La Lignée des Vauganne

Page 13 sur 15 Précédent  1 ... 8 ... 12, 13, 14, 15  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Mar 8 Juil - 9:52

Episode 10 : Souffler comme un grand



Spoiler:


- Elouan, on ne peut pas rester ici indéfiniment.
- Mais c’est toi qui as insisté pour rester ! Protesta le jeune homme.
- Je sais ! Mais… Je ne me sens plus à ma place.

Elouan la fixa longuement. Sa femme était sérieuse, et le regard triste qui émanait de ses yeux déchira le cœur du jeune homme. Maélia adorait Ambrine et toute sa petite tribu. Elle était comme une sœur pour elle, mais il fallait se rendre à l’évidence : c’était leur foyer, pas le sien.



Elouan soupira. Le rêve de Maélia ne risquait pas de se réaliser s’ils restaient indéfiniment ici.
- D’accord… J’en parlerai à Ambrine.
- Crois-moi, mon Chéri, je suis triste de devoir partir également…

Elouan caressa la joue humide de son épouse avant de l’embrasser tendrement.  


Lawrence était déjà levé, lui qui aimait traîner au lit, il voyait ses habitudes être chamboulées, et radicalement. Il berça une dernière fois son fils Willheim avant de le reposer dans son berceau. Les enfants étaient calmes et agréables. Ils faisaient leur nuit et étaient câlins.



Le musicien ne se serait jamais douté être aussi épanoui dans la paternité. A vrai dire, même s’il souhaitait ardemment avoir des enfants, il appréhendait l’éducation. Et en affronter quatre d’un coup… Cela relevait du défi, purement et simplement.

A peine relevé, il entendit la petite Anaïs chouiner. Il soupira, non pas agacé, mais amusé. C’était toujours ainsi. Une véritable course de relais. En parlant de relayeur, où était donc la mère ?



Et bien, elle dormait, tout simplement. Ambrine était épuisée. Elle se remettait lentement de son accouchement. Et sus, elle s’occupait des petits toute la journée, comme Lawrence travaillait. A peine posée dans un fauteuil qu’un des petits pleurait ou réclamait de l’attention. Elle pouvait compter sur Maélia ou Elouan, mais c’était son rôle de mère et souhaitait le moins possible solliciter leur aide.



Le lendemain, alors qu’Ambrine déjeunait, Aldrick arriva dans la cuisine en courant. Il surprit la demoiselle car elle ne s’attendait pas à le voir si tôt. Elle se leva donc et étreignit son oncle. Le vieil homme était si heureux de la voir qu’elle manque de s’étouffer.

- Doucement… Suffoqua-t-elle.
- Aha ! Pardon mon Ambrine.



- Je suis venue voir ta portée !
- Dis comme ça, c’est pas flatteur, Aldrick… Bougonna la belle.
- Je te taquine ! Montre-moi tes merveilles !

Elle l’emmena alors dans la chambre des enfants où Lawrence était en train de s’occuper d’eux. Aldrick, d’une réconfortante, serra l’épaule du jeune homme. Il semblait prêt à s’effondrer.

- Va te reposer, mon gars. On prend le relai.
- On ?
- Mathis arrive, il gare la voiture.



A la fin de la matinée, Aldrick et Mathis profitaient un moment de répit pour se prendre du bon temps. Aldrick jouait avec plaisir de la batterie. Il y avait en lui une âme de musicien. Il n’était pas particulièrement doué, mais cela lui rappelait son enfance lorsqu’il jouait avec son père, Wyatt.



Ambrine nourrissait Eudes, tout en jouant avec lui, lorsqu’elle entendit toquer à la porte. Elle permit d’entreret Elouan franchit le seuil de la porte, un peu intimidé. Il n’était pas dans ses habitudes d’être renfermé ou apeuré, mais ce qu’il s’apprêtait à dire était loin de l’enchanter.

- Coucou ! Fit Ambrine toute joyeuse. Tu viens aux nouvelles ?
- Ambrine, il faut qu’on parle.
- Ah ?



Cette phrase n’était jamais annonciatrice de bonne nouvelle. Elle ne se retourna pas. Peut-être était-ce plus simple pour son cousin de s’exprimer si elle ne posait ses yeux sur lui ?
- Et de quoi veux-tu parler ?
- Ambrine, tu le sais très bien…

Bien sûr qu’elle le savait, mais il fallait qu’il le dise de lui-même. Lui faciliter les choses lui laisserait un goût amer de regret.

- Avec Maélia, on ne peut pas rester comme on te l’a promis.



- Je sais… Je ne vais pas dire que ça me réjouit, mais c’est la vie. Dit simplement Ambrine après avoir reposé le bébé dans son berceau.
- Tu ne m’en veux pas ?
- Elouan ! Elle se jeta dans ses bras. Comment pourrais-je ? Tu es marié, c’est normal de vouloir avoir ton propre foyer.
- Surtout que la maison est terminée depuis longtemps…Souffla t’il.
- Exactement.



- Tu es si gentille Ambrine.
- Non, Elouan, c’est tout à fait normal. Je n’ai pas à te retenir ici. Va donc faire plein de bébé à Maélia, elle n’attend que ça !
- Tu sais que dis comme ça c’est…

Le rouge teinta les joues d’Ambrine qui, sous les rires d’Elouan, lui donna une tape sur l’épaule. Elle allait le regretter, ces quelques mois passés ensemble lui laisseront de bon souvenir.



Cela avait beau être le début de l’automne, le temps était assez clément pour permettre à Lawrence de sortir sans trop se couvrir. Les enfants dormaient depuis peu, laissant un temps de répit à leur père. Falère réclama alors son attention en posant sa tête sur les genoux de son maître alors que celui-ci venait tout juste de s’installer dans le canapé, en lâchant un long soupir. Lawrence céda alors à ses exigences, ressentant l’envie lui aussi de profiter de l’air pur.



Falère était une chienne dynamique et sage cependant cela ne l’empêchait guère de s’ébrouer et de jouer comme un chiot. Elle adorait rapporter le bâton. Lawrence s’amusait donc avec elle. L’animal lui rapporta de nouveau le bout de bois, la queue battante.

- Tu aurais peut-être préféré jouer avec ta maitresse. Lui dit-il.

Falère lui répondit par un léger aboiement puis tourna sur elle-même. Mais Ambrine n’était pas là. Elle avait besoin de prendre l’air elle aussi, de temps à autre, et depuis son accouchement, elle n’était sortie de chez eux.



Lawrence dut la forcer à prendre le large, ne serait-ce qu’une heure, car l’enfermement la rendait déprimée et totalement sans vie. Son cousin lui manquait également, alors, dans le dos de sa fiancée, Lawrence avait pris contact avec Elouan et lui avait demandé d’inviter Ambrine.
Elouan le fit alors, dans la minute, Ambrine était heureuse de son appel mais se sentait déchirée entre son devoir de mère et son envie de le voir son cousin.




Elouan sut trouver les mots car la demoiselle se changea et prit la direction de la maison de son cousin. Elle n’était pas loin donc elle y alla à pied. Elle se rendit compte, une fois dans la rue, que le vent sur son visage lui avait cruellement manqué. Cela lui donnait envie de reprendre le footing. Elle rejoignit donc Elouan qui l’attendait de pied ferme dans sa cour.

- Ah te voilà ! S’exclame ce dernier en l’enlaçant. Tu sais, si tu n’étais pas venue, je serais venu te chercher par la peau des fesses ?

Cette fausse menace fit sourire Ambrine, car d’une certaine façon il était sérieux, mais trop « amoureux » pour la mettre en pratique.



- Tu as une mine affreuse. Remarqua-t-il.
- Merci, ça fait toujours plaisir… S’indigna la belle.
- Faut dire ce qui est, Ambrine. Tu dois prendre soin de toi !
- Mes bébés avant tout.

Elouan soupira. Sa cousine était en train de se tuer à petit feu. Quelle folie de vouloir élever quatre enfants à la fois. Ils avaient déjà eu cette discussion, hélas Ambrine eut raison : ils étaient désormais présent sur cette terre. Elle ne pouvait ni les abandonner, ni les donner, et encore moins les tuer. De toute façon, c’était inimaginable … Inconcevable même !



Plus tard, Ambrine entra dans la demeure et trouva Maélia dans la cuisine. La brune ne l’avait entendu entrer. Ambrine fut donc surprise de la trouver avec une mine inquiète et désemparée.

- Maélia ?

La brune sursauta en entendit la voix d’Ambrine. Elle venait d’être coupée de ses pensées. Elle secoua la tête et sourit enfin à la nouvelle venue.

- Tu vas bien ? S’enquit-elle.
- Moi oui… Mais toi, ça ne semble pas. Remarqua Ambrine. Tu veux en parler ?



La femme d’Elouan soupira puis se massa la nuque, afin de se donner contenance et courage.

- Ce n’est pas si grave, mais… Je sais pas. Avec Elouan, on n’arrive pas à concevoir.
- Je vois… Dit faiblement l’invitée. Vous avez consulté ?
- Oui, oui… Selon les analyses, il n’y a aucun soucis mais…
- Mais comme ça ne vient pas, tu ne peux pas t’empêcher de t’inquiéter.

