme ! Ne jure de rien sinon je ferais une chose dont je n’ai aucune envie.

Servan fit deux pas en arrière. Sa fureur augmentait à chacun de ses mots. Le blond conserva le silence alors qu’Aèla ravalait ses larmes.



- Tu ne sauras jamais ce que ton absence a pu me faire. Je t’aime Servan. Mais ton abandon est inexcusable. Que tu ne m’aimes pas, je peux le comprendre. Que je fusse une simple passade, également, mais ton départ, ça jamais !



A son tour de se mettre en colère. Elle avait le droit de le blâmer, de lui reprocher plein de chose, de le frapper, mais de remettre en cause ses sentiments, non ! Ca jamais.

- A mon tour de parler !
- Je…
- Silence ! Tu as déversé ta haine, à moi de déverser ma peine.



Elle resta coite. La jeune femme voyait bien que son amant avait les yeux humides et la voix tremblante. Elle baissa les yeux puis se tritura les mains, gênée de s’être ainsi emportée sans lui laisser l’occasion de s’expliquer.

- Pardon… Je t’écoute.
- Aèla… Il soupira. Comment peux-tu dire que je ne t’aime pas ?



- Tu n’es jamais là, Servan. J’ai fait des recherches tu sais… En entendant cela, Servan tiqua. Tu n’existes pas. Ni dans cette ville, ni dans d’autre. Qui es-tu Servan… ? Es-tu cet homme à qui j’ai offert mon cœur, mon corps et mon âme ?

Touché, l’homme lui pris une épaule. Elle baissa le regard puis croisa les bras, cherchant à se réconforter.



- Aèla, je vais tout te dire. Ce lourd secret qui m’a amené à te laisser seule et à te mentir sans cesse. Elle redressa brusquement le regard. Mais, pour cela, il faut que tu me fasses confiance.
- Je ne peux pas… Dit-elle d’une petite voix.
- Je t’en prie, Aèla. Une dernière fois, fais-moi confiance.

Elle hocha la tête. Soulagé, Servan souffla, puis saisit la blonde par la taille, de sa main libre, il fouilla dans sa poche puis en sortit un étrange boitier avec deux boutons. Il pressa l’un d’entre eux. Une étrange lumière les entoura. Puis, en une fraction de seconde, le couple disparut.



Le soleil était à son zénith, éclairant avec fierté cette ville épurée aux bâtiments tout en hauteur et au gigantisme exacerbé.



Aèla ressortit du portail la tête en avant. Manquant de trébucher, elle réussit toutefois à retrouver l’équilibre. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle put découvrir un décor tout à fait étrange, tout bonnement sortit d’un livre de science-fiction. De la verdure jonchait sur les toits, striant le gris du béton et colorant le paysage. Elle ne put s’empêcher de sourire, émerveillée par tant de couleur.



Elle retrouva Servan devant elle, l’attendant, les bras croisés. Il souriait en la voyant sourire également. Mais il disparut lorsqu’elle rencontra son regard. Cela arracha un soupir résigné au blond. Il s’approcha alors d’elle et lui pris les épaules.

- Servan… Où sommes-nous ?
- Chez moi.



- Chez toi ? Mais…
- Je sais… Nous sommes en l’an 3057, dans une ville nommée Oasis Landig.
- Le futur ? Répéta t’elle septique.
- Oui. Je suis un habitant du futur, voilà pourquoi je disparaissais autant.



- Tu te moques de moi… Servan, voyons ! C’est insensé !
- Non, Aèla, c’est la réalité.
- Non…non…

Elle recula, la mine terrifiée. Servan savait qu’elle le prendrait comme ça. Il avait pourtant un espoir, un simple espoir qu’elle accepte ses propos. Mais s’il avait été à sa place, il ne pourrait jamais accepter.



Hors, elle plongea dans ses bras, pleurant à chaude larme. De prime abord, Servan resta statique, étonné par ce geste, puis se laissa attendrir. Il l’enlaça à son tour, lui caressant les cheveux.

- Je te croyais mort ! Mort !!! Tu entends Servan ! Elle hurlait contre son épaule, tout en le frappant du poing. On me forçait à te croire disparu à jamais, mais...
- Shuu, ma belle. Je suis là, bien vivant. Devant toi. Il lui prit une main et la porta à son visage. Tu peux me toucher. Je suis bien vivant.

Elle laissa à nouveau les larmes déborder de ses yeux gris. Oui, il était là, devant elle. Elle pouvait entendre son cœur battre. Tout comme le sien, il battait à vive allure.



Dans le parc central de la ville, le couple se trouvait à roucouler. Aèla n’était pas tout à fait en confiance. Elle ne lui avait pas encore pardonné. Elle attendait de réelles explications. Mais elle n’avait pas envie de briser un nouveau moment « à deux ».



Il lui avait tant manqué. Elle l’aimait, du plus profond de son être et son histoire du futur, elle était prête à y croire. La visite de cette ville l’enchanta plus que de raison. Elle s’y sentait bien, comme lorsqu’elle fut avec lui. Cette ville avait son odeur.



Elle tournoyait, souriante et amoureuse. Comme si ils ne s’étaient jamais quittés.



- Je t’aime Aèla. N’en doute jamais.

Elle écarquilla les yeux, sentant la culpabilité lui sauter au visage. Elle avait tant douté de lui. Mais son visage, le son de sa voix lui apportèrent les réponses.



Elle le laissa baiser ses lèvres, tremblant comme leur de leur premier baiser. Elle se souvint qu’elle fut l’audacieuse qui fit le premier pas. Elle se souvint de sa première fuite. Elle se rappela de tout. C’était comme une explosion de saveur, comme un plat subtilement épicé apportait au palais. Un feu d’artifice d’émotion.



Mais l’heure n’était plus à la romance. Il était grand temps de répondre aux interrogations de la belle. Alors qu’elle allait lui poser ses questions, Servan commença à s’affubler d’un étrange engin dans le dos.

- Qu’est-ce que tu fabriques ? Demanda-t-elle intriguée.



Il passa la dernière bretelle et vérifia que le matériel était bien assuré, puis lança un regard enjôleur à sa belle.

- C’est un propulseur.
- Un propulseur ?
- Oui, une espèce de Jet-pack si tu préfères. Avec ça, on se propulse dans les airs.
- C’est un moyen de transport ?
- Oui, mais il peut être utile pour d’autre chose.



Le regard circonspect qu’elle lui lança le fit sourire. Il s’approcha d’elle, la saisit par la taille et prit une de ses mains. Elle le regardait toujours, de plus en plus stupéfaite et méfiante.



- N’es craintes. Laisses moi te guider, comme lorsque nous dansions ensemble.



Sans autre mot, il se lança dans les airs après un bref appui sur ses jambes. Aèla se retenu de crier, sentant le sol se détacher de ses pieds. Le sourire confiant de Servan était contagieux. Elle se surprise à sourire également.



Les premiers mouvements étaient gauches. Elle ne se sentait pas à l’aise. Cette sensation, quoique grisante, était déroutante.



Il la lança plus haut encore vers le ciel. Elle se sentait légère. Aussi légère qu’une plume. Elle ferma les yeux, en écartant les bras, se nourrissant des rayons du soleil.



Il passa sous bras sous le sien, se laissant emporter par l’euphorie de sa belle. Aèla souriait, riait comme une enfant.



Si on lui avait dit que l’amour avait des ailes, elle n’y aurait jamais cru. Pourtant, à cet instant précis, elle se sentait pousser des ailes.



Elle se permit d’être audacieuse, ébauchant des mouvements compliqués comme des portés. Servan, amusé, se prêta au jeu, faisant tournoyer avec plaisir et désir sa moitié.



Elle ne manqua pas de tomber, pour autant. Elle n’était qu’à sa première leçon de vol. Servan la rattrapa in-extremis. Elle eut d’abord peur, s’accrochant à son cou. Il lui laissa le temps de s’en remettre. Les yeux dans les yeux, Aèla se sentit rougir. Elle pensait pourtant avoir dépassé ce stade depuis longtemps.

]

Elle aurait voulu partir. Qu’il ne la voit ainsi mais elle sentait une forte pression sur elle. Elle la tenait si fort mais elle pouvait sentir ses doigts trembler dans son dos. Servan eut réellement peur pour elle.



- Je suis désolé.

Ce fut les seuls mots qu’il prononça.



Elle secoua la tête, déniant ses propos.

- Déposes moi Servan. Je commence à avoir un peu peur.

Il hocha la tête à son tour, consentant à sa requête.



Incapable de se lâcher, l’un comme l’autre, ils restèrent un long moment blottis l’un contre l’autre, pour seule musique, les battements de leur cœur.



Alors qu’Aèla chercha à se défaire de son étreinte, elle put sentir qu’on l’a décroché du sol à nouveau. Méfiante et un peu apeurée, elle s’agrippa très fort au blond.

- Ne me dis pas que…



Il ne lui laissa guère le temps de continuer sa phrase, les voilà de nouveau dans les airs. Elle s’agrippa plus que de raison à son partenaire.



Mais ses intentions étaient claires cette fois-ci. Il ne désirait qu’une seule chose, capturer ses lèvres à nouveau. Goûter à la saveur de ses baisers, comme autrefois. Elle y répondit avec plaisir, laissant l’envie et le plaisir l’envahir. Elle aurait tant voulu que cela continu. Que jamais ce ne cesse.



Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Retour au sol, un dernier regard, un autre sourire contrit et leurs bras ne se touchèrent plus.



Sans crier gare, Servan retourna dans les airs, seule. Elle se sentit abandonnée un instant.



Mais il ne lui laissa guère le temps de ruminer, car il lui lança un canard en caoutchouc en pleine figure. Elle tenta de se protéger à l’aide de son bras, mais en vain.



Un autre, puis deux, puis trois tombèrent les uns à la suite des autres. Assaillie, Aèla hurla, pesta puis le dernier lui fut fatal.



Servan ne put s’empêcher de rire, la pointant du doigt.



Si lui trouvait cela très drôle, elle non. Elle se sentait pathétique, humiliée et abusée. Il n’avait jamais agis ainsi avec elle.



- Battue par de simple canard en plastique. !
- Ce n’est pas drôle Servan… J’aurais pu me faire mal.



- Ce n’est pas une simple chute qui aurait raison de toi ! Lança Servan en retombant sur le sol, sur le ton de la plaisanterie.

Aèla le foudroya du regard. Cela lui fit ravaler son sourire. Il se gratta la tête et baissa le regard.

- Pardon Aèla. Je suis allé trop loin apparemment.
- Apparemment.

Il soupira puis lui prit la main.

- Allez, viens. On va dans un endroit qui te fera plaisir.

Curieuse, elle le laissa la guider à travers la foule.



Ils arrivèrent rapidement dans une espèce de magasin, regroupant différents objet. Mais Aèla fut rapidement attirée par les mannequins qui trônaient au fond de la pièce. Elle y accourut laissant Servan derrière elle, souriant.

Elle observait avec un certain intérêt les vêtements proposés. Ils étaient assez étranges, mais fascinant à leur manière.



Une bonne demi-heure plus tard, Aèla déambulait dans le magasin, une nouvelle tenue sur le dos. Elle s’était laissée tentée par une robe. Il n’y avait aucun vendeur, juste une simple voix qui conseillait les couleurs et les formes qui convenaient le mieux au client.