La brune lui fit signe que oui. Son expression était empreinte d’une si profonde tristesse qu’Ambrine sentit son cœur se fendre. Elle avait eu une grande famille sans pour autant souhaiter ardemment des enfants, et Maélia qui aime tant les bébés n’arrivait pas à créer sa propre famille avec l’homme qu’elle aimait.

Elles passèrent un long moment à discuter entre elle. Ambrine accéda à son envie de changer de sujet. Elles ne pouvaient révolutionner le monde en parlant. Maélia devait laisser le temps au temps.



- Ainsi donc notre bon Elouan se sent la fibre paternelle ?

Lawrence avait dit cela de façon légère lorsqu’Ambrine rentra, elle lui raconta les soucis que rencontrait le couple. Le jeune papa ne voulait pas s’appesantir la dessus. Il ne pouvait rien y faire, et tenter de le faire comprendre à sa belle qui, d’une âme charitable, se serait voulu d’avoir eu des enfants.



- Espèce d’idiot ! Rit elle. Dis, dis, dis !! S’exclama-t-elle en sautant sur place. Tout est prêt ?
- Bien sûr, lui sourit-il. Comment pourrais-je ignorer un jour si important.

Elle lui sourit et l’embrassa avec passion. Ce soir était un grand soir, leurs enfants fêtaient leur premier anniversaire.

- Tu veux pas qu’on appelle tout le monde ?
- Non….
Ambrine ne souhaita
it pas la présence de sa famille pour cet évènement, trouvant les enfants bien trop jeunes pour se souvenir de cette fête. Et puis, elle préférait partager ce moment unique avec le père de ses enfants. Lawrence lui sourit et ils décidèrent de chercher le premier d’entre eux.



Les chants et les souhaits de bon anniversaire plurent toute la soirée, s’étendant dans la nuit. Quatre anniversaires d’un coup était longs à mettre en place, et les gâteaux défilèrent toute la soirée. En voyant cela, Ambrine avait tout d’abord protesté.

- Ils seront bien content en revoyant les photos de voir qu’ils avaient chacun leur gâteau. Avait-il répliqué.

Elle ne pouvait concéder sur ce point. Se succédèrent ainsi Taliesin, Willheim, Eudes et Anaïs.



Afin d’immortaliser cette avancée dans la vie, la petite famille décida de prendre quelques photos. Ambrine tenait dans ses bras Eudes, Taliesin dans les bras de son père, tandis que Willheim subissait les assauts d’affection de sa sœur Anaïs.



Eudes et Willheim avait pris les traits de leur grand-mère Aveline : brun aux yeux marrons. Eudes était un enfant calme et affectueux alors que Willheim était un taquin de première qui aimait faire rire.



Taliesin était étrange, toujours à ramper après Falère et surtout à ne réclamer que son père. Cela touchait énormément Ambrine mais elle ne pouvait acheter l’affection de son fils. Elle était très heureuse de voir qu’il s’épanouissait malgré tout.



Le petit Willheim était le chouchou de sa sœur. Anaïs était adorable a toujours sourire. Calme et patiente, elle aussi, mais têtue, elle parvenait à faire ce qu’elle voulait de ses trois frères. Cela amusait énormément ses parents, car la petite blonde à la bouille d’ange se révélait être  un petit diable.



La maison était plus vivante que jamais. Cela grouillait dans tous les sens, chantait, jouait et parfois même pleurait. Mais Ambrine était si heureuse. Elle ne s’était jamais imaginé maman. Elle avait alors éprouvé divers sentiments comme la peur, le choix, l’incertitude. Le tout exacerbé par le manque de sommeil.



Elever quatre enfants relevait du défi mais Ambrine adorait cela. Cette petite adrénaline qui vous fait vous sentir vivant. Et puis, ses enfants étaient un puits inépuisable d’amour et de sourire. Aucun d’eux n’étaient capricieux, tous obéissant et affectueux. Elle n’aurait pu rêver de meilleurs enfants.



Mais comme tout enfant, ils perdaient parfois patience. S’il y en avait un qui se mettait facilement en colère, c’était Taliesin. Naître en même temps ne signifiait pas forcément même caractère. Cela faisait sourire Ambrine à chaque colère que le petit piquer, redoublant sa fureur, car les prétextes étaient souvent futiles. En même temps, ce n’était qu’un enfant, ce ne le rendait que plus attendrissant encore.



Le plus calme de tous était Eudes. Il ne parlait pas encore, mais ses babillages étaient inexistants. Inquiet ses parents l’avaient alors mené à l’hôpital, mais on les rassura. Eudes était très épanoui, mais l’évolution d’un enfant était différente selon l’individu. Qu’Eudes prenait son temps n’avait rien d’inquiétant et surtout aucunement un signe de faiblesse de ses parents.



Et lorsque venait l’heure du couché, il fallait conjuguer entre les différentes personnalités. Apprendre à les amadouer, lire un livre qui plaisait au plus grand nombre, satisfaire tout le monde était une épreuve quotidienne. Mais Ambrine savait qu’elle pouvait compter sur Lawrence. Il avait beau travailler très dur au théâtre de la ville, il prenait son rôle de père au sérieux.



Il la soutenait, la contredisait bien des fois sur sa façon d’éduquer leurs enfants. Elle était heureuse de l’avoir dans sa vie, bien plus qu’avant. Il était patient, maître de ses émotions et chacun des enfants adoraient leur Papa. En voyant la complicité qu’ils entretenaient avec lui, le belle était un peu envieuse, voire carrément jalouse.



Mais c’était là une des nombreuses concessions qu’une mère devait faire pour ses enfants : partager l’homme qu’elle aimait. Elle en était heureuse, ce n’était pas un fardeau. Elle espérait donc que cela ne change jamais. Cette vie était parfaite.



Mais il y avait des choses contre lesquelles on ne pouvait lutter. Comme la maladie et la mort. Ce coup de fil fut destructeur. Jamais elle n’aurait pensé à une fin si difficile pour cet être si cher à son cœur. Adélaïde… Cette si bonne Adélaïde venait d’apprendre qu’elle ne passerait pas la semaine. Elle avait contracté une terrible maladie. Elouan en était écroulé. Ambrine soupira avant de pleurer. Elle n’arrivait pas à se défaire de ses souvenirs de sa propre mère. Pourquoi, alors que l’on touchait presque le bonheur du doigts, quelque chose venait subitement tout faire s’écrouler ?
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Shloupi le Mar 8 Juil - 23:58

Naaaaan, trop triste cette fin d'épisode T-T Les générations passent à une vitesse ! Pauvre Adélaïde...

Sinon, je tiens à dire que je suis ayant choqué que le reste des gens ici par les quadruplés XD C'est le record du legacy \o/

Bref, ça faisait un bout que j'avais pas commenté et voilà, c'est trèèèès constructif Viiite ! La suiiiite !
avatar
Shloupi
Architecte de l'Atlantide

Messages : 448
Date d'inscription : 03/01/2014
Age : 24
Localisation : Orléans

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Mione le Mer 9 Juil - 0:35

Owiiii les quadruplés ! Ils sont tellement trop mignon :3 Will et Anaïs sont mes préféré ! Enfin des prénoms que je peux américanisés ! *fuit très très vite*

Je suis triste pour Elouan et sa femme, ils méritent plein de bébés ! Et la pauvre Adélaïde :(

Le temps passe si vite...
avatar
Mione
Déesse de la mer

Messages : 1665
Date d'inscription : 19/12/2013
Age : 22

Voir le profil de l'utilisateur http://simplicity.forum-pro.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Mer 9 Juil - 7:25

Shloupi : J'espère ne pas l'égaler de nouveau ou le surpasser...

Mione : Prononce Willheim autrement que Wiil-h-ei-meuh... Et tu vas voir !! Et Anaïs, ca reste Anaïs >.<

Courte suite qui arrive mais nécessaire !
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Mer 9 Juil - 7:31

Episode 11 : Ce train-train destructeur



Spoiler:


Le temps a passé, et nous avons dû faire quelques travaux dans la maison. Nos revenus n’étant des plus haut, nous avons sacrifiés l’étage pour ne vivre que sur du plein pied. J’aimais beaucoup notre ancienne maison, mais il fallait être réaliste, nos enfants avaient besoin d’espace.



Mon petit potager s’est retrouvé à l’extérieur, puisque que ma serre est devenue une petite pièce à vivre, afin que nous puissions nous détendre, loin des enfants.



Nous avons aménagé un peu le jardin avec ce semblant de terrasse pour l’été.



L’entrée se fait désormais dans notre ancienne véranda.



La première chose que l’on voit, lorsqu’on pose un pied à l’intérieur, c’est ce petit coin lecture. Pour le moment, avec les enfants la maison est peu souvent rangée.



Mais on peut dire que cela met de la vie entre nos murs. Toujours à chanter, babiller, jouer. Aah mes enfants que j’adore !