Elle avait entreprit de visiter les lieux, le tout sous un œil curieux et admiratif. Puis elle se souvint de Servan. Où avait-il pu bien disparaitre encore ?



Elle arrêta sa marche, apercevant un homme qui lui semblait familier. Pourtant, il n’avait en commun que la couleur de cheveux. Ni habits, ni allure n’était similaire à Servan.



Elle tenta malgré tout une approche. Comme guidée par l’instinct. Elle se pencha un peu sur la droite pour mieux l’observer. L’homme dû sentir son regard car il se tourna vivement vers elle.



- Oh ! Excusez-moi… Je recherche un ami et je croyais que… Elle l’observa mieux et écarquilla les yeux. Servan ?!!
- Euh… oui… Dit-il perplexe.



- Mais tes cheveux… et tes lunettes… Et ces habits ?
- Ahaha ! Du calme, du calme. Aèla, ceci est mon vrai visage.
- Plaît-il ?
- C’est simple : les lunettes étaient factices et les cheveux une simple perruque.

Elle battit des cils, tentant d’assimiler les informations qu’il lui fournissait.



- Pourquoi te déguiser ? Si tu viens du futur, personne ne peut te connaître à Apaloossa, non ?
- Oui, mais il faut que tu saches que les voyages dans le temps sont… interdits…
- Tu veux dire que je suis ici, illégalement ?
- Bien sûr, comme je l’étais dans ton époque. Enfin, illégale, n’est peut-être pas le bon mot. Disons que cette invention est tenue secrète.



- Comment as-tu pu avoir accès à une telle technologie alors ?
- L’inventeur est un ami.
- Attends… Fit-elle en levant une main. Laisse-moi le temps de comprendre. Si je résume : Tu as utilisé une machine, créée par un de tes amis, pour venir dans le passé.
- Oui.



- Pourquoi ?

Il garda le silence, regardant ses pieds. Aèla sentit que son cœur allait exploser, tout comme sa tête. Elle allait enfin connaître le fin mot de l’histoire.

- Je… C’est gênant …
- La vérité est gênante à dire ? Elle sentait la colère reprendre le pas.



- Oui et non. Elle l’est car…
- Car ? Les yeux pleins d’espoir d’Aèla le firent soupirer avant de sourire.
- Je rends les armes. Je suis allée dans ton époque pour te rencontrer.
- Me rencontrer ? Pourquoi ?
- C’est une assez longue histoire. Es-tu prête à l’entendre ? Elle lui fit signe que oui. Un jour, alors que je me rendais chez un ami. J’étais encore un adolescent à l’époque, on devait travailler sur un exposé, alors il m’avait proposé d’aller chez lui. Elle fit signe qu’elle comprenait. Et bien, alors que l’on travaillé, il s’est absenté pour diverses raisons, me laissant seul dans le salon. Alors j’ai décidé de faire le tour de la pièce et des innombrables photos. Tous ces portraits étaient des photos de famille. Mais l’une d’entre elle retint mon intention. Il ferma les yeux et sourit. Je me souviens encore de l’expression de la jeune femme sur cette photo. Un grand sourire dessiné par de superbes lèvres rosées, deux grands yeux gris qui observaient avec attention le photographe, des traits d’une douceur infinie, digne d’une mère aimante. Une beauté à en couper le souffle.
Le voyant dans ses souvenirs, et relater la beauté d’une femme, Aèla fut prise de jalousie. Elle se retint de parler, mais son visage la trahie.



- Cette femme, reprit Servan tout en ayant remarqué la mine de la blonde, m’avait attiré. Je ne pouvais décrocher mon regard de cette photo. Lorsque mon ami revint, il me trouva avec le cadre dans les mains, totalement absorbé. Alors il m’a expliqué qui elle était. Cette femme était une de ses ancêtres, qui, malheureusement, ne vécue guère longtemps. Sa mort a bouleversé le destin de sa famille.
- Que lui était-il arrivé ? Demanda la jeune femme, malgré elle, peinée par la mort de cette femme.
- On ne sait pas trop, mais selon mon ami et les policiers de l’époque, cette femme fut retrouvée noyée dans un lac en plein hiver. Choquée par cette nouvelle, Aèla hoqueta d’horreur et dissimula sa bouche de ses mains. Cela dévasta ses parents, et son frère qui rejeta la mort de sa sœur sur lui toute sa vie.
- Mais pourquoi ?
- Simplement car ce jour-là, il venait d’annoncer à sa famille son mariage avec sa femme et sa petite sœur n’avait pas digéré la nouvelle. Elle était sortie de la maison un peu plus tôt, pour ne jamais y revenir.

Cette histoire était plus que familière à Aèla. Quand elle entendit Servan dire cela, son cœur se serra puis se brisa. Les larmes virent, toutes seules. Il s’approcha d’elle et lui souffla :

- Cette femme… C’était toi, Aèla…



Les yeux dans les yeux, dans les bras l’un de l’autre, Aèla pleurait et lui souriait.

- Aèla, si je suis venue à ta rencontre ce jour-là, c’est car je t’aimais. J’étais venu dans ton époque simplement pour te voir, te sauver ou encore simplement comprendre pourquoi tu serais morte.
- Alors pourquoi être venue à moi ?
- Je… Je n’ai pas pu m’en empêcher. C’était plus fort que moi, je me devais de te s…



Elle ne lui laissa le temps de continuer sa phrase. Elle s’empara de ses lèvres avec toute la douceur qui l’habitait. Elle était émue au plus haut point. Cet homme avait traversé les âges pour elle. Il a bravé les interdits pour la sauver. Il n’y avait aucun mot pour décrire ce sentiment qui l’habitait.



Le lendemain matin, Servan se leva encore un peu abasourdi par ce qu’il venait de révéler. Il n’y croyait pas lui-même. C’était une histoire si gênante. Mais Aèla ne l’avait pas jugé. Au contraire, elle lui rendit son amour toute la nuit. Pas de mot, juste des gestes, des attentions qui se suffisaient à elles seules.

La demeure qu’occupait Servan était une grande bâtisse où plusieurs personnes cohabitaient dans une humeur conviviale. En arrivant dans la cuisine, le jeune homme salua les habitants, le sourire aux lèvres. Une jeune femme lui répondit.

- Alors Servan, on a trop fait la fête cette nuit ?
- De quoi tu parles, Tina ?
- Oh allez ! Cette petite mine et ce radieux sourire veulent tout dire. Elle est où ta dulcinée ?

Choqué puis gêné, il rejeta les propos d’un geste vif ce qui fit rire la dame en robe de chambre.



Aèla se leva bien plus tard. Servan était dans la salle de bain, la laissant seule parmi une tonne d’étranger, tous plus étrange les uns que les autres. Mais Tina était d’une nature joyeuse et sociale.

- Alors… Aèla c’est ça ?
- Oui…
- Moi c’est Tina ! Dites-moi ma belle, êtes-vous bel et bien une personne du passé ?



Aèla s’étouffa, avalant de travers sa bouchée. Elle croyait que seul Servan et son ami était au courant pour les voyages dans le temps.

- Buvez donc un coup. Elle s’exécuta. Vous savez, Servan est comme un petit frère pour moi. Je l’ai pour ainsi dire élevé.
- Comment ça ?



- Il ne vous a rien dit, je présume. La blonde fit signe que non. Sacré Servan, c’est tout lui. Cette maison est une espèce d’orphelinat. Tous les membres de cette demeure n’ont plus de parents.
- Vous voulez dire…
- Oui, Servan aussi. Mais nous n’en sommes pas malheureux pour autant. Nous vivons ensemble depuis toujours, alors les secrets n’existent pas entre nous. Aèla fit signe qu’elle comprenait. Ecoutez ma belle, votre secret est bien gardé ici. C’est un sanctuaire pour toutes les âmes égarées, tout le monde à son propre passé, sa propre histoire. Vous ne serez pas jugée, ni dénoncée.
- Merci… mais que pouvez-vous me dire sur lui ?



- Servan ? C’est un chouette garçon. Un peu trop fleur bleue à mon goût. Ca le perdra… Sans vouloir vous offenser. Il est aussi déterminé, têtu et bravache, mais ça reste un bon garçon, gentil et serviable.

Tina venait de décrire le Servan qu’Aèla connaissait et aimait. Il lui avait certes menti sur son identité, sa vie, mais il était resté lui-même. Elle se sentit soulagée en apprenant cela, elle n’était pas tombée amoureuse d’un mirage.



Sans un mot, elle quitta la table sous le sourire de Tina qui reprit sa conversation avec un autre résident. Aèla rejoignit Servan et l’enlaça aussi fort que possible.

- Ouhla… Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il dans un souffle.



- Rien… J’en avais simplement envi.

Cela fit sourire Servan. Il se sentait mieux maintenant qu’il avait tout raconté à Aèla. Plus de mensonge, plus de fuite, plus d’abandon. Juste elle et lui. A jamais.

- Non, ce n’est pas rien. Aèla, tu as quelque chose à me dire ?
- Avec tout cela, j’en ai oublié mon fils. Notre fils…



- Il est entre de bonnes mains. Ta mère est une femme généreuse et aimante.
- Peut-être, mais c’est mon bébé… et il me manque.



- D’accord, Aèla. Tu peux rentrer. Je vais préparer le portail pour toi.
- Merci Servan… Mais et toi ?
- Je dois régler certaines choses ici. Mais je te promets que ce sera la dernière fois que nous serons séparés.
- C’est vrai ? Dit-elle pleine d’espoir.
- Je te le jure…



- Je t’aime, Servan.
- Je t’aime, plus que tout. Ne l’oublie pas.

Aèla sourit alors qu’il s’approchait d’elle pour l’embrasser. Un dernier baiser pour un simple au revoir.



- Prête ?
- Oui… Servan, je ne veux pas que tu crois …
- Je sais Aèla. Nous sommes ensemble. Ton départ est pour le bien de notre fils.



- Ah! Hurla-t-il.
- Quoi ?
- J’ai oublié de te demander son prénom. Elle rit et lui donna une légère tape derrière le crâne.
- C’est Neeve. Ne l’oublie pas, Papa !



Et sans autre mot, elle s’élança dans le portail, laissant derrière elle, un homme béat d’amour et de fierté. Il était papa…
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 20 Mar - 10:44

Episode 10 :Ce que cette famille apporte



Spoiler:


Bien des jours eurent passés. Aèla avait retrouvé son fils dans les bras de sa mère, penchée au-dessus du berceau, comme lorsqu’elle l’eut quitté. Tout ce qu’elle venait de vivre n’était pas un rêve. Ce voyage dans le futur, les propos de Servan et sa promesse…



Cependant, le jeune homme avait pris du temps pour lui revenir. La belle ne put s’empêcher de le lui reprocher. Cela fit rire Servan qui s’excusa avec un simple baiser.



"Il y a si longtemps que je t’aime. Me crois-tu stupide au point d’ignorer mes sentiments ? Mon cœur ne l’aurait supporté et ma conscience n’aurait eu de cesse de me le reprocher. J’ai pris la décision de quitter ma vie lorsque je t’ai abordé. Je suis désormais tout à toi et à notre fils."



Ces seuls mots avaient suffi à balayer les doutes de la blonde. Les jours étaient heureux, et ils se retrouvaient souvent le soir pour partager une partie d’échec.



Il y avait certes plus romantique, mais au moins ils étaient ensemble, et Aèla appréciait ce simple moment partagé.



Les humains étaient d’un compliqué. Un jour ça va, un jour non.



Il était parfois bon d’être un chat. Où étaient les soucis ? Penser simplement, agir et vivre.



L’amour pouvait être viscéral. Mais il y a tant différents amours. Si l’on peut aimer un être à en crever, il y avait un amour qui rassurait, qui jamais ne se détruirait. Et quoi de mieux qu’un rassemblement familiale pour célébrer cet amour indéfectible ?



- Ouah !! Aengus ! Artème !

Aèla s’était écrié devant ses cousins –fils de Gwillerm- avait de se jeter à leur cou. Aengus était habitué aux largesses de sa cousine, mais le jeune Artème moins et s’était rapidement retrouvé au sol, entraînant dans sa chute les deux autres. La fête commençait bien avec les rires des trois adultes, alors que le petit Neeve reposait dans son berceau.



L’on sonna rapidement à la porte. Les autres invités arrivaient au compte-goutte.



Anthelm put apercevoir le dos de Bleuenn qui attendait sous le porche.

- Salut Bleuenn ! S’exclama-t-il.
- Hey Anthelm ! S’écria-t-elle à son tour tout en se retournant pour le regarder.
- Qu’est-ce que tu attends pour rentrer ?
- Qu’on m’ouvre ? Répondit elle taquine.

Cela arracha un rire au jeune homme qui s’en aucune gêne entra dans son ancienne demeure.



Il rejoignit sans attendre sa cadette qui présentait son fils à leurs cousins.



- Alors ma grande ? Ca fait quoi d’être mère ?
- Aha ! Tu ne peux pas poser la question à Céleste ?
- Je veux comparer vos réponses.



- Et bien… Elle prit le temps de réfléchir. Je dois t’avouer que je n’ai pas réellement eu le temps d’y songer. Tellement de chose ce sont produites.
- Le retour de Servan ?



- Oui…
- Tu ne m’as jamais dit pourquoi il était partit…
- Et je ne préfère pas, Anthelm.
- Pourquoi ?
- C’est compliqué…
- D’accord.

Anthelm ne put que sourire devant la gêne de sa petite sœur. Il revoyait en elle l’enfant qu’elle était. Si calme, si douce et si silencieuse.



Si l’esprit était à la fête, les humains n’étaient pas les seuls à y goûter. La petite Maya, gourmande qu’elle était, en profitait pleinement.



Mais Mamie Aloyse intervint rapidement alors Céleste, avec qui elle parlait, lui montra la petit voleuse poilue.



- Dis Servan…
- Hum ? Fit le blond alors qu’il jouait avec son fils.
- J’ai demandé à Aèla pourquoi tu avais disparu, mais elle n’a pas voulu me répondre…



- Je vois… Il resta un moment à fixer Neeve. Tu sais, je n’ai pas d’excuse. Si tu juges bon de me frapper, alors je me laisserai faire, Anthelm. Mais je tiens à dire que j’aime ta sœur, mais avant de pouvoir être totalement à elle, il me fallait régler bien des choses.

Anthelm l’écoutait tout en l’observant. Servan n’était un méchant garçon : gentil, serviable, aimable et protecteur. Il comprenait pourquoi Aèla s’était entichée de lui, mais il avait vu la peine qu’il lui avait infligée. Raison ou pas, le mal fut là.
Il porta son regard sur l’enfant qui souriait et riait alors que son père s’occupait de lui. Cela fit soupirer Anthelm qui se résigna. Sa sœur était assez mature pour décider ce qui était bien pour elle, comme pour son enfant.



En parlant de sœur, cette dernière était allée saluer Céleste. La belle policière et meilleure amie de notre héritière resplendissait.



Et pour cause ! La belle était de nouveau enceinte.

- Il pousse bien…
- Ça te rend nostalgique ?
- Un peu…



- Tu sais Céleste, j’aurais aimé avoir une fille.
- Il n’est pas trop tard.
- Je sais. Répondit Aèla en souriant. Et compte sur moi pour « forcer » Servan ! Je veux un ribambelle d’enfants.

Cela arracha un rire à Céleste. Aèla la rejoignit.



- Tu sais, une famille nombreuse, c’est très difficile à gérer.
- Notre grand-mère s’en est très bien sortit, dit Bleuenn alors qu’elle entrait dans la pièce.
- Votre grand-mère ?
- Et bien oui. Elle a eu quatre enfants, Calixte, Elias, Gwillerm et ma propre mère.
- Et pourtant elle doutait d’elle à chaque instant. Mais elle réussit à mener deux carrières indépendantes en même temps.
- Et bien… je me sens toute petite maintenant. Déglutit non sans peine Céleste.



Dans le salon, Aengus et Servan regardait la télé.

- Alors comme ça, vous allez être mon patron ?
- Tutoies moi Servan… Ça me fait bizarre !



- Bien, mais ça reste assez étrange… Vous êtes combien dans cette famille à faire partie de la police !?

Cela arracha un rire franc au roux qui se surprit malgré tout à compter.

- Alors… Il y a Priscilla, Antoinette, Anthelm, Céleste, Aèla… et moi… Enfin si mes souvenirs sont bons.
- C’est de la folie !
- Et oui ! Les aléas des grandes familles.



-Tata !!
- Mon petit monstre ! S’écria Aèla alors que l’enfant se jetait dans ses bras. Comme tu as grandi mon Tristan ! C’est fou ce qu’il te ressemble Anthelm !
- Il faut bien qu’il tienne de quelqu’un !



- En tout cas, niveau caractère… Il te ressemble ! Et un peu trop ! Pesta l’adulte, avec un demi-sourire.
- Tata c’est la meilleure d’abord !
- Ahaha ! Allons Tristan, ça doit rester un secret ça. Sinon, ton père va être jaloux, dit-elle sur le ton de la confidence.



- Et toi Bleuenn, ça se passe bien ?
- Toufik grandit bien oui. Claudio aussi d’ailleurs…
- Mais… Tu n’as pas l’air heureuse.



- Si si ! Mes enfants sont des amours, mais…C’est Cornell.
- Ton mari ?
- Mari, mari… Je sais pas si ça va durer…



Alors que la discussion était grave derrière, Tristan et Aèla jouaient. Le petit était un enfant agréable et joueur. Un peu bravache aimant jouer les aventuriers, mais il était adorable et Aèla ne pouvait s’empêcher de jouer avec lui.



Passant souvent les limites de la maturité et se mettant au niveau de son neveu. Pour son plus grand plaisir. C’était là la clé de la victoire.



Aloyse était un peu plus maladroite avec lui. Elle n’arrivait pas à jouer avec lui, comme Aèla le faisait.



- Si tu veux torturer quelqu’un Mamie, va le faire sur Papa !



Dépitée, elle ne pouvait que baisser les bras. La véhémence de son petit-fils à son égard la réduisait au silence.



- Tristan ! Tu fais de la peine à ta grand-mère. Excuses toi ! Intervint Aèla.

La blonde espérait secrètement que son propre fils n’agira jamais ainsi avec sa grand-mère. Aloyse était une perle, aimante, présente et affectueuse, elle ne comprenait pas la véhémence de l’enfant envers elle.



- D’accord, Tata. Elle se tourna vers la vieille femme. Pardon Mamie… Mais ça fait mal quand tu pinces.
- Désolée mon chou. Je te promets de le faire doucement.



De bonne grâce, mais grimaçant, Tristan laissa sa grand-mère lui pincer la joue. Elle tint parole, mais en bon râleur, il accentua sa grimace.



- Doucement… Tu parles…

Cela arracha un rire à toute l’assemblée. Vexé, il quitta la pièce en bougonnant.

- Le même caractère que sa tante ! Y’a pas ! Surenchérit Anthelm qui lui valut les foudres de sa sœur, alors que les autres riaient de plus belle.



Plus tard, alors qu’ils allaient partir, Anthelm et Céleste vinrent faire un dernier bisou à leur neveu.

- J’espère qu’il aura meilleur caractère que sa mère.
- Allons Anthelm. Tu es mauvaise langue, Aèla est une très gentille fille. Elle s’occupe très bien de nos enfants.
- Je sais, je sais. Je plaisantais tu sais ?

Cela fit sourire sa femme qui s’approcha de lui. Il passa une main sur sa hanche puis posa l’autre sur le ventre rond de Céleste.

- Je t’aime Céleste.
- Je t’aime aussi Anthelm.



Une autre nuit, Aèla entra dans la pièce.

- Ah c’est donc ici que tu te caches !



- Ma’ !
- Oui, c’est Maman ! Petite terreur ! Fit Aèla en prenant son fils dans ses bras.

Le petit Neeve avait bien grandit, devenant un magnifique bambin héritant de son arrière-arrière-grand-père.



- Il est l’heure d’aller au lit !
- Na !
- Ah que si ! Petite terreur ! Qui est-ce qui commande ?
- Ma’ ?
- Oui Maman, alors … Zou ! Au dodo !



- Ecoutes, je pense que ta mère a raison.
- Pardon ?
- Aèla… Il est parfois nécessaire de détruire les souvenirs pour aller de l’avant.



- Tu suggères donc que je détruise Mes souvenirs pour aller de l’avant ?
- Pas toi, mon amour… Mais ta mère en a besoin. Elle a beau sourire tout le temps, tu sais, elle n’est pas heureuse.



Aèla soupira. Elle savait que sa mère n’était plus la même depuis la mort de Vagn. Son unique amour avait disparu sans lui laisser le temps de se faire à l’idée. Elle observa un long moment Servan qui s’était installé sur le lit et entamait la lecture d’un livre.
Et elle ? Si Servan venait à disparaitre à jamais de sa vie ? Encore une fois… Comment agira-t-elle ? Sera-t-elle forte comme sa mère ? Elle avait bien faillit abandonner lors de sa grossesse, mais aujourd’hui il y avait son fils. Elle ne pourrait l’abandonner.



Elle secoua la tête, chassant ses doutes et rejoignit son homme marchant doucement, ondulant à chacun de ses mouvements. Elle s’installa à ses côtés. Il avait quitté les yeux de son livre et on pouvait sentir dans son regard l’envie que lui donnait Aèla. Elle repoussa le livre et le força à s’allonger sur le lit.

- Mademoiselle, en voilà des manières ! Fit-il faussement offusqué.
- Je n’en ai cure, Sire. Car pour vos beaux yeux, je suis prête à tout.



- A tout ? Répéta-t-il.
- Oui, Servan… A tout. Je t’aime, et t’aimerais jusqu’à mon dernier souffle.



Il resta un instant, le souffle coupé. Aèla venait de lui dire qu’elle l’aimait, elle ne l’avait plus fait depuis des semaines, depuis son retour, alors que lui ne cessait de clamer son amour pour elle. Il sentit ses yeux s’humidifier.

- Marrions-nous, Aèla !