Notre cuisine. Conçue sur un modèle similaire à l’ancienne, nous avons même prévue une plus grande table.



Le salon. Il ne nous sert pas à grand-chose. La télé reste tout le temps éteinte. Que voulez-vous, nous donnons priorité aux priorités.



Une petite vue rapide dans notre chambre.



Pour accéder à la chambre des petits, il faut emprunter l’entée. Nous avons prévu une autre pièce, qui restera vide, jusqu’à ce qu’Anaïs soit en âge de dormir seule.



Voici donc l’entrée de la nursery.



Les quatre berceaux qui se suivent. A chacun sa couleur, d’ailleurs.



Et leur coin pot. Il faut s’armer plus que de patience et de courage avec quatre loustics dans leur genre.



D’ailleurs, Anaïs est la moins difficile pour ce genre d’apprentissage. Notre petite reste sage à longueur de journée, et toujours souriante. A croire que son plus grand bonheur est de nous faire plaisir.



Taliesin reste un ange à part. Ses sourires sont rares mais d’autant plus précieux. Notre enfant est spécial, nous le ressentons au plus profond de nous mais il reste notre enfant.



Mais j’ai beau feindre la bonne humeur, notre vie est ponctuée de décès. Elouan est désormais orphelin. Iorhaël n’avait pas survécu au chagrin. La perte si rapide d’Adélaïde fut un coup dur, bien trop dur pour cet époux aimait et dépendant de sa femme. Avec Elouan, nous avons eu beau passer tous les jours, rien n’y avait fait.



Mais si seulement, il n’y avait que cela. Je ne trouve plus de sens à ma vie. Elle est comme insipide, fade et sans saveur. Toujours la même rengaine, le même train-train : Biberon, pot et jeu. J’adore mes enfants, n’en doutez pas, mais j’ai besoin de vivre ma vie de jeune adulte. Il était trop tôt pour que je sois mère. Avec Lawrence, nous n’avons pu nous marier.



Mais mon Lawrence avait assez de patience pour deux. Il n’arrêtait de me répéter que le mariage n’était qu’un acte officiel. Pour lui, nous étions déjà unis pour l’éternité. Aah, ce qu’il pouvait être romantique et rêveur. Pourtant, c’était moi la rêveuse dans notre couple. A croire que le poids des responsabilités me faisait perdre ma candeur et mon innocence



S’il y en avait une d’insouciante, c’était bien Falère. Parfois, j’aimerais qu’on échange nos places, ne serait-ce qu’une journée. Une vie de chien, n’est-ce pas ?



Je crois que si j’arrive à tenir bon dans tout cela, c’est grâce à ma Falère. Elle est mon petit rayon de soleil. Ses yeux bleu me sondent et me rappellent sans cesse mes devoirs et mes responsabilités envers mes enfants.



Ma belle Falère, source de ma paix intérieure et de mon équilibre mental. Je sais qu’elle manque cruellement d’attention et qu’elle s’ennuie. Un jour, je lui offrirais un compagnon.



Mais pour l’heure, elle doit se contenter de mes enfants. Elle est curieuse de ces petits bouts d’homme qui babillent et qui lui tire les poils. J’ai souvent peur qu’elle réagisse violemment, mais notre Falère est une chienne douce et calme. A croire qu’elle sait qu’elle est confrontée à des enfants.



L’apprentissage se fait en douceur. Chaque jours, un peu est fait, allant jusqu’à l’acquisition complète. Je sais que c’est une photo assez intimiste, mais je ne peux résister à ces bouilles. Il ne manque que Taliesin pour compléter ce tableau si parfait.



Le temps passant, j’ai repris enfin le travail. Une coupure bienvenue. Mais laisser mes bébés à une étrangère m’est difficile.



Ah ? Non, ce n’est pas lui, ma nourrice ! Vu sa dégaine, je ne l’aurai jamais engagé !



Non, ma nourrice est cette jeune fille qui s’occupe avec bravoure de mes bébés. Mais la pauvre n’est pas formée pour parer contre les intrusions et les vols.



Alors c’est à moi de m’en charger. Vu mes expériences passées avec la lie de l’humanité, je peux facilement me défaire de ces vauriens sans scrupules qui viennent se sustenter du dur labeur des autres.



Et encore une victoire pour moi ! A croire que j’aurais pu entrer dans les Forces de l’Ordre. Cette police, quel que soit la ville, était incompétente.

- Vous êtes tarée, ma parole !
- Je suis une mère de quatre enfants, sportive haut niveau et justicière. Mon nom est Ambrine Vauganne !
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Mione le Mer 9 Juil - 7:40

Pauvre Ambrine ! Tant de questions pour si peu de réponses... quatre enfants c'est pas facile, on a plus de vie, mais pour un moment seulement, lorsqu'ils seront plus grand elle sera libre et pourra prendre du temps pour elle. Elle reste magnifique au passage :3
avatar
Mione
Déesse de la mer

Messages : 1665
Date d'inscription : 19/12/2013
Age : 22

Voir le profil de l'utilisateur http://simplicity.forum-pro.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Moinonyme le Mer 9 Juil - 10:14

Haha, Ambrine la justicière ! C'est génial
J'adore la photo des enfants sur le pot, la tête d'Anaïs est juste épique XD

_____________________________________________
Vous aimez les Légacy ?
Vous aimez l'humour un peu pourri ?
Hé, Megane ! Tais-toi !
Megane: C'est une signature, hein. Raconte pas trop ta vie.
Breeef... Retrouvez Megane Cavanaugh dans son Légacy ! C'est par ici que ça se passe ! Et on en est déjà à la génération 4 !
avatar
Moinonyme
Descendance royale

Messages : 1021
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 21
Localisation : Devant mon assiette de la cantine de l'asile.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Shloupi le Mer 9 Juil - 21:01

Haha, Ambrine est quand même une femme forte, parce que malgré tout elle tient bien le coup ^^ Elle tient de sa mère pour sûr ! Mais j'espère qu'un jour un petit quelque chose lui fera regagner cet espoir de vivre qui la tenait si bien...

PS: Une reconversion dans les forces de l'ordre ? Je l'imagine bien en justicière (même si le costume est risible XD)
avatar
Shloupi
Architecte de l'Atlantide

Messages : 448
Date d'inscription : 03/01/2014
Age : 24
Localisation : Orléans

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Ven 11 Juil - 9:49

Mione : Et oui, lorsqu'on est débordé par la vie, on sait plus où l'on doit aller ^^'

Moinonyme :
Comme tu dis ! Ambrine n'arrête pas de défaire les voleurs depuis son adolescence XD A croire qu'elle les attire O_o J'adore cette photo ! Je ne pouvais pas ne pas la mettre !

Shloupi : Mes héritières sont des costaudes ! On n'écrase pas une Vauganne aussi facilement !
Carrément ridicule XD Mais non elle ne fera pas justicière ^^' Elle a déjà assez à faire avec ses marmots non ?
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Ven 11 Juil - 9:52

Episode 12 : Liens sacrés



Spoiler:


Quelques mois eurent passé et une nouvelle nuit touchait à sa fin. La petite famille vivait paisiblement. Ambrine avait repris goût à sa vie grâce à son travail, gagnant une petite promotion. Lawrence progressait également, touchant de près son rêve d’être Rock star. Et les enfants ? Et bien…



- Je peux savoir ce que fais dans notre coffre, Anaïs ?
- Oh ! C’est pas votre coffre, c’est aussi le mien, d’abord ! Protesta la fillette la tête dans la boite.

Eudes poussa un « Humph » de mépris puis entreprit de descendre de son lit. Anaïs avait beau être l’aînée – étant née la dernière- mais elle n’avait pas le droit de faire ce qu’elle voulait dans sa chambre !



Elle avait passé une tenue de princesse, le temps que son frère la rejoigne. Il l’a regarda et ne fit aucun commentaire. Elle surprit son regard, et avec le mépris digne d’une reine, elle snoba son petit frère.
Eudes soupira. Si toutes les filles étaient comme sa sœur, il ne tomberait jamais amoureux. De toute façon, les filles c’étaient trop bêtes.



Willheim arriva en courant dans la pièce et y trouva ses trois frères et sœurs en train de jouer avec insouciance. Dans ses plus habits, le garçon piaffa d’impatience.

- Hé ho ! Vous savez quel jour on est ?
- De quoi tu parles ? Lui demanda Eudes. On est samedi !

Willheim se frappa la tête en signe d’indignation.

- Vous êtes tous débiles.
- Je te permets pas ! S’outragea Anaïs en agitant son sceptre.
- C’est pas sympa de dire ça… Pleurnicha Taliesin, en tirant sur sa tunique bleue.
- Et si tu nous le disais…

Willheim désigna la chambre de leurs parents de son index. S’ils avaient oublié un tel jour, qu’allaient devenir ?



En effet, c’était un grand jour. Elle allait enfin pouvoir partager son nom avec l’homme de sa vie. Ambrine ferma le fermoir de son collier avant de se positionner devant le miroir. Elle s’observa, satisfaite du résultat. Elle n’avait plus la même insouciance qu’antan mais elle redécouvrir avec joie le fait de prendre soin d’elle.  