Pour toutes réponses, la belle emprisonna ses lèvres polissonnes d’un baiser suave. Il parcourut ses courbes divines avec des mains avides et aimantes. Ils scellèrent leur promesse en se faisant l’amour jusqu’au petit matin.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Lun 31 Mar - 8:28

Episode 11 :Ce qui bouleverse les coeurs



Spoiler:


"J’ai longtemps hésité. Non pas que je sois sûre de mes sentiments mais… C’était un grand pas à franchir dans ma vie. J’attendais pourtant cela du plus profond de mon cœur. Depuis tout ce temps à lui réclamer de n’être qu’à moi. Et voilà que lorsqu’il me pose la dite question, je m’enfuie.



Mais ce sentiment étrange d’incertitude qui me tiraillait l’estomac n’était qu’une merveilleuse nouvelle en devenir.




Lorsque je la compris, je ne pouvais qu’accepter sa demande. Il était mon tout, ma moitié, mon avenir et le père de mon enfant.




Il était un père soucieux du bien-être de notre Neeve, aimant et toujours souriant. Il n’a jamais élevé la voix, même lorsque j’étais moi-même à bout, près de l’implosion. Il simple geste, un simple sourire de sa part et ma colère s’évaporait.



Je me souviens encore de ce jour-là. J’étais dans ma chambre, notre chambre, et je ne pouvais me défaire de ma peur. Je m’apprêtais à franchir un nouveau stade de ma vie.



Vêtue de blanc et de soie, mes cheveux joliment arrangés, maquillée sobrement, je ne pouvais que m’admirer. Mais l’heure n’était plus aux questions, je me devais d’aller de l’avant. Surtout avec tout ce que j’avais vécu. Un amour inexplicable, une nuit d’amour, une grossesse solitaire, la disparition d’un père et des retrouvailles étranges. J’avais accepté cela, malgré moi. Pour l’amour de Servan et pour notre fils.



Ma mère entra à son tour dans mon sanctuaire. Elle avait toujours cette manière bien à elle de pressentir les choses et de me rassurer. Mais son arrivée resta silencieuse, elle ne pouvait s’empêcher de m’admirer, selon elle. Elle se voyait plus jeune, mon père à ses côtés. Ils n’avaient pas fait un grand mariage, de par la cérémonie intimiste, mais leur union fut d’autant plus forte car ils se sont aimés jusqu’au dernier instant. Et même si la mort les séparait, leur amour était intact.




Elle resta un moment à dévisager, puis avec un simple sourire, elle m’indiqua la sortie. Je souris à mon tour, puis sans trop savoir pourquoi, j’eu le besoin de la serrer contre moi. Elle fut étonnée, au début, mais me rendit mon étreinte avec tout son amour.

- Ton père serait si ému, si fière de toi ma chérie…

Je savais qu’il lui en coutait d’évoquer mon père. Alors ses mots me firent extrêmement plaisir. Tant que je laissai une larme tâcher son tailleur.

 


Les invités étaient là, piaffant et discutant de tout et de rien. Les réunions de famille étaient assez rares mais elles marquaient la plupart du temps un bel évènement. Anthelm et Céleste attendaient patiemment, se tenant la main. Je pouvais sentir leurs émotions.  Davina –fille de Coréus- en début de grossesse.



Mes deux cousins Aengus et Bleuenn, toujours aussi inséparables et fidèles à eux même. Bleuenn me confia, bien plus tard, que mon entrée lui avait coupé le souffle et l’avait rendu jalouse. A ce moment-là, j’ignorais ses problèmes de couples…



Dilan et Diégo –fils d’Elias- étaient présents également. Je me souviens encore de leur façon de plaisanter quant à la virilité de mon époux. Servan avait souri, faisant preuve de diplomatie, à l’instar de moi qui prit la mouche et me mit à les insulter. Cela les fit énormément rire d’ailleurs… Mes cousins adoraient me faire sortir de mes gonds.



Mon petit Neeve était tout également sur son 31. Son sourire me rassura énormément.



Et Servan… Servan… Dans son magnifique costume. Il m’hypnotisait, avec ses yeux bleus. Yeux que je ne me lasserai de regarder. J’aime les sentir sur moi à me sonder, à me sourire et à me comprendre.



Je ne peux m’empêcher de sourire. Les voir réunis ici, pour moi, cela me fit chaud au cœur. A y repenser, aujourd’hui encore, ce souvenir m’arrache encore des larmes.



Nos vœux, notre échange de serment… Tout… Tout restera à jamais gravé dans ma mémoire. J’avais tant rêvé de ce jour, tant espéré, que j’en étais venue à croire qu’il n’existerait jamais.

Mais ce mariage eut bien lieu.



Le temps a passé depuis… J’ai mis au monde mon second enfant : une petite fille répondant au prénom d’Audaline. Ma fille chérie, ma fille si tant rêvé, mon trésor… Ton arrivée à signifiait tant de chose pour tout le monde.



Pour moi, un bonheur infini, qui, comme pour Neeve, me rendait plus forte, plus invulnérable.




Pour Servan, un sentiment de bien-être et de sérénité qui atteignait quand il s’occupait de ses enfants.



Pour Neeve… Une bonne raison de défier notre autorité et de voir les limites qu’il pouvait franchir. Cet autre petit bout de nous aimait nous faire tourner en bourrique et avoir le dernier mot.



Mais il restait un amour avec ma mère. Cette femme au cœur pur qui aimait sans faille. Elle avait reporté son amour inconditionnel pour mon père sur Neeve, espérant trouver en mon fils une part de son défunt époux.




Elle le pleurait souvent, lui rendant hommage, restant près de sa tombe une bonne partie de la journée. Elle se croyait discrète mais je savais fortement où elle se trouvait à chaque instant de la journée.



J’aimais ma mère –je l’aime toujours d’ailleurs- et la voir ainsi me déchirait le cœur. La savoir dévastée, me forçait à me montrer forte à mon tour. Elle est mon exemple.



Mais cet exemple s’en alla bien trop tôt. J’aurais tant aimé qu’elle soit éternelle ! Qu’elle rivalise de longévité avec notre fondatrice Aimée…



Surtout ce soir-là… C’était l’anniversaire de Neeve. Mon bébé était devenu un bel enfant et le voir fêter cet évènement dans les larmes me déchira le cœur
.



Mais ma mère sembla prendre cette nouvelle avec sérénité, sourire. Elle accueillit la mort comme si elle était une vieille amie à qui l’on ne pouvait rien refuser. Ce qui était un peu le cas… Comment refuser l’inévitable ?



Nous restâmes longtemps à nous consoler l’un l’autre. Neeve avait laissé quelques larmes couler, ne comprenant pas réellement ce qu’il venait de se produire.



J’ai dû lui expliquer, mais les sanglots me privaient de voix. Servan lui expliqua, avec des mots simples, que sa grand-mère venait de partir. Partir très loin afin de rejoindre ceux qui l’ont aimé et qu’elle aimait. Neeve comprit, à mon grand étonnement.



Depuis, des jours avaient coulé, laissant ma peine et détresse se transformer en amertume et en peur. La vie était si courte, si fragile. Mais sans la vie, il n’y avait pas de mort. Ou plutôt, sans la mort, il n’y avait guère de vie…



Mais qui étais-je pour en décider ? Une simple humaine qui se posait trop de question. Après tout, je suis mère de deux enfants, il me fallait rester près d’eux le plus longtemps possible. C’est ce qu’aurait fait ma mère. Et d’ailleurs, elle l’avait fait.



Et comme elle, je devais aller de l’avant, garder le sourire, être forte dans toutes les circonstances et pleurer lorsqu’il était nécessaire de le faire.  

BONUS

Spoiler:


Voici la nouvelle maison, sous le givre de l’hiver ! N’est-ce pas beau ?



La cour avant avec des jouets pour enfant et deux chaises longues afin que les Vauganne puissent profiter du soleil.



A l’intérieur, enfin l’entrée que j’ai voulu très vaste (j’ai toujours espoir du fête à cadeau XD ) Comme vous pouvez le voir, sur la droite on a accès à la cuisine, ainsi, après l’escalier au salon.



Une autre vue de cette même pièce, montrant un accès aux chambres d’Aloyse et de Neeve. Dans le fond, l’éternel jeu d’échec. Un petit coin déco en l’honneur aux fondateur Kahei et Aimée (J’aime beaucoup ces photos et le montage que j’en ai fait)



Une dernière vue de l’entrée menant à un coin lecture précédent la chambre parentale ainsi qu’une salle de bain et la nursery, dont on ne voit pas la porte.



Retour en arrière pour pénétrer dans le salon. J’ai voulu créer un espace petit et convivial, dans les tons neutre et accueillant.



L’autre côté de la pièce mène à la cuisine et sert de bureau.



La cuisine : spacieuse, fraîche et calme.



L’autre versant de la pièce, la salle à manger avec une belle table ronde afin que tous puisse se voir lors de repas.



La chambre d’Aloyse –qui n’est plus utile désormais…



La nursery dans les teintes roses, afin de plaire à la damoiselle Audaline.



Ah ! Une vue plus approfondie du coin lecture, avec, encore, une espèce de mémorial aux ancêtres Vauganne.



La chambre parentale, un peu pauvre je l’avoue, mais j’ai dans l’espoir d’y accrocher des photos de famille.



La cour arrière, avec une petite mare, ainsi qu’un coin cimetière. Le bâtiment en annexe est le même que le précèdent, alliant garage et atelier, vide d’objet et donc peu intéressant à montrer.



Une dernière vue de l’extérieur, la façade arrière.


Dernière édition par Sleio le Lun 31 Mar - 8:34, édité 1 fois
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Lun 31 Mar - 8:30

Episode 12 :Ce qu'offrent les ans



Spoiler:


La vie à la maison est paisible, malgré le nombre croissant de ses habitants. Les années passent tranquillement, suivant les saisons avec grâce. Ma petite Audaline est vrai petite perle. Ma fille chérie ressemble tant à son père.



Elle est un ange. D’une gentillesse sans faille. Malgré les taquineries incessantes de Neeve, elle reste d’un calme olympien. Je n’aurais jamais cru voir ça dans ma propre famille. Nos filles sont réputées pour leur caractère trempé et une légère impatience.



Si nous, êtres humains, vivons heureux, nos amis félins également. Tyrinel avait bien vieilli et notre Maya ne tarda pas à suivre son exemple. Je ne sais pas si l’amour chez les animaux existe, mais si c’est le cas, ces deux-là l’illustre bien.



Et voici mon dernier joyau. Othilie, ma dernière-née. Cette enfant est si joyeuse, elle égaye mes journées. A force de grossesse, j’ai dû quitter mon emploi. Cela avait bien embêté Céleste, lorsqu’elle dû me demander de choisir entre ma famille et mon boulot, mais la réponse fut évidente. J’aimais mes enfants et jamais je ne pourrais privilégier mon travail à leur dépend. J’avais pris la décision sans en discuter avec Servan, mais lorsqu’il apprit la nouvelle, il m’a souri, simplement.



Ma vie est parfaite, nous vivons heureux dans cette maison familiale, le tout en suivant l’exemple de mes ainés. J’ai parfois contact avec Anthelm, mais conjuguer nos vies devient de plus en plus difficile. Lui il a son travail et sa famille, et moi la mienne.



Et mon petit doigt me dit qu’elle ne tardera pas à s’agrandir d’ici peu. En ce moment, la salle de bain reste ma pièce favorite de la maison.



Servan va bien. Enfin en apparence… Je crois que son époque lui manque, il passa la plupart de ses soirées dans la cour à discuter avec ses amis du futur… Enfin, il croit que je ne le vois pas mais, il est difficile de louper ça. "



- Hé Audaline !
- Quoi ? Dit-elle la bouche pleine.
- C’est vrai qu’on t’embête à l’école ?



La fillette ne prit aucunement la peine de lui répondre. Elle lui lança cependant un regard noir ce qui fit déglutir son aîné. Puis elle se leva de table.

- Alors mes choux ? Bien dormi ? S’enquit leur mère.
- Ca va M’man. Répondit Neeve tandis qu’Audaline le pria silencieusement de ne rien dire à leur mère.
- Audaline ? Ca va ma chérie ?

Elle ne dit rien et sourit tout simplement à Aèla. L’adulte resta un moment muette alors que la petite quittait la pièce. Audaline ressemblait tant à son père, physiquement et psychologiquement.



Plus tard dans la matinée, les enfants attendaient leur bus. Neeve chevauchait avec hargne sa moto. Mais la conversation était loin d’être terminé pour lui. Il aimait sa petite sœur, même si il l’embêtait souvent, hors si quelqu’un venait à l’embêter, il ne l’accepterait pas.



- ‘Line…
- Je sais ce que tu vas dire, Neeve. Oublie ! Les enfants sont stupides c’est tout.
- Tu es une enfant aussi, tu sais ? Cette réponse fit rire sa benjamine. Sérieusement Audaline… Si on t’embête, faut me le dire.



Elle stoppa son mouvement et observa son frère. Il était sérieux derrière le rouge qui tâchait ses joues. Il n’était pas du genre à étaler ses sentiments, de toute façon la blonde n’avait pas besoin de cela pour savoir que son frère l’aimait mais l’entendre dire changer parfois les choses.

- Merci… Dit-elle simplement en souriant.

Puis elle reprit de plus belle son rodéo, histoire de mettre à l’aise son ainé de frère et de passer à autre chose. Cela fit rire Neeve à son tour qui voulut la rejoindre dans sa longue chevauchée, mais la voix de leur mère brisa leur espoir. Il était l’heure d’aller à l’école.



Les plus âgés partit, Servan au travail, Aèla était seule avec sa cadette. La petite se confrontait à l’apprentissage et défiait ses épreuves avec facilité. Pour le bonheur et la fierté de sa mère. Othilie maîtrisait de mieux en mieux les mots et ses pas s’affirmaient au fils des exercices.



L’automne était là depuis longtemps, et les enfants rentraient de l’école. Alors que l’on s’attendait à des rires, ce fut des éclats de voix qui désignèrent à Aèla le retour de ses enfants.

- Neeve !
- Non, Audaline ! Tu te tais !



Aèla attendait son fils de pied ferme dans l’entrée, tapant du pied, sous l’impatience. Quand Neeve vit sa mère qui fulminait, il avait conseillé à sa sœur de se taire et de filer directement dans sa chambre.

- Tu peux m’expliquer ? Demanda-t-elle, la voix proche du cri.
- Maman…
- Neeve ! J’ai reçu un appel de ton directeur me disant que tu t’es battu !?



L’enfant baissa la tête. Il n’était pas fier de son geste, mais il ne regrettait cependant pas cet acte. Il l’avait fait pour protéger sa sœur. Hors, il avait fait la promesse à cette dernière de ne jamais dire à ses parents ce qu’il se passait à l’école. Audaline y tenait.

- Pardon Maman…



- "Pardon" ? C’est tout ce que tu trouves à dire, Neeve ? Et en plus de ça, tu as perdu tes chaussures…

Le petit prit peur un instant, les yeux de sa mère ressortaient de leur orbite. Mais il prit sur lui et écouta sans une larme le sermon interminable de sa génitrice. Il garderait le secret jusqu’à sa mort.



- Tu n’étais pas obligé de faire ça Neeve…
- Audaline, on en parle plus !



- Mais à cause de moi tu as reçu des coups et tu es puni…

La fillette était pleine de remord. Elle n’aimait pas les disputes, ni lorsqu’il y avait des cris. Cela lui faisait peur et elle pleurait facilement. C’était ce côté sensible et renfermé qui lui attirait les ennuis. Des petits camarades s’amusaient à la brimer, à lui tirer les cheveux et parfois même à la frapper. Neeve avait passé ses dernières récréations à surveiller sa sœur à son insu, puis avait pris les devants. Une bagarre se déclencha et Neeve fut accusé.



Si certains apprenaient les problèmes de la vie, d’autres affrontaient des ennemis bien plus petits encore, et parfois mortels. Stupéfix, une des filles de Tyrinel et Maya, avait réussi à attraper des puces. Servan était donc de corvée et à son grand étonnement, la chatte se laissa laver sans trop de soucis.



- Tu te rends compte Servan ?

Aèla venait de lui expliquer l’évènement du jour : la bagarre de Neeve. Servan avait écouté, en silence, les propos de sa femme. Elle était encore en colère après son fils, mais c’était surtout l’inquiétude et la peur qui la faisait agir ainsi.



- Neeve, mon grand… Tu ne veux pas me dire pourquoi tu t’es battu ?

Le petit dévisagea son père, comme si il se sentait en danger, mais le visage doux de Servan lui fit perdre son assurance et il baissa les armes. Après avoir jeté un regard à sa sœur qui lui donna l’autorisation de parler, il fixa ses parents tour à tour.



- C’est pas vraiment de ma faute, Papa. Ce sont eux les méchants, ils n’arrêtent pas t’embêter Audaline.
- Qui ça ? Demanda Servan.
- Les grands du collège. Il lui tire les cheveux, lui prennent ses affaires, même une fois, ils l’ont trainé jusque dans les toilettes et l’ont enfermé.

Audaline baissa les yeux dans son assiette, le visage éteint. Sa mère hoqueta d’horreur puis se mit à pleurer tout en prenant sa fille entre ses bras.

- Pardon… Je sais que j’aurais pas dû me battre, mais…
- Non, c’est vrai, tu n’aurais pas dû ! Le petit baissa les yeux à son tour, s’attendant à un autre sermon. Mais tu as défendu ta sœur, et pour ça, je te remercie. Mais la prochaine fois, parles en a un adulte. Ma chérie, cela vaut pour toi également.

La petite hocha la tête, elle ne pleurait pas, sa mère s’en chargeait pour elle. Servan prit la main de sa femme qui lui sourit. La pauvre ne comprenait pas la cruauté des enfants à l’encontre de leurs semblables.



Après le repas, la famille vaquait à ses occupations, Aèla prit à part son fils. Elle lui devait quelques excuses malgré son comportement. Elle ne prônait la violence, même pour défendre quelqu’un mais elle était fière de lui malgré tout.
Pourtant, lorsqu’elle voulut lui parler, le petit s’illumina et se sentit étrange. Elle se rappela enfin la chose importante qui la taraudait toute la journée.



C’était l’anniversaire de Neeve. Le petit garçon devint un bel adolescent aussi brun que sa grand-mère, ce qui fit plaisir à sa mère. Emue, elle oublia ses excuses.

- Bon anniversaire mon grand.
- Merci M’man !



- Tu te rends compte bébé ? Ton frère est un grand aujourd’hui !
- Euh Maman…
- Hum ?



- Tu me pardonnes, dis ?

Si elle avait oublié les frasques de son fils, lui n’avait pas perdu le nord. Elle resta un moment muette, tout en le fixant.



Elle était déjà prête à lever la punition et à lui pardonner, mais il fallait faire durer le suspense. Après tout, son autorité en serait sapée si elle acceptait sans hésitation.



Et rien que pour voir cette bouille, cela en valait la chandelle. Au plus profond de son cœur, elle était émue, elle en pleurait presque, tant elle était fière de son ainée.



- Bon… Je vois que tu as compris ce qu’on te reprochait. Ta punition est levé mon chéri.
- C’est vrai ? Oh merci Maman !!

Elle aimait sa bouille suppliante mais son sourire était encore plus beau. Elle se jura de tout faire pour qu’il reste à jamais.



Sans s’y attendre, la blonde se retrouva dans les bras de son aîné. Neeve avait acquis une certaine force en devenant adolescent et cela la déconcerta. Elle ferma les yeux et profita de l’étreinte.



- Allez, il est l’heure d’aller au lit.
- Tu as raison…

Alors qu’il s’éloignait, il se retourna et vit sa mère plongée dans ses pensées.

- Maman ?
- Hum ? Fit-elle en se retournant.
- Vivement la naissance du bébé.

Cela arracha un sourire à sa mère qui lui ordonna de filer avec lui avoir envoyé un baiser.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Lun 31 Mar - 8:31

Episode 13 :Aux cadeaux !


Spoiler:


Une nouvelle matinée commençait.

- Bonjour chérie.

Et comme toujours, Aèla grommela un semblant de réponse, chose qui fit sourire son mari. Sa femme était un ours au réveil. Elle détestait parler dès le levé, et sa grossesse accentuait cela. Elle lui baisa néanmoins légèrement les lèvres.



Ils se séparèrent et chacun vaquèrent à leurs occupations matinales. Servan occupait la salle de bain en vue d’une longue journée de travail, et Aèla, en bonne mère s’occupait des petits. Alors qu’elle installait Othilie dans sa chaise haute, Audaline arriva en courant. Amusée, Aèla la regarda paniquer.



- Prends le temps de manger quand même, ma chérie.
- Pas le temps Maman ! Tu aurais pu me réveiller.
- N’est-ce pas toi qui m’a supplié de te laisser te gérer le matin car, je cite, « tu es grande maintenant ! » ?

Cette citation fit bouder Audaline et après avoir pris une brique de jus de fruit fila dans sa chambre afin de s’habiller.
Et ce manège se répétait tous les matins. Voir sa famille si vive et si affairée lui mettait du baume au cœur.



Le soir, c’était plus tranquille. Ils passaient généralement du temps devant une émission, en famille.



Enfin presque, car en bon adolescent qu’il était, Neeve préférait passer du temps devant un autre écran. Mais ils restaient néanmoins dans la même pièce.



Ce qu’il y faisait ? Ils l’ignorèrent car ses parents respectaient sa vie privée. Pour son plus grand bonheur. Neeve aimait sa petite "solitude" et discuter avec son cousin Tristan en toute tranquillité.



Mais la routine se brisa, car une nuit arriva enfin l’évènement tant attendu : la naissance d’un nouveau membre Vauganne.



Au grand désespoir d’Aèla (et de l’auteur) qui espérait une naissance gémellaire, il n’y eu qu’un fils qu’ils prénommèrent Magnus.



Le lendemain, Servan avait passé une petite nuit et préféra laisser sa femme dormir, afin qu’elle puisse récupérer. Il décida de profiter de la brise automnale en promenant Othilie.



- Tristan, je peux passer chez toi ?... Non, mais je m’ennuie… Ouais, je sais que ma mère vient d’accoucher. Je suis quand même plus concerné que toi… Quoi ?!