Depuis l’arrivée des quadruplés, la demoiselle était comme une terre en jachère : repos et négligence totale. Mais les enfants avaient grandi et étaient plus autonomes désormais. Elle revivait, pouvant prendre soin d’elle. Elle passa les mains sur son ventre, elle avait toujours été mince, et fut heureuse de voir que sa grossesse n’avait pas marqué son corps.  



L’on toqua à sa porte. Peu surprise, Ambrine donna la permission à l’intrus d’entrer. Elle put reconnaitre les petits pas feutrés et nus sur le plancher. C’était Anaïs qui venait la voir.

- Maman ?

Ambrine n’eut nullement besoin de se retourner, sa petite voix fluette avait entériné ses moindres doutes.



Mais il fallait bien qu’elle puisse voir la magie opérer sur son unique fille. Mais lorsqu’elle vit la tenue d’Anaïs, Ambrine ne put s’empêcher de sourire.  Elle avait gardé son déguisement royale.

- Tu comptes y aller comme ça ?
- Elle est belle, hein ? Dit la fillette en tournoyant sur elle-même.
- Très, ma puce. Mais pas appropriée.

La petite fit la moue, elle n’était pas décidée à retirer sa belle robe de princesse.

- Tu veux être aussi jolie que Maman ?

Le visage d’Anaïs s’illumina lorsqu’elle entendit cela. Elle rêvait de pouvoir se maquiller. C’était là son plus grand rêve d’enfant : jouer à la grande.



Quelques minutes plus tard, la petite blonde était prête. Toute jolie dans sa robe rose et avec ses petites tresses, elle rayonnait. Cependant, alors qu’elle bouclait une ronde en tournoyant sur elle-même sous les applaudissements de sa mère, elle scruta Ambrine avec ses deux grands yeux bleus.

- Hum ? Fit la jeune femme.
- Rien Maman… Tu es belle…
- Merci ma puce.  Dis-moi, où est ton père.

La petite retrouva l’étincelle de malice au fond de son regard puis s’approcha de sa mère sur le ton de la confidence. Ambrine s’abaissa à sa hauteur.



- Papa joue aux cowboys ! Chuchota-t-elle.

Cela amusa Ambrine, car cette expression était une espèce de code secret entre elle et ses enfants, déterminant une situation qu’elle trouvait désormais caustique. Elle ne put s’empêcher de rire, accompagnée du rire cristallin de sa fille.

- Ils n’arrêteront jamais ! Dit-elle entre deux rires.



Et apparemment pas. Elouan et Lawrence étaient encore partis dans une de leur joute verbale. C’était devenu systématique. Au début cela énervé leur femme respective, mais Maélia et Ambrine en étaient venue à trouver cela comique. Désormais elles se contentaient d’observer de loin, en souriant.



Alors qu’Elouan et Lawrence était encore en train d’exprimer leur  «amour » l’un envers l’autre, Maélia regarda sur sa gauche en entendant le cliquetis d’une porte. Elle sourit et s’avança alors vers la nouvelle venue – et maîtresse de maison.

- Ouah ! Tu es superbe ! S’extasia Ambrine en apercevant son amie.
- Je ne peux pas en dire autant de toi.
- Arrête ! Ma tenue n’a rien d’extraordinaire. Répliqua Ambrine, un peu gênée.
- Peut-être, mais c’est ce qui te va le mieux.



- Non mais tu t’es vu ? Dit Elouan avec mépris.
- Qu’est-ce qu’elle a ma tenue ?
- Elle est laide à en pleure !
- Je ne te permets pas Elouan !

L’homme sourit en coin. Qu’avait-il à faire de son approbation ? Franchement, il était au-dessus de ça. Il entendit alors un claquement de langue agacé. Il sursauta puis déglutit avec difficulté. En plus de croiser le regard noir de sa femme, Elouan tomba nez à nez sur sa cousine qui fulminait. Il lui fit un petit sourire contrit.



Mais alors qu’il allait parler, la porte de la cuisine claqua, le tout accompagné par un « bonjour » calme et distant. Ambrine, en voyant son oncle, se précipita vers lui, aussi gracieusement que sa robe lui permettait. Elle voulut lui sauter au cou, mais la mine déconfite d’Aldrick la fit s’arrêter.

- Je suis désolée, Tonton…
- Tu n’as à l’être ma fille. Dit le vieil homme. C’est la vie…

Ambrine baissa la tête et laissa une larme s’échapper de ses yeux. Aldrick lui releva le visage, fouilla dans sa poche et tamponna la joue de sa nièce avec une grande affection.



Puis, avec un sourire contrit mêlé de tristesse, il la prit dans ses bras afin de la consoler. Mathis était décédé depuis peu, laissant le vieil homme seul. Lorsqu’elle apprit la nouvelle, Ambrine avait proposé à Aldrick de venir vivre avec eux, mais il refusa. Il était attaché à sa petite maison, car elle renfermait d’innombrable souvenir de son défunt époux.

- J’aurais tant aimé qu’il soit avec nous, aujourd’hui.
- Moi aussi, ma grande… Moi aussi…
- Il me manque.

Aldrick ne dit rien. Il n’y avait rien à dire. Cet homme que fut Mathis était une personne irremplaçable qui laissa derrière de nombreux cœur en peine.



En entendant des éclats de voix, Aldrick sourit malgré lui et regarda la scène qui se déroulait juste à côté d’eux. Maélia était en train de rabrouer les deux hommes comme elle le ferait avec des enfants. Cela fit sourire également Ambrine.

- Encore en train de se chamailler ?
- Que veux-tu… A croire que c’est un véritable sport pour eux. Dit Ambrine en haussant les épaules.



- Vous en avez pas marre, à la fin ?
- Mais c’est lui qui a commencé ! Se défendit Lawrence.
- Rapporteur… Dit Elouan en soufflant.
- Suffit ! S’emporta Maélia. Vous êtes des adultes ! Lawrence t’es enfants sont plus matures que toi ! Ils sont quatre et se disputent presque jamais !

Le musicien ouvrit la bouche, mais Maélia changea de cible en s’en prenant à son époux. Elouan se massait la nuque, tout en regardant ailleurs, gêné.

- Et toi alors ?! Tu es Papa toi aussi ! C’est là l’exemple que tu veux donner à notre fille ?
- Lise est encore un bébé… Tenta de protester Elouan.

Chose qui lui valut un regard noir de la part de sa femme. Maélia et Elouan était de tout jeune parent, d’une petite fille qu’ils avaient prénommé Lise.



- Mais chaton…
- Y’a pas de chaton qui tienne ! Coupa net Maélia. C’est un jour de fête ! Mince ! Elouan, tu tiens tant que ça à ruiner le mariage de ta cousine ? Il fit signe que non. Et toi, Law… Tu veux décevoir Ambrine ?

Le jeune homme baissa le regard. C’était là son dernier vœu.



Après cette petite mise au point, la famille se rendit à l’extérieur. Le temps était au beau fixe, le soleil baignant de toute sa lumière cette future cérémonie. Placé sous l’arche, le couple attendait impatiemment la petite famille. Willheim arriva, nonchalant.

- Willheim ! Gronda Lawrence.

Le petit baissa la tête et fila aux côtés de sa sœur. Le père soupira. Willheim était un petit garçon insolent qui aimait se faire désirer. Il échangea un regard avec Ambrine qui lui sourit avec dépit.  



Avec le décès de Mathis, la famille s’était restreinte. De la génération précédente, ne restait qu’Aldrick, le père de cœur et oncle d’Ambrine. La belle s’en serait voulu de n’avoir pu se marier sous le regard approbateur de cet homme. Bien sûr, elle aurait aimé que les autres défunts furent présents également –notamment sa mère, Aveline.  Mais elle était malgré tout entourée et choyée. Parents, oncles, enfants, amie – Bonne ? – étaient de la fête.



Mais surtout, son Lawrence. Sans lui, rien de tout cela ne serait possible. Pas de vie à deux, pas quatre merveilleux enfants, pas de sourire, ni de baiser. Elle serait seule à tout jamais. Il lui prit la main. Il était l’heure des vœux. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire. Elle si heureuse !

- Par cet anneau, je te fais mienne Ambrine Vauganne. Toi la mère de nos enfants. Toi la femme de mes nuits. Toi la femme de ma vie. Si l’on m’avait prédit qu’un jour je rencontrerai une femme telle que toi, je n’y aurais jamais cru. Je n’avais pas confiance en moi, tu sais. Je joue les bravaches, mais j’étais comme un enfant : effrayé. Mais tu m’as souri, épaulé et surtout aimé.



Touchée, Ambrine lui prit les mains dans les siennes et le regarda avec intensément. Son homme était parfait, joyeux et un amour. Elle n’aurait pu rêver d’un meilleur homme. Elle laissa quelques larmes perler de ses yeux bleus puis sous les applaudissements, ils échangèrent le baiser symbolique.