- Comment ça « Justement ! » ? Tu sais aussi bien que moi qu’un bébé à cet âge c’est loin d’être intéressant… S’il te plaît, j’ai besoin d’air. Ok, j’arrive !!

Neeve raccrocha rapidement, ne prit nullement la peine d’enfiler un manteau et fila chez son cousin.



En arrivant chez Tristan, il tomba nez à nez avec Rozen qui avait bien grandit elle aussi. La belle était devenue adolescente.

- Hey ! Rozen, t’as bien poussé !
- C’est pas pour rien qu’on me nourrit ! Béta !
- C’est sûr ! Rit-il. Dis ton frère est là ?
- Derrière vous…



- Je te laisse ma Rozen ! J’ai à faire avec ton frangin !
- Pas de soucis, je vais voir si Abbie s’ennuie !
- N’embête pas trop la petite. Intervint Tristan.
- C’est mal me connaître ! Riposta la brune avant de disparaitre dans la maison.

Tristan soupira alors que Neeve le rejoignait. Rozen était une gentille fille mais en bonne grande sœur qu’elle était, elle aimait tourmenter la plus jeune. Tristan passait son temps à jouer les médiateurs lorsque ses parents n’étaient pas là. En voyant cette fratrie s’aimer de cette manière, il pensa qu’il n’était pas si mal loti que ça.



Alors que chacun vaquait à ses occupations, la petite Othilie était seule dans la cuisine. Elle se sentit étrange tout à coup.



On avait oublié son anniversaire, avec la naissance de Magnus, elle passait après le plus jeune.



Mais elle devint une jeune enfant intelligente qui comprenait que l’on puisse offrir plus d’affection à un nouveau-né qu’à une enfant.



Mais Audaline fut la première à la féliciter, en bonne grande sœur qu’elle désirait être. Les deux petites blondes s’enlacèrent. Aèla arriva par la suite en paniquant, s’excusant de mille mots d’avoir loupé cet évènement. Othilie la rassura mais Aèla n’était pas convaincue des dires de cette dernière.



Afin de se faire pardonner, Aèla réunit ses aînés pour une petite séance photo devant les « grands » de la famille. Si les petites sont souriantes, notre pauvre Neeve ne se sent guère concerné.

- Maman ! On est vraiment obligé de faire ça ?
- Oui, Neeve ! Ça te coûte quoi de poser avec tes sœurs ?
- C’est complétement ringard …
- Les photos de famille c’est ringard ?

Aèla secoua la tête et laissa son fils pester dans son coin. Neeve était un bon garçon mais il avait ses humeurs, comme ce soir-là.



Quelques jours avaient filé, entrainant avec eux le soleil et amenant la pluie. Les filles se firent surprendre à la sortie d’école et n’avaient pas de parapluie. Ce fut trempées qu’elles rentrèrent à la demeure, l’humeur tout aussi maussade.



A peine installée à la table de bloc, Audaline laissa son optimisme reprendre le dessus.

- Allez Othilie ! Faut pas en vouloir à Maman et à Papa.
- C’est pas que je leur en veux… Commença la plus jeune, tout en s’installant à son tour.
- Ne me mens pas ! Moi j’aurais voulu qu’on me le fête !



- Ben… Je peux pas dire que je suis pas déçue…
- Ah tu vois ?!
- Mais Papa et Maman doivent s’occuper de Magnus…



- Magnus n’est qu’un bébé !
- Justement, ça prend du temps un bébé.
- Et alors ? C’est pas pour ça qu’ils doivent nous oublier ! Othilie, tu as le droit de leur dire s’ils t’ont déçue. Nos parents peuvent le comprendre.

La plus jeune se contenta d’hocher la tête, l’air songeur. Sa sœur avait surement raison mais elle se voyait mal reprocher à leurs parents de prendre soin d’un de leur enfant.



Un autre jour arriva, ensoleillé malgré l’hiver naissant. Les feuilles étaient quasiment toutes au sol et les convives arrivèrent enfin. La fête à cadeau allait pouvoir débuter !



Un invité surprise rejoignit la fête : Renato, un lointain cousin d’Aèla étant le fils de Yolande et petit-fils de Calixte.



Derrière lui se trouvait Céleste, bien qu’adulte désormais elle restait aussi jolie qu’il y a quelques années.



A sa suite, le reste de sa petite famille : Anthelm, Tristan et Abbie.



- Bon tout le monde est là ??

Neeve s’impatientait, comme un enfant ne tenant plus en place. Un intrus avait rejoint la famille et Servan s’occupait à l’éconduire. C’était une réunion familiale après tout.



Les invités s’installèrent dans les différents fauteuils que disposait la maison.



Othilie ouvrit la marche, comme pour fêter son anniversaire avec quelques jours en retard. La petite trouva une belle peluche d’ourson blanc. Un beau cadeau qui la fit hurler de plaisir.



Suivit Neeve, qui trouva un échiquier de bonne facture. Lui qui aspirait à devenir un grand scientifique, ce jeu joliment sculpté ne pourrait que l’aider.



Tristan fut le suivant…



… Mais pour son plus grand malheur, ce que contenait la boite ne semblait guère lui convenir. L’on pouvait voir Céleste se gratter la nuque, gênée de ne pas avoir pu combler son fils.



Anthelm était à la fête en découvrant un nouveau portefeuille en cuir, il savait que ce présent lui venait de sa sœur. Sans tarder, il alla lui baiser la joue.



Les invités se succédèrent, ouvrant les uns après les autres les différents paquets. Si Abbie fut heureuse de sa toute dernière poupée, Audaline trouva de mauvais goût le nain de jardin au sourire moqueur qui était placé dans le sien.



Les deux grands passaient leur temps à se chamailler, tandis que les petites profitaient de la cour. Rozen passait son temps à harceler Aèla de questions sur Magnus. Anthelm, Servan et Céleste en bons collègues discutaient du boulot.



Cette fois-ci, sous l’insistance d’Aèla, encore, Tristan et Neeve se prêtèrent au jeu des photos. Bien que Neeve rechignait, Tristan l’entraina de force mais avec le sourire.



Aèla éloignée, Neeve soupira tout en la regardant rejoindre son père.

- J’en peux plus…
- De quoi aurais-tu honte, Neeve ? Demanda Tristan à son cousin sans quitter son sourire.
- De ma mère, ma famille…
- Arrête ! Tu as une super famille.
- Je sais mais parfois… Je me sens de trop, tu vois ?



- Neeve, tu es mon cousin et aussi mon meilleur ami… Si tu ne vas pas bien, dis le moi. Tristan le sentait fragile, prêt à commettre une bêtise.
- Ne me regarde pas comme ça, mec ! Franchement, tu me crois capable d’une telle connerie ?



Après réflexion, le fils d’Anthelm lui sourit et lui tendit les bras.

- Tu as raison… Mais tu sais que je suis là, quoiqu’il se passe.
- Je sais, souffla Neeve dans le coup de Tristan.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Lun 31 Mar - 8:32

Episode 14 : Voile blanc et robe noire



Spoiler:


La neige s’était bien installée, inscrivant l’hiver dans le paysage. Apaloossa n’avait jamais été aussi belle depuis l’arrivée d’Aèla. Cette saison était si particulière pour elle, si importante car elle marquait sa rencontre avec Servan.



Cet homme qui lui offrit de l’amour, de la tendresse, de l’affection et qui l’aida à concevoir quatre magnifiques enfants. Et comme chaque matin, Magnus aimait donner de la voix, trouvant ses parents trop lents pour s’occuper de lui.



Être mère était un travail à temps plein mais Aèla ne s’en plaignait guère car, si elle y rencontrait des difficultés et de l’épuisement, un simple sourire d’un de ses enfants suffisait à faire s’envoler le moindre doute, la moindre sensation de fatigue.



Les enfants s’épanouissaient doucement, au même rythme qu’un flocon de neige paisible que le vent aime parfois taquiner. Neeve progressait tranquillement vers l’âge adulte, voyant au fils des jours les responsabilités qu’il allait obtenir. Il n’en avait pas réellement peur, mais il appréhendait le moment. Comme tout adolescent, il se posait des questions : quel genre de vie voulait-il mener ? Quels étaient ses rêves et espoirs ? Mais pour le moment, il devait se concentrer sur le moment présent : les devoirs.



- Dis Neeve… Tu veux bien m’aider ?
- Débrouilles toi un peu ! Tu vas bientôt entrer au lycée, à toi de te débrouiller. Répliqua sèchement Neeve.
- Ne t’en prends pas à moi si t’arrives pas à faire tes exercices…

L’adolescent soupira tout en levant les yeux au ciel. Audaline était gentille mais parfois elle demeurait insupportable à toujours réclamer de l’attention.



La nuit venue – et elle venait rapidement en hiver- notre Neeve nationale ne supportant plus les cris de ses petites sœurs qui jouaient dans le salon, s’isola dans la cour, chaudement habillé. Il aimait parfois observer le ciel et ses constellations. La nuit était particulièrement jolie ce soir-là. Le ciel empruntait les couleurs d’une aurore boréales, mêlant l’émeraude au bleu profond de la nuit. La lune était immense. Il n’avait jamais prêté attention à la lune, à sa plus grande honte car, elle était sûrement une des plus belles choses que l’univers avait offertes à leur planète. Si simple, si ronde. Une merveille pâle et discrète que l’on a envie de choyer une fois que l’on a remarqué sa beauté.



Mais il y a d’autre merveille de la nature que la vie offrait ce soir-là. Magnus grandissait et sous l’œil aimant de sa mère.



Un autre bambin blond rejoignit la lignée des Vauganne. Emue et heureuse, Aèla laissa une petite larme couler le long de sa joue alors qu’elle baisait tendrement les joues rondelettes et moelleuse de son dernier-né.



- " Et le matin vient de se lever ! C’est l’heure de notre ami Ricoré ! "

Une petite voix fluette et suraigu résonné dans toute la maison encore endormie. Il y a certain matin où il était difficile de se mouvoir, de simplement ouvrir les yeux.



Mais pas Othilie. Cette enfant était toujours dynamique et chantante. Elle était le petit rayon de soleil de la maison. Alors qu’elle se laissait glisser le long de la rambarde, elle reprit sa petite chanson. Quand une porte claqua violement. Elle sursauta tout en atterrissant avec légèreté sur le sol. Le grognement qui sortait de cette chambre n’était autre que celui de Neeve, qui la foudroyait du regard. Taquine, elle osa le regarder, et cela attisa la colère de son aîné qui se mit à lui courir après dans toute la maison. Audaline assista au spectacle, les yeux encore collant, consternée.



Si pour certain le réveil était chantant, ou encore difficile, pour d’autre il était une occasion de jeu.



Bébé Magnus riait à gorge déployée sous les terribles chatouilles que sa mère lui infligeait. Mais si cette torture était douce, elle permettait de renforcer les liens. Tout comme la course poursuite d’Othilie qui riait elle aussi et Neeve qui pestait comme un mitron à qui on aurait voulait son pain.



En entendant ses aînés si vivant et joyeux, Aèla souriait. Que pouvait-elle demander de plus que l’amour de sa famille et la joie de ses enfants.