- Je t’aime, lui dit-elle d’une voix douce, contre ses lèvres.
- Je t’aime tout autant.



- On est obligé de faire ça ? Pestait Lawrence.

Pour lui, ce n’était qu’une mascarade. Une espèce de spectacle.

- Moi j’y tiens ! Et puis, qui saurait résister à un bon gâteau ? Lui dit-elle en lui taquinant la joue avec l’index.

Lawrence sourit malgré lui. Ambrine était de bonne humeur et n’arrêtait pas de sourire.



Et pour cause, elle croyait que ce mariage ne se ferait jamais. Leurs fiançailles dataient de quelques années. Elle était alors au début de sa grossesse. En y repensant, elle n’espérait plus cette cérémonie. Cette espèce de routine qui s’était installée entre eux commençait à détruire leur relation. Elle avait pris à part Lawrence et s’était alors défoulée. Lui criant dessus, le giflant même. Elle avait blessé son petit ami. Elle le savait, aujourd’hui encore, il lui en tenait rigueur. Mais il fallait que ça sorte. Elle était sous pression. Mais qui était-elle pour se croire malheureuse et mal aimée ? Si elle était dans cet état, Lawrence l’était tout autant. Certes il n’était pas à la maison toute la journée mais il travaillait et puis s’occupait des enfants.  Qui était alors le plus à plaindre ? Ambrine n’avait toujours pas de réponse. Quand bien même, ils avancèrent une date de mariage, décidant qu’elle tomberait peu après l’anniversaire des quadruplés.



Si eux étaient heureux, leurs enfants l’étaient encore plus. Ils étaient un peu brimés par leurs camarades de classe, car les autres enfants ne comprenaient pas pourquoi leur papa et leur maman n’était pas marié. Taliesin en souffrait le plus. C’était un enfant sensible, toujours proche de son père.

- Attention ! Le mit en garde Ambrine.

L’enfant sourit à sa mère, dévoilant sa dentition imparfaite. Elle lui sourit à son tour puis invita ses autres enfants autour de la table.



- Maman ?
- Oui mon chou ? Répondit Ambrine à Taliesin, alors que Lawrence découpait la pièce montée.
- Pourquoi on coupe le gâteau avec de manger ?
- Et pourquoi pas ? Répondit sa mère avec une pointe de défi.
- Mais c’est pas bon de manger sucrée avant le salé ?! S’indigna l’enfant.

Elle baissa les bras et soupira. Décidément c’était un enfant étrange empli de principe. Mais elle l’aimait, comme elle aimait ses autres enfants.



La fête s’amplifiait. Les rires fusaient, les enfants jouaient comme des fous. Falère participait également aux festivités, à sa façon en amenant le journal à Elouan. En voyant cela, la petite famille éclata de rire.



La petite famille posa, sous les suppliques d’Oncle Aldrick. Les enfants étaient heureux de poser, mais le couple un peu moins. Mais on faisait toujours plaisir à Aldrick.

De gauche à droite : Willheim, Taliesin, Eudes et Anaïs.

Les enfants avaient bien grandi, et malgré certaines ressemblances, ils avaient tous leur identité propre. Anaïs était douce et calme, avec son petit caractère –être la seule fille parmi tant de garçon, cela était une nécessité-, Eudes était tout aussi calme, mais à la fois réservé. Il aimait rester dans son coin et jouer seul. Tout le contraire de Willheim, énergique, boute-en-train. Une vraie pile électrique ! Heureusement, il restait la plupart du temps avec son frère Taliesin qui avait besoin d’une protection. Il était un peu étrange, notre Taliesin, mais Ambrine espérait qu’avec le temps, il s’ouvrirait au monde.  



Les invités venaient juste de partir. Ambrine soupira, épuisée par cette journée. C’était assez stressant et éprouvant, bien qu’elle fût presque aussi heureuse que lors de la naissance de ses enfants.
Falère s’assit près d’elle en couinant. Sa maîtresse porta le regard sur elle, et découvrit entre ses crocs une brosse.

- Tu veux que je te brosse ? Demanda Ambrine en récupérant l’objet et en se mettant à sa hauteur.



- Tu sais Falère… Je suis une mauvaise maîtresse. La chienne couina en la fixant. Mais je t’assure ! Je t’ai négligé pendant longtemps… La chienne lui lécha le visage. Aha ! Moi aussi je t’aime ma belle. Maintenant, on bouge plus ! Tu veux être belle ?

Falère aboya, heureuse de l’attention que lui portait Ambrine. La chienne était sa confidente. Elle écoutait, et ne la jugeait jamais. Ambrine l’adorait et c’était réciproque. Même si elle laissait Lawrence la brosser, elle allait toujours vers Ambrine en premier.



Elle la suivait partout, même jusque sur le lit. Alors que Lawrence sortait de la douche, il rejoignit sa femme, qui venait de coucher les enfants, dans leur chambre et quelle fut sa surprise que de trouver la chienne à sa place.

- Ambrine !
- Et bien quoi ?
- Ton chien est sur le lit.

La jeune femme soupira en refermant son livre. Lawrence adorait Falère, là n’était pas le problème, mais la chienne avait une propension à la jalousie et à la moindre occasion, s’emparait des biens et des places de son époux. Avec une caresse, elle fit descendre Falère.



Il se glissa alors sur le lit, auprès de sa femme et la prit contre lui. D’un air rêveur, elle passa ses doigts entre les siens et le caressait du pouce.

- Tu sembles ailleurs. Lui dit Lawrence.
- Oh… Elle leva les yeux vers lui. C’est juste que j’ai du mal à réaliser.
- Je sais… Ça me fait le même effet.



- On vit ensemble depuis si longtemps… Dit-elle. L’université, puis ici et nous avons quatre enfants. Tu te rends compte ?
- Bien sûr ! S’exclama le jeune homme. J’ai changé leurs couches aussi !
- Ce n’est pas ce que je voulais dire…



Bien sûr qu’il avait saisi. Il pensait la même chose. Il ne faisait pas les choses dans l’ordre. De simple rencontre en ville, puis un emménagement, un mariage et des enfants.
Il approcha alors ses lèvres de celles de sa femme et lui murmura contre :

- A chacun sa façon de vivre, Ambrine. Et moi je ne regrette aucun de mes choix avec toi.

Elle lui sourit puis lui offrit ses lèvres. La belle Ambrine put sentir le désir monter en elle. Ses sentiments pour Lawrence n’avaient guère changé. Ils avaient même augmenté. Son cœur dégoulinait d’amour pour cet amour taquin, protecteur et doux.



Ils enflammèrent la flamme de la passion et du désir. Ils explorèrent de nouveau leur corps, savourant cette saveur à jamais savoureuse. Cela faisait si longtemps qu’ils n’avaient fait l’amour. Ambrine se sentit vivre de nouveau. Elle se sentait femme et désirée. Cela décupla ses ardeurs, pour le plus grand plaisir de son époux qui se laisse dominer pour cette nuit d’amour.
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Moinonyme le Ven 11 Juil - 11:29

Spoiler:
Sleio a écrit:Anaïs avait beau être l’aînée – étant née la dernière-
Wut ? C'est moi qu'ai trop bu ou... ? ^^

Sympa cet épisode ! Ambrine est jolie avec cette nouvelle coupe (même si je préférais celle de l'université )
En tout cas j'ai bien aié la dispute entre Elouan et Lawrence XD

_____________________________________________
Vous aimez les Légacy ?
Vous aimez l'humour un peu pourri ?
Hé, Megane ! Tais-toi !
Megane: C'est une signature, hein. Raconte pas trop ta vie.
Breeef... Retrouvez Megane Cavanaugh dans son Légacy ! C'est par ici que ça se passe ! Et on en est déjà à la génération 4 !
avatar
Moinonyme
Descendance royale

Messages : 1021
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 21
Localisation : Devant mon assiette de la cantine de l'asile.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Ayonah le Ven 11 Juil - 12:00

Nan Nyme tu n'as pas bu xD J'imagine que c'est comme pour les jumeaux : le dernier à naître est en fait considéré comme étant l'aîné :)
avatar
Ayonah
Fouineur des mers

Messages : 346
Date d'inscription : 11/04/2014
Age : 19
Localisation : Devant mon ordi :3

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Ven 11 Juil - 12:32

Voilà tout à fait les frangines ^^ logiquement l'aîné est celui qui est le plus profondément ancré dans le ventre de la mère, donc le dernier né
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Moinonyme le Ven 11 Juil - 12:48

Haaaanw je savais pas, ça ! ^^ Bon ben je me coucherai moins bête ce soir lo/

_____________________________________________
Vous aimez les Légacy ?
Vous aimez l'humour un peu pourri ?
Hé, Megane ! Tais-toi !
Megane: C'est une signature, hein. Raconte pas trop ta vie.
Breeef... Retrouvez Megane Cavanaugh dans son Légacy ! C'est par ici que ça se passe ! Et on en est déjà à la génération 4 !
avatar
Moinonyme
Descendance royale

Messages : 1021
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 21
Localisation : Devant mon assiette de la cantine de l'asile.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Kimoth le Ven 11 Juil - 13:03

Moinonyme a écrit:Bon ben je me coucherai moins bête ce soir lo/

Moi aussi ! o/
Ils sont super meugnons en tout cas les quadruplés ! 

Mais Mathis quoi !   Ha naaaan je suis trop triste, c'est nul qu'il soit mort avec le mariage !  
avatar
Kimoth
Petit poisson

Messages : 118
Date d'inscription : 27/05/2014
Age : 22
Localisation : Dans ton c...anapé ?...

Voir le profil de l'utilisateur http://nolahlegacy.canalblog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sora le Sam 19 Juil - 1:34

WOUHOU! J'AI TOUT LU!   

Bon, alors... J'adore tout simplement les Vauganne. Un moment donné, il y avait trop de cousins/cousines, je me perdais, donc à chaque fois que tu en mentionnais un (style un là qui était juste dans le parc comme ça et qui n'avait presque rien à faire dans l'histoire à part qu'il s'endormait), bien... Je ne retenais pas leur nom où je m'en balançais totalement   Et quand tu en es venue avec une famille un peu plus serrée (Aldrick, Mathis, Elouan et Adélaïde), bah là, c'était plus confortable et plus facile de retenir qui est qui et d'où il vient. C'est ça que je préfère, quand je peux facilement retenir et ne pas me casser la tête à savoir qui est qui ^^

Sinon, comme je te l'ai déjà dit, je DÉTESTE ton jeu. Neeve n'avait juste pas le droit de mourir comme ça alors qu'il était enfin heureux. Neeve, je l'adore, on l'a vu grandir, il est super mignon! Et en plus, Aveline meurt de la même manière, alors là, ça ton jeu doit être DOUBLEMENT tapé!

J'aime que tes héritières ne vivent pas toutes la même chose, que tes épisodes soient diversifiés malgré la "même routine" (tombée amoureuse, avoir un enfant, celui-ci grandit, etc). Par contre, il y a des fois où je trouve que tes enfants grandissent trop vite D: Bon, tu fais le saut dans le temps, mais... On n'a même pas eu le temps vraiment de profiter des quadruplés qu'ils sont déjà enfant! Je t'accorde le fait que ça peut être dur d'avoir quelque chose à dire à part "il a appris à marcher". Reste qu'un épisode de plus entre n'aurait pas fait de tord... À mon avis :)

Ma préférée reste et restera probablement Aimée. C'est celle qui a mis les bases, celle qui a trompé la Mort, elle est jolie, elle a un mari des plus choux, bref, même si ses héritières ont une personnalité et des histoires différentes, c'est grâce à Aimée s'ils sont en vie! Gloire à Aimée \o/

Ah et puis j'aurai aimé que Mathis voit le mariage... Le pauvre, il est parti trop vite   

Donc, voilà, vivement la suite!

_____________________________________________
She's in the Class A Team, stuck in her daydream and been this way since eighteen, but lately her face seems slowly sinking, wasting, crumbling like pastries and they scream ''the worst things in life come free to us''.
Anna May ou la Vérité toute crue, Une vie de colocataires et mon portfolio personel sont par là!
avatar
Sora
Descendance royale

Messages : 585
Date d'inscription : 23/12/2013
Age : 21
Localisation : Canada

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Dim 20 Juil - 9:34

Merci Sora d'avoir prit du temps pour 7 générations d'un coup ^^' C'est vrai que mon jeu avait une tendance à faire de très grande famille (Merci le Storyprogression indomptable !) et je comprends ton ignorance totale sur ses protagonistes XD

Ouais moi aussi j'ai détesté mon jeu pour ça (et d'autres choses XD ) a croire que la Mort s'est réellement venfgé d'Aimée O_o

Pour ce qui est des sauts dans le temps, parfois c'était nécessaire (comme pour la passage de Neeve) et pour mes quadruplés, c'était une question de confort... Va gérer 2 adultes, 4 bébés d'un coup et 1 chien -_- Ma génération 7 va être rapide sans l'être en même temps. Je tente d'étaler leur vie mais je n'arrive pas à leur trouver des choses intéressantes à faire, trop occupés à survivre, tout simplement ^^' D'où les sauts dans le temps.

Notre Aimée est la base de tous, j'ai une affection particulère pour elle ! J'aime tous mes "enfants" mais Aimée reste et restera mon Aimée ^^

avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Dim 20 Juil - 9:45

Episode 13 :Sans dessus, dessous



Spoiler:


L’aube se faisait timide et Taliesin s’éveilla avec elle. Lentement, il déploya ses bras vers le ciel, baillant à s’en décrocher la mâchoire. Il se frotta l’œil de son poing tout en observant ses frères dormir à poings fermés. Puis il fixa l’extérieur à travers la fenêtre. Le soleil et sa lumière n’étaient pas encore arrivés. Le petit garçon avait l’habitude de se lever avant tout le monde. Alors il se glissa hors de ses draps et d’une démarche chaloupée et branlante il sortit de la pièce. La maison était calme comme jamais. Taliesin adorait cette atmosphère : libre et personne pour le surveiller.

Son estomac gronda. Avec un petit sourire, l’enfant se frotta le ventre et se dirigea vers la cuisine. Il avait faim et n’avait pas envie d’attendre que ses parents se lève pour prendre son petit-déjeuner. En entrant dans la pièce il trouva Falère en plus rêve qui gesticulait et gémissait. Amusé, l’enfant tapota sur la tête de la bête qui se calma légèrement. Puis il décida de manger une des nombreuses parts de la pièce montée. Le mariage de ses parents étaient vieux de quelques jours mais il restait encore de la nourriture pour un régiment.



Après avoir déjeuné, rapidement rejoint par Eudes, Taliesin s’occupait tranquillement en jouant avec les blocs de construction. Il fut rapidement par Anaïs. La fillette avait sa propre chambre, même si Eudes et Willheim en était jaloux, Taliesin lui s’en fichait. Il adorait sa sœur.

- Coucou ! Lui dit-elle toute enjouée. Je peux jouer avec toi ?

L’enfant aux cheveux si particulier lui fit signe que oui d’une signe de tête. Anaïse s’installa donc, dans son petit pyjama rose, aux côtés de frère. Puis le silence s’installa entre eux. Elle s’aperçut que Willheim dormait encore.



- C’est une vraie marmotte.
- Qui ? Demanda Taliesin qui était concentré.
- Will, bien sûr !

Taliesin regarda derrière lui et put voir Wiilheim changer de position en chouinant. Cela fit rire Anaïs.



- C’est pas drôle !
- Si ! C’est même mignon !
- Quand tu subis ça toutes les nuits, c’est pas drôle…

Anaïs lui fit un petit sourire contrit et lui tapota le haut du crâne. Il était si drôle de taquiner Taliesin car il prenait tout à cœur. Willheim aimait plaisanter par nature, avec lui, elle taquinait énormément Taliesin. Eudes, c’était une toute autre paire de manche, car il était terre à terre.



Alors que Taliesin pestait contre l’agression de sa sœur, Willheim ouvrait les yeux. Les sourcils froncés, il se dégagea de ses draps et fixa avec colère les deux énergumènes qui peuplaient sa chambre. Si Taliesin n’était pas gêné de partager leur chambre, lui aurait tant aimé avoir la sienne, rien qu’à lui.

- Tiens ! Salut Will ! Le salua Anaïs en le voyant émerger.

Bon, Anaïs était peut être privilégiée, mais il savait que la fillette adorerait partager la même qu’eux. Elle enviait leur complicité. Il lui fit un petit signe de main, il n’aimait pas parler dès le réveil. Puis d’un pas ensommeillé, il quitta la pièce.



Eudes, une fois douché, se préparait pour une petite balade. Le beau temps était là, pourtant la ville de Moonlight Falls était réputée pour ses pluies répétées. Mais le garçon s’en fichait pas mal, aujourd’hui, il allait explorer un peu la ville, et la chienne serait son alibi car ses parents –surtout sa mère- n’accepterait jamais qu’il vadrouille seul dans les rues.



Et Falère ne s’en plaignit pas car elle adorait se balader. La laisse ne la gênait aucunement, au contraire, cela rassurait la bête. Toute heureuse de sortir un peu de la maison elle balada Eudes plus qu’il ne promenait. Son enthousiasme fit sourire le garçon qui se mit à courir avec le chien tout en riant.



Le soleil brillait de plus en plus fort, perçant le fin voile de quelques nuages courageux qui osaient se mettre en travers de sa route. Des clameurs résonnaient au loin, s’ajoutant au chant guilleret des oiseaux. Le rire cristallin de quelques enfants vint même perturber cette joie de la nature.



- Bouh ! T’es trop nul !!

Les enfants jouaient dans la cour. Après quelques pas hésitant à l’extérieur les trois autres enfants de la famille s’étaient lancés dans une bataille d’eau.
Anaïs venait d’éviter avec agilité une des munitions de Taliesin. Elle le nargua, pouces sur les tempes et doigts vers le ciel, le tout avec la langue à l’extérieur.