Le bus arriva rapidement. L’hiver et la neige étaient pourtant bien présents.



Il faisait si froid que les filles grelottaient dans le bus.



- Dites Madame, pourquoi on y va pas ? Demanda Othilie.
- On n’attend ton frère ?



- Apparemment, il a pas cours… lui… Dit Audaline.
- Ah oui ! Ils ont fermé l’école à cause de la neige.
- Alors pourquoi on doit y aller non ?
- Vous n’avez pas une sortie au musée de la ville d’à côté de prévu ? Questionna la chauffeuse de bus.

Cette nouvelle n’enthousiasma aussi bien Audaline qu’Othilie, qui regardaient avec envie leur aîné qui les narguait à travers la vitre.



Le bus se mis en branle et pris la route avec prudence, laissant derrière lui un Neeve plus que joyeux. Il nargua une dernière fois ses petites sœurs d’un signe de la main puis rentra dans la maison.



Mais sa joie fut de courte durée.



- "Tu n’as pas cours ? Chic ! Tu vas pouvoir réparer l’évier !" … Merci Maman ! Nan mais franchement…



- Magnus… Méfies toi de notre mère. Elle est vile et fourbe. La moindre occasion est bonne pour nous exploiter.
Le petit regarda son frère ne comprenant pas ce qu’il lui disait. Il préféra reporter son attention sur sa poupée.



Sa mère entra dans la cuisine, embrassa son bambin et entreprit de confectionner le repas. Elle pouvait entendre Neeve pester au moindre coup de balai.



- Mon grand… Et si tu arrêtais de râler un peu ?
- Mais M’man… Pour une fois que je suis à la maison, j’aurais bien aimé me reposer un peu.



- C’est vrai quoi ?! J’ai l’impression d’être le larbin de service. C’est pas l’argent qui manque ?! Pourquoi on n’embauche pas une femme de ménage. Je suis sûr qu’il y a plein de personne qui aimerait bosser.



Mais un bruit mât le coupa dans sa tirade argumentative. Il vit alors sa mère se précipiter dans l’entrée l’œil inquiet et terrifié. Il osa pencher la tête par-dessus l’évier et ce qu’il vit lui coupa le souffle.



Les chats miaulaient étrangement. Tyrinel lui restait statique, comme paralyser.



Mais ses miaulements étaient les plus terribles.



La mort arriva dans un épais nuage noir. Neeve se rappela ce que cela signifiait. Il se rappela sa grand-mère.

- Bon… Où est-ce que j’ai encore atterri ? Ne me dites pas…



Aèla pleurait, implorant la dame en noire de ne pas emporter son chat. Il était un des rares liens qu’elle avait avec Aloyse. Tirynel était parmi eux depuis tant d’années.



- Mais c’est quoi c’bazar ? C’est l’armée du salut pour chat ? Ouste sale bête, laissez-moi travailler en paix.



- Alors c’est pour toi que je suis ici… Hum, pauvre bête. Tu aurais pu vivre plus heureux loin de cette famille. Les Vauganne… Sale engeance qu’est cette descendance …



- Tu savais que cette infâme Aimée me nargue encore parmi les défunts ? Fit la mort en s’adressant au chat, chat qui lui répondit d’un simple miaulement. Tout à fait ! Mais à ce je vois, rajouta t’elle en regardant Aèla, c’est que les vivants sont de plus en plus trouillard et pleurnichards.



- Bon c’est pas le tout, j’ai d’autre chat à fouetter. Tyrinel, tu vois la belle souris ? Oui, ça c’est un bon chat-chat. Allez va chercher !



C’est ainsi que Tyrinel quitta la famille, emporté par la mort à l’humeur noire comme l’humour mortellement rasant.



- Noon ! Mon chat ! Pleurait sans cesse Aèla.



Neeve accourut sans attendre dans les bras de sa mère. Il aimait bien Tyrinel mais pas au point de lui arracher des larmes. Il se devait être fort, pour sa mère.



- Allez Maman… C’est dans l’ordre des choses. Il a bien vécu, tu sais ?
- Oui… mais…



Neeve avait raison. Ce chat était un battant. Il avait vécu longtemps et toujours était en pleine forme. Elle renifla une dernière fois et remercia son fils d’un léger baiser sur la joue.

- Tu ne manges pas Maman ?
- Plus tard, Neeve… Plus tard…



Chose qu’elle fit comme elle l’eut dit. Servan la trouva au-dessus de son assiette, murée dans le silence. Neeve l’avait prévenu du drame avec un sms.



Il connaissait sa femme, et savait qu’il valait mieux la laisser tranquille pour le moment.

- Magnus ?!
- Apa ?!!
- Alors on a été sage ?
- Us tou’our sage.
- Mais oui, mon bébé est toujours sage. Dit Servan en l’embrassant. Par contre, il va falloir revoir le langage.



Les filles étaient rentrées en même temps que leur père. Servan avait fait un détour lors de sa sortie de travail pour les ramener. Othilie enlaçait sa poupée tout en discutant avec sa sœur.

- J’aimais bien Tyri… Dit Audaline.



- Moi aussi, mais c’est comme ça. Un jour aussi on mourra.

L’aînée était un peu plus sensible que la benjamine. Elle s’occupait de Maya qui venait de perdre son compagnon.



- Tu es sûre d’être une enfant Othi ?
- Pourquoi tu dis ça ?
- Tu raisonnes pas comme une enfant.
- Peut-être ! Fit-elle en haussant les épaules. Mais je dis simplement les choses : la mort et la vie, c’est complémentaire.



- Possible, mais ça reste triste… Tu n’es pas triste ?
- Bien sûr que si ! Mais j’ai pas envie de pleurer. Ça me mènerait nulle part.



- Doucement sur la pédales.
- T’en fais pas M’man ! Je gère !



- Tu gères, tu gères… Tu ne gères rien du tout et tu restes prudent !
- T’es pas drôle Maman ! Ronchonna Neeve.
- Il faut rester concentrer pour conduire. La plupart des accidents se passent près de chez soi al…
- Alors je reste concentré, mais plaisanter n’est pas un signe de déconcentration. Maman, relax’ je te dis. Avec Papa, j’ai aucuns soucis et pourtant on écoute de la musique.

Aèla soupira. Son fils était une personne raisonnable mais il avait ses périodes rebelles et c’était souvent lorsqu’il était au volant à ses côtés. Elle avait peur, c’était certain, mais pas pour elle. Neeve fut son premier né, son premier bébé, son premier cadeau d’amour.



Et son deuxième cadeau d’amour allait enfin passer à l’âge supérieur. La gentille Audaline allait bientôt quitter ses tresses.



Et Aèla n’allait pas rater cela.



Un peu de magie, d’étincelle et de patience…



Pour laisser Othilie ravie et envieuse.



- Qu’est-ce qu’il y a Othi ? Qu’est-ce que tu regardes comme ça ?
- Tu es trop belle ‘Line !!

Cela arracha un petit sourire à la blonde. Elle se sentait bien, et les compliments de sa sœur lui mirent du baume au cœur. Si elle était belle, elle tenait peut être l’outil de sa vengeance…



- Tu peux me dire pourquoi sa braille à côté ? Se questionna Servan.
- C’est rien P’pa ! C’est juste Audaline qui grandit.
- Quoi ?!!

Servan lâcha Magnus qui retomba lourdement sur le sol, la couche amortissant la chute, afin d’aller voir sa fille.



Cela arracha un petit sourire à Neeve qui, trop affamé, préférait manger.



- Alors c’est ta chambre ?
- Oui ! Papa a enfin terminé la peinture !
- Elle est belle, Othilie.

La petite était fière de son nouveau fief, elle dépassa sa sœur et se glissa jusque dans son lit. Audaline lui avait promis de lui lire une histoire.



Othilie était en total admiration devant son aînée et n’arrivait pas à défaire son regard de cette dernière. Cela n’échappa à sa sœur qui lui sourit, ne sachant quoi faire d’autre.



- C’est une histoire simple. Sans chichis ni blabla. Ça t’intéresse ? La petite fit signe que oui. Alors… Il fut un temps où le monde n’était que poussière. Une étoile passait son temps à pleurer. Elle pleurait tant et si fort que de ses larmes naquit une boule bleue. Intriguée, l’étoile arrêta de pleurer.



- Cette sphère était étrange, car si on tendait l’oreille on pouvait entendre un doux son répétitif et serein, comparable aux vagues. C’est alors qu’elle eut l’idée de créer un monde où le jour brillerait sous un immense soleil, où les nuits seraient profondes et calme. Tout comme l’espace infini qu’elle habitait depuis tant de temps qu’elle en avait oublié le décompte.



- De ses mains, elle façonna la terre puis l’étala en s’amusant. Elle chantait lorsqu’elle érigea les montagnes et dansait lorsqu’elle planta les arbres. Mais ce monde était triste sans personne pour l’habiter, alors l’étoile décida qu’il serait bon d’y voir des êtres le peupler.



- Que vais-je bien pouvoir mettre ? Se dit l’étoile. Oh ! Je sais, je vais créer les Hommes ainsi ils pourront cultiver la terre, sentir le vent sur leur peau, voir la beauté de la nature… Mais l’Homme vécu différemment qu’elle le souhaita. Au départ, il aimait la nature et la terre qu’on lui offrit, mais les années passèrent, devenant des millénaires et l’Homme commença à détruire le cadeau de l’étoile…

Othilie était endormie depuis longtemps lorsqu’Audaline s’en aperçut. Cela lui arracha un léger sourire.



- Bonne nuit petite étoile. Vis toujours heureuse, loin des larmes. Reste ma petite Othilie à jamais.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Lun 31 Mar - 8:33

Episode 15 : Une journée en famille



Spoiler:


Le matin arriva rapidement, trop au goût d’Audaline qui avait passé une courte nuit, hanté par un quelconque rêve qui s’estompait au fur et à mesure que les secondes passaient.



Une chose était sûre, c’était que sa chambre la déprimait. Elle n’était plus une petite fille mais une demoiselle accomplie qui ne rêve plus de château et de prince. D’ailleurs, elle n’en avait jamais réellement rêvé mais elle aimait l’ambiance que cela créée.



Il y avait un goût de déjà vu, quand à cette scène. Mais à l’époque, elle devait courir, ses deux tresses volant au vent et le bambin que l’on bichonnait était un autre enfant de la tribu.

- Bonjour Maman !
- Coucou ma grande. Bien dormi ?



- Comme un loir ! Répondit Audaline alors qu’elle farfouillait dans le frigo. Mais j’ai encore une drôle de sensation… C’est comme si j’étais pas tout à fait éveillée…
- Tu as l’impression de rêver encore ?



- Oui… C’est désagréable. Dit-elle en déposant son bol sur la table. Oh ! Bonjour Papa !
- Salut ma grande ! Dit-il en lui baisant le front. Tu te souviens de ce rêve ?
- Non, pas vraiment… et plus le temps passe, moins je m’en rappelle.



- C’est qu’il n’était pas important. Il était juste là pour te divertir. Répondit Aèla, une fois qu’elle eut rejoint sa fille.
- Sûrement. Répondit Audaline entre deux bouchées. Mais il m’avait l’air si agréable ce rêve tu sais ?