- C’est pas du jeu !!
- T’as perdu, t’as perdu ! Dit Willheim en se retenant de rire.
- Ben ouais ! Fallait prendre la bonne paille.

Le petit Taliesin fit gonfler ses joues avant de soupirer. Ils avaient tiré à la courte paille, afin de déterminer les épique, et il avait perdu. Mais cela n’entachait pas leur bonne humeur. De sa fenêtre, Ambrine pouvait observer ses enfants s’ébrouer gentiment dehors. Mains sur sa tasse de café, elle sourit lorsqu’elle put sentir les bras de son époux lui ceindre la taille. Heureux, eux aussi, ils goutaient avec plaisir à la vie, depuis tant d’années de tourments. Ils adoraient leurs enfants, mais ce fut si difficile de conjuguer vie de famille et vie de couple, ainsi que la mort successive des aïeuls.



Le soir même, les enfants jouaient ensemble, attendant patiemment leur du coucher. Leurs parents rangeaient la maison et s’occupaient de la vaisselle. Anaïs avait bien tenté de leur proposer son aide, mais sa mère avait refusé. Elle rejoignit alors ses frères qui jouaient sans soucis avec les blocs de construction.



- Je trouve que Maman est bizarre. Dit Eudes en examinant sa pièce.
- Ah bon ? Demanda Taliesin.
- Ben ouais… Elle sourit mais je trouve qu’elle est triste.
- Ouais c’est vrai ! Surenchérit Willheim.



- Arrêtez de dire n’importe quoi ?! S’emporta Anaïs.
- C’est pas des bêtises ! Répliqua Eudes. J’ai surpris Maman en train de pleurer quand je suis rentrée de ma promenade avec Falère.
- C’est pas vrai ! Protesta la fillette.
- Traite de moi de menteur !



Anaïs baissa le regard et se tut. Son frère était une personne intelligente, bien plus qu’elle, et loin d’être un menteur. Mais elle refusait de croire que sa mère était triste. Car sa maman était en train de sourire, de lui faire des câlins et des bisous.

- Anaïs… Tenta Eudes.
- Tu sais, moi je suis sûr que Maman nous aime. Alors qu’elle soit triste ou non, c’est pas de notre faute. Dit Taliesin en prenant la main de sa sœur.

La petite lui fit un pâle sourire, puis ils jouèrent dans le silence, jusqu’à l’arrivée de leur père qui les coucha les borda. Intriguée, la petite observa son père tout le long de la procédure. Mais rien dans l’attitude de Lawrence ne trahit une quelconque tristesse ou dispute entre lui et sa mère.



Et pourtant, Ambrine n’était pas des plus heureuses. Elle est fatiguée, irritable et bouleversée. Mais elle ne voulait le montrer à personne. Elle se leva en voyant son époux pénétrer dans la cuisine, téléphone sur l’oreille et le sourire très large. Tous les soirs c‘était la même rengaine, Lawrence restait des heures au téléphone avec un de ses collègues, jusqu’à ce qu’il disparaisse prétextant une urgence au travail.



Ambrine ne remettait pas en cause sa bonne volonté et son dévouement, mais elle aussi aimerait pouvoir sortir à sa guise. Il le se rendait pas compte des sacrifices qu’elle avait dû faire ses dernières années pour élever leurs enfants. Bien sûr, elle n’était pas plus méritante que lui. Elle en avait conscience. Lawrence était un père aimant et présent, mais sa carrière n’en avait pas subit les conséquences.



Elle avait toujours son emploi, mais ses collègues la regardaient d’un mauvais œil. Son entraîneur lui avait fait bien comprendre qu’à la moindre absence, elle pourrait aller voir ailleurs. Elle soupira en fermant le robinet. Elle était épuisée, tant qu’elle ne s’aperçut que ses mains étaient encore mouillées lorsqu’elle sentit le produit vaisselle dans ses yeux.  Elle jura contre sa propre stupidité et laissa une larme de dépit perler de ses yeux bleus. Aah qu’elle était si lasse…



Plusieurs nuits plus tard, elle se leva en sursaut. La mine encore ensommeillée, elle se frotta les yeux, mais la douleur intense qui déchirait ses intestins la réveilla pour de bon. Lawrence, toujours endormi, émit un gémissement mécontent contre le froid que l’absence de sa femme dans le lit créait. Elle rabat alors les draps, tentant de rester bien droite.



La douleur se transforma en coup de poignard. Elle se redressa et crispa son visage de douleur. Elle serra les dents pour ne pas hurler. Elle avait un mal de chien. Elle n’avait jamais ressenti cela ou elle n’en avait pas souvenir.



Sans attendre, sentant que l’inévitable était présent, elle fila dans la salle de bain, et tomba nez à nez avec sa fille qui venait de tirer la chasse d’eau. Etonnée la fillette dévisagea sa mère donc le teint virait légèrement au vert. Inquiète, elle voulut toucher Ambrine, mais la jeune femme la repoussa. Comprenant son geste dans le regard humide d’Anaïs et de l’imminence de son mal être, elle fila vers l’opposé, sans un mot. Intriguée, Anaïs la regarda partir sans trop comprendre.



Ammbrine franchit le seuil de la porte menant dans la cour puis se plia en deux permettant à son mal être de se soulager. Elle vomit longtemps, sentant que ce serait sans fin. Elle était si mal, si faible. Elle détestait cela. Délivrée de son fardeau, elle passa une main dans ses cheveux, essoufflée, le dos appuyé contre le mur de la maison. La fraicheur du petit matin était salvateur, tout comme le froid des briques. Elle tenta de chasser la honte de son cœur. Vomir n’était jamais bien glorieux, et le sentiment de honte que l’on éprouvait était totalement humain, même si cet état était loin d’être voulu. Elle pria fortement que ce n’était que passager et qu’aucun de ses enfants ne fussent touché par ce mal.



Vint un autre matin, Taliesin parcourait d’un pas tranquille l’allée qui menait à la rue. Il n’était pas pressé par ce qu’il l’attendait toute la journée. Taliesin était un enfant énergique et dynamique qui n’aimait guère rester en place très longtemps.



Mais il fallait bien faire l’effort d’aller à l’école. De toute façon, ses parents ne lui auraient jamais permis de ne pas y aller. C’est en soupirant légèrement qu’il rejoignit l’immense camion jaune qui ramassait les enfants du quartier. Derrière lui, arrivait Eudes, pressé et apeuré par un quelconque retard. Taliesin ne comprenait pas l’enthousiasme de son frère quant à l’école.



Wiilheim et Anaïs, eux, y allaient car il fallait y allait. Il n’était pas plus attaché que cela à l’école. D’ailleurs la préoccupation majeure des enfants aujourd’hui était plutôt le déroulement de leur sortie hebdomadaire dans l’un des lieux de la ville.

- Ca à l’air nul… Soupira Willheim en regardant ses frères monter dans le bus.
- C’est quoi déjà aujourd’hui ? Demanda sa blonde de sœur.
- Le commissariat.
- Oh non… Se lamenta Anaïs en s’enfonçant dans le siège.



A la sortie de la douche, une fois séchée et habillée, Ambrine sentit de nouveau son estomac se contracter. Elle avait espéré que ce mal n’était que passager, mais il était devenu quotidien et beaucoup trop récurent. Lawrence entra dans la pièce à cet instant. Elle lui sourit, feignant que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Le jeune homme souleva un sourcil et scruta sa femme. Elle était bien pâle et avait quelques soupçon mais préféra entrer dans son jeu.



Il fit ce pourquoi il était là – en l’occurrence : soulager sa vessie- puis ressortit de la pièce, l’air soupçonneux puis referma la porte. Ambrine ne put se retenir plus longtemps et laissa son mal être s’échapper de sa gorge dans la baignoire qu’elle venait tout juste de nettoyer. Elle resta un moment affalée sur le sol, le coude sur la bordure de la baignoire. Elle le pouvait continuer ainsi. Elle allait devoir consulter.



Comme elle devait sortir aujourd’hui, elle s’engouffra dans sa petite voiture bleue. Elle n’était pas adaptée à la taille de la famille, mais elle y vouait un culte. C’était la voiture de sa mère et quiconque oserait s’en débarrasser aurait affaire à elle.



Ambrine parcourut les rues de la ville, la tête emplie de question diverses et variées. Elle observait également la population et se rendit compte qu’elle n’avait jamais lié d’amitié avec eux. Ils avaient l’air pourtant sympathique, bien qu’étrange à bien des égards. Mais cela la ramena à son devoir, son fardeau d’amour : ses quadruplés. Elle soupira puis s’engagea sur la droite afin d’entrer dans le parking.



Elle pénétra alors dans l’hôtel de ville de Moonlight Falls, après des semaines de procédure, elle avait obtenu gain de cause et pouvait de nouveau revêtir son nom de jeune fille, elle ainsi que le reste de sa famille. Lors de leur mariage civil, l’adjoint au maire s’était trompé et avait inscrit le nom de Lawrence. Elle entra alors dans une rage folle contre ce pauvre homme qui appliquait l’ordre ordinaire des choses. Elle était Ambrine Vauganne et non Ambrine Hérautier. Elle tenait à rendre hommage à sa mère qui avait affronté bien des choses seule.