- Ce sont souvent ces rêves-là qui disparaissent… Mais tu sais ce que l’on dit ? Fit sa mère sur le ton de la confidence. Que ces rêves sont prémonitoires et que, par conséquence, notre inconscient fait tout pour les effacer.
- Tu n’es pas sérieuse Maman ?!
- Oh que si ?!
- Et si on rêve de magie et de Dragon, tu vas me dire qu’ils se réalisent ?

Cette réplique laissa Aèla muette comme une carpe, la bouche ouverte et le doigt levé. Elle n’avait rien pour lutter contre cet argument. Cela arracha un rire à Servan qui fut rapidement rejoint par Audaline. Un peu vexée, la mère se ferma et bouda tout en mâchant ses céréales.



Après le petit-déjeuner, Audaline s’occupa de Magnus. Le petit était agréable à babiller sans cesse, chantant presque. Neeve ne l’entendait pas cette oreille-là.

- Magnus, tais-toi un peu…
- Laisses le tranquille, Neeve. Un bébé ca a besoin de s’exprimer !
- Tu parles ! Plus ça grandit, plus ça doit s’exprimer. Regardes toi !

Audaline se retourna vivement et foudroya du regard son aîné, mais Neeve était déjà passé à autre chose et luttait fermement contre sa mère qui voulait lui donner un baiser.



Cela fit sourire la demoiselle qui reporta son attention sur Magnus.

- Alors Bébé Magnus ? Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? Embêté Maman ?
- Audaline ! Je t’entends ! Ne vas pas apprendre des bêtises à ton petit frère. Répliqua sa mère.
- Dis Maman ?
- Hum ? Répondit-elle alors qu’elle lavait les bols.
- Et si on allait au parc aujourd’hui ? Après tout c’est férié.
- Qu’elle bonne idée ! Une sortie en famille, ça faisait si longtemps !



Et ils le firent. Ils se retrouvèrent sous la neige de l’hiver, enchantant le cœur de Magnus qui s’amusait à attraper les flocons avec ses mains gantées.



Les filles prirent d’assaut la patinoire. Elles adoraient ça toutes les deux, passant leur temps libre à patiner sur le coin d’eau gelée de la demeure.



Servan n’était pas loin, veillant au grain. Il n’était pas très à l’aise contrairement à elle.



- Fais attention ! Lui ordonna-t-il.
- Ca va aller Papa ! Je gère !
- Et tu géras aussi si tu te casses une jambe ?

Elle le regarda avec un grand sourire avant de lui tirer la langue et repartir de plus belle.



Neeve pencha pour un sport un peu plus extrême et s’amusait en défiant les lois de la pesanteur. Il n’avait jamais réellement surfé, mais il s’éclatait, comme pouvait attester ses cris.



Ils retrouvèrent Tristan, par hasard. L’adolescent ne reconnut pas Audaline. Elle avait bien changé et de ce fait, ne pouvait s’empêcher de la dévisager.



- Franchement… Vous, les filles, vous changez trop facilement de visage !
- Que veux-tu ? La nature nous aime ! Lui sourit-elle.



Mais à trop chahuter, les deux cousins perdirent l’équilibre.



- Aïe, aïe… Ca va Audaline ?

Il n’eut comme réponse qu’un simple gémissement.



- C’est la honte. Se plaignit-elle.
- Bah, tu en verras d’autre !
- Sûrement pas ! Et puis, ça fait quand même mal, la glace…
- Je croyais que la nature vous aimer, vous les filles ? Taquina Trsitan.



Les heures passantes, Aèla décida qu’il était temps de rentrer. Tout du moins, pour elle et Magnus.

- Servan ?!
- Oui ?
- Je vais rentrer ! Le petit est frigorifié !
- Je n’entends rien ! J’arrive.



- Je disais qu’il était temps de rentrer. Magnus à froid et moi je suis fatiguée.
- D’accord, laisses moi le temps de réunir les filles et Neeve et…
- Non, je ne veux pas priver les filles de leur plaisir. La maison n’est pas loin, je peux rentrer seule.



- D’accord ma Chérie. Mais fais attention d’accord ?
- Bien sûr, dit-elle avec un sourire. Je t’aime. Conclut-elle en lui donnant un baiser.

Il regarda sa femme s’éloigner le sourire aux lèvres. S’il avait un jour imaginé sa vie, il n’aurait jamais imaginé qu’elle serait ainsi : parfaite. Sa femme l’aimait, il l’aimait, ses enfants étaient heureux et aimant. Lui, l’orphelin du futur avait enfin trouvé sa place.



Le temps fila à une vitesse folle, embarquant Servan dans son sillage. L’adulte était rentré depuis longtemps avec Othilie, laissant les adolescents au parc. Neeve croisa une vieille connaissance, leur cousine éloignée Lysa – La fille de Delphine- enceinte jusqu’au cou. Neeve était fasciné par la maternité, même s’il n’en disait rien à sa famille.



- C’est pour bientôt j’imagine ?
- Et oui, et il serait temps. Le petit pèse une tonne !
- Tu connais le sexe ?
- Non, on tient à garder la surprise.

Il profita de l’occasion pour prendre des nouvelles de la famille. Lysa lui raconta qu’Alfonzo, son frère, était père également d’un petit Rufus. Leur cousine Khadijah était à son deuxième enfant, prénommé Tibor. Bernadin –Petit fils d’Elias- venait d’avoir une petite fille nommée Sergia. Que Joëlle –fille d’Antoinette- était l’heureuse mère d’un petit Erwin. La famille s’agrandissait a vu d’œil. Mais s’il y a des naissances, il y a également des séparations. Bleuenn venait de quitter son mari et vivait avec un nouveau comagnon Jackie Fox à qui elle venait d’offrir une petite fille Délilah. Elle n’était pas la seule dans ce cas-là, les descendants de Corèus étaient un réel bazar concernant la famille.



Et si la joie était parmi eux, il y a toujours une note noire pour tâchée la partition. Un soir, la petite Maya s’en alla à son tour.



Elle rencontra la mort de nouveau, mais cette fois-ci, la dame en noire était là pour elle.



La chatte se laissa guider sans un mot, appâtée par ce jouet que brandissait la mort à la place de la faux.



Cela pouvait consoler la famille. La mort semblait parfois cruelle, mais avec les animaux, elle demeurait d’une patience infinie et douce, contrairement aux humains qu’elle fauchait à l’aide de sa faux. Les outils étaient différents et la méthode également, à croire que cette dame avait finalement un cœur.
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Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Sam 12 Avr - 17:02

Episode 16 : Un jour comme un autre


Spoiler:


On chantonnait un air entraînant et légèrement nasillard.



La belle Audaline aimait s’apprêter de bon matin tout en chantonnant devant son miroir.



Comme toutes adolescentes, elle découvrait ses nouveaux traits et était fascinée par cette nouvelle apparence. Et surtout elle ne se lassait pas de se regarder.



Même si parfois, de mauvaises surprises se glissaient sur sa peau.



Pour d’autre, la vie était loin d’être facile. Surtout de bon matin.



Et un simple brossage de dent était un tel supplice, un effort surhumain.



Pour d’autre, la vie était depuis longtemps éteinte et l’errance était un vrai bonheur lorsqu’on pouvait admirer sa descendance.



Et Aloyse adorait observer les enfants dans leur sommeil. Ou alors elle aimait profiter du fauteuil. Allez savoir…



L’heure arriva rapidement. Quelle heure ? Celle des obligations. Neeve, Audaline et Othilie s’empressèrent de rejoindre le bus tandis que Servan baillait en montant dans la voiture.



Et cela laissa seule Aèla et son fils Magnus. Le petit dormait encore. La nuit fut difficile et Aèla se traînait.



Ereintée, elle aussi, elle soupira en voyant l’état de son jardin. Elle qui aimait se ressourcer adolescente, elle avait abandonné l’idée d’un potager lorsqu’elle commença sa vie d’adulte. Mais un pommier résista toutes ses années et cela lui mis du baume au cœur.



- Maaaammaaaannn !!!

Cela résonna dans toute la maison. Si les murs avaient des oreilles, ils seraient les premiers à se les boucher.



Mais il y en a une que ça ne gênait guère. Notre Léviotha se toilettait tout en lançant un regard vide sur Magnus.



Chose qui ne plut au bambin qui faisait la moue.



Le soir arriva rapidement. Alors qu’Audaline terminait ses devoirs, les hommes de la maison entreprirent de se restaurer.

- Franchement Neeve…
- Quoi encore ?!
- Tu pourrais te nourrir plus sainement.



- e t’en pose des questions ? Est-ce que je te dis quelque chose sur ton maquillage ? Non. Alors laisses moi tranquille et retourne à tes devoirs ?
- ’es pas drôle Neeve… Moi je disais ça pour toi. Audaline retenait ses sanglots.



- Neeve, qu’est-ce que tu as en ce moment ?
- Je vois pas de quoi tu parles P’pa…
- Si, tu le sais très bien. Tu es acerbe, tu t’en prends à tes sœurs et tu desserres rarement les dents.

L’adolescent haussa les épaules et plongea son regard dans sa glace. Servan et Audaline se regardèrent, impuissant.



Si Neeve était morose, la petite Othilie bataillait avec ses leçons.



- Je te jure Maman ! C’est pas bon !



- Je dois être rouillée, mais je comprends rien à ton exercice ma chérie…
- Ça se voit, Maman...

Cela fit pouffer Aèla, rapidement rejoint par Othilie. Aèla répondait à côté à chaque question.



Une autre matinée. Audaline avait pris le temps de se laver et de s’habiller, trainant les pieds comme à son habitude.



Une fois son bol de céréales englouti, l’adolescente entreprit d’aider dans la maison. Et pour se faire, elle entama la corvée en vidant le pot de son petit frère.



- Comment un si petit truc peu puer autant ?!



Othilie profitait de ce samedi pour aller chez un ami.



Amin était un garçon amusant et vivant. Othilie aimait beaucoup ça en lui. Elle était même secrètement amoureuse de lui. Alors, lorsqu’il l’invita chez lui, la petite tanna ses parents des heures durant, les obligeants à accepter.



Un soir, alors que tout le monde dormait, Aèla et Servan profitait d’un moment à deux.

- Le petit dort enfin ?
- Magnus est un peu perturbé en ce moment. Dit la femme.



Elle se cala cotre son mari qui l’entoura de son bras.

- Ce n’est pas grave, ma Chérie.
- Je sais, mais ça ne m’empêche pas d’être inquiète.



- Je connais un bon moyen pour oublier tout ça, ma belle. Dit Servan, enjôleur.

Cela arracha un petit rire de sa femme qui sans se faire prier le laissa l’embrasser.



Ils jouèrent un long moment sous la couette, s’aimant comme au début, oubliant le poids de l’âge et les soucis des années, leur cœur et leur corps se réclamant l’un l’autre.



- Merci mon amour.
- De quoi ? Demanda Servan ensommeillé.
- Pour tout… De m’aimer. Pour m’avoir offert de telles merveilles.



Il lui prit la main et la regarda amoureusement.

- Il n’y a rien à remercier, mon cœur. Tu es pour moi le beau des présents. Tu es comme un coffre empli de pierre précieuse, qui sans cesse m’offre d’autres merveilles.
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