Mais à la sortie du bâtiment, elle remit ça. Elle tâcha de sa souillure le parvis de l’hôtel de ville, sous le regard dégoûté des passants. Elle s’essuya le coin de la bouche en haletant puis soupira. Elle ne pouvait y échapper.



Elle prit alors la direction du parking se protégeant de la pluie sous son parapluie. Trop absorbée par ses doutes et ses craintes, Ambrine ne vit nullement son époux arriver. Il tenta bien de la héler, mais la jeune femme, distraite, s’engouffra dans sa voiture et fila. Lawrence, inquiet, se lança à sa poursuite.



Il avait remarqué depuis longtemps les tourments et l’état inquiétant de sa moitié. Ambrine avait beau tenter de lui dissimuler, il sentit toutes ses absences chaque nuit, sa fatigue grandissante et son irritabilité. Il l’avait alors suivit dans toute la ville. Elle s’arrêta d’abord à l’hôpital. Chose qui rassura à moitié le jeune homme lorsqu’il l’a vit ressortir rapidement du bâtiment. Elle avait l’air bouleversée, prête à s’effondrer. Il l’aurait bien rejoint mais elle continua sa route jusqu’au salon de beauté de la ville.

Intrigué, il l’avait laissé entrer, attendant dans sa voiture. Puis une heure plus tard, Ambrine en était enfin ressortie, la mine bien moins radieuse. Il prit alors son courage à deux mains, bien déterminé à ne pas la laisser filer plus encore et l’interpella.



- Lawrence ? Qu’est-ce que tu fais ici
- Et toi alors ?
- Attends… Tu me suis maintenant ?! S’emporta la belle.
- Mais non !
- Pourtant ça en a tout l’air.
- Bon… Je t’ai vu sortir de la mairie et comme tu semblais mal, je t’ai suivi mais…
- Mais quoi ?! Hurla Ambrine, faisant goutter son parapluie. Tu n’as pas confiance en moi ou quoi ? J’ai même plus le droit de me promener ?



Lawrence recula légèrement. Il avait connu Ambrine dans cet état que pendant une période bien précise. Il écarquilla légèrement les yeux et comprit subitement.

- Tu es enceinte… Souffla le jeune homme.

Ambrine se tint coite. Alors qu’elle avait un poing levé, elle le baissa, brisant sa carapace. Puis les larmes vint. Lawrence était décontenancé devant l’état de sa femme.

- Je suis désolée… N’arrêtait elle pas de dire entre deux sanglots.

Lawrence la prit contre lui et lui caressa les cheveux, comme il le ferait avec une enfant.

- Désolée de quoi, ma belle Ambrine ? C’est un beau présent que tu m’offres.
- Lawrence… Je suis fatiguée. Je ne veux pas d’autres enfants.

Elle put sentir Lawrence se figer contre elle. Elle l’avait surement blessé mais c’était la stricte vérité. Elle était épuisée de toutes ses responsabilités. Alors qu’elle pleurait encore et encore, Lawrence ne dit mot, laissant la pluie peindre sur son visage son désarroi et sa peine.
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Moinonyme le Dim 20 Juil - 11:42

Arf, pauvre Ambrine... :/

Masi faut les surveiller, tes Sims, Sleio ! Après 4 enfants, faudrait les empêcher de folâtrer XD

_____________________________________________
Vous aimez les Légacy ?
Vous aimez l'humour un peu pourri ?
Hé, Megane ! Tais-toi !
Megane: C'est une signature, hein. Raconte pas trop ta vie.
Breeef... Retrouvez Megane Cavanaugh dans son Légacy ! C'est par ici que ça se passe ! Et on en est déjà à la génération 4 !
avatar
Moinonyme
Descendance royale

Messages : 1021
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 21
Localisation : Devant mon assiette de la cantine de l'asile.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Mione le Lun 21 Juil - 6:49

Pauvre Ambrine... Une dépression post-partum (je ne sais pas si j'ai le bon terme...) qui se serait prolongé ? Elle semble si triste, elle a perdu sa joie de vivre, tandis que Lawrence semble un éternel gamin... J'aimais bien Ambrine, c'était une âme d'enfant et là on dirait qu'elle n'a plus rien :(

Lawrence et son fichu piercing il ne me manquait pas x)

Pour la nouvelle grossesse, pauvre Ambrine ! Elle à déjà de la difficulté avec 4 ! Imagine avec 5 ? Voire 6 ? 7 ? 8 ? Après avoir qu des quadruplés, j'imagine que la peur d'avoir une autre paire ou pire joue dans la tête... Elle fera quand même le bon choix et le temps que les bébés grandissent, les quadruplés vont devenir des adolescents donc soit ce sera pire, soit ce sera plus facile :3 Courage ma belle Ambrine ! Au pire tu viendras prendre des vacances chez les Watts <3
avatar
Mione
Déesse de la mer

Messages : 1665
Date d'inscription : 19/12/2013
Age : 22

Voir le profil de l'utilisateur http://simplicity.forum-pro.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Moinonyme le Lun 21 Juil - 8:13

Ou chez les Cavanaugh ! Rien de tel pour se changer les idées: un séjour en compagnie de gens parfaitement normaux (ou presque), autour de bons petits plats préparés par le chef Finnegan...

Euh, je pense pas que ce soir une si c'est une bonne idée, finalement

8 ? O_O Parle as de malheur, Mione XD
Dans tous les cas, j'espère qu'Ambrine va réussir à gérer tout ça. Et j'espère que le bébé sera une fille, pour porter secours a Anaïs ! Toute seule avec des frères, c'est peut-être pas si facile ^^

_____________________________________________
Vous aimez les Légacy ?
Vous aimez l'humour un peu pourri ?
Hé, Megane ! Tais-toi !
Megane: C'est une signature, hein. Raconte pas trop ta vie.
Breeef... Retrouvez Megane Cavanaugh dans son Légacy ! C'est par ici que ça se passe ! Et on en est déjà à la génération 4 !
avatar
Moinonyme
Descendance royale

Messages : 1021
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 21
Localisation : Devant mon assiette de la cantine de l'asile.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 24 Juil - 9:24

Mione : Le piercing le retour XD Il n'est jamais partit tu sais ? et ne parle pas de malheur T-T

Moinonyme : Ambrine est une battante, mais elle voit sa vie autrement, c'est tout ^^'
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Jeu 24 Juil - 9:33

Episode 14 : Douce enfance



Spoiler:


Le soleil se levait, comme chaque jour, timidement sur la ville de Moonlight Falls. Le teint rosé du ciel offrait à la ville une atmosphère particulière et peu banal derrière les montagnes qui bordaient la cité. Mais si les habitants émergeaient tout doucement comme le soleil, les morts, eux, erraient encore profitant de la fraîcheur et la rosée.



Deux enfants étaient réveillés depuis longtemps et avaient revêtit leur plus beaux atours. Sur de petits pas feutrés, ils s’étaient faufilés jusque dans la cuisine et en avaient pris possession, prônant leur légitimité sur leur tout nouveau royaume.



- Au nom de mon père, le Roi Lawrence VI, je proclame cette terre comme mienne ! Protestenez vous devant votre Prince !

Anaïs pouffa derrière sa main, devant la faute évidente de Taliesin. Le « prince » fit volteface rapidement et la pointa de son sceptre de carton.

- Comment oses-tu te moquer de moi ! Je suis Taliesin le Grand !
- Et moi alors ?

Le petit garçon regarda sa sœur, et prit le temps de réfléchir, l’index sur ses propres lèvres. S’il était prince et qu’Anaïs était sa sœur, elle ne pouvait décemment être reine.

- Tu veux faire la princesse ?



Elle lui fit signe que oui. Sur un simple hochement de tête, les deux enfants reprirent leur jeu, hurlant des ordres et menant leurs troupes aux combats.

- Général Falère ! Prenez les terres de ses barbares !!
- Faites ce que vous dit votre prince, Général Falère.

Falère les fixa un long moment avant de leur tourner le dos et de se diriger vers sa gamelle. Les enfants, dépités, expièrent bruyamment tout en râlant après le chien.  



Leurs exaspérations eurent raison de leurs parents qui sortirent de leur chambre la mine basse et en colère. Lawrence fit descendre des chaises les deux souverains en herbe et les sermonna un long moment sous le regard furieux de leur mère.  Les deux petits écoutèrent la tête basse, mais ne regrettaient nullement leur jeu.

Le père les fit alors s’installer à table et se dirigea vers le frigo afin de leur servir leur petit-déjeuner. Ambrine  le suivit sans un mot et entreprit de faire un repas plus copieux. Avec son état, elle mangeait plus facilement et cédait à des envies. Willheim et Eudes les rejoignirent lorsqu’Anaïs eut terminé son bol de céréales.

- Tu ne manges pas Eudes ? Lui demanda Taliesin.
- Non, j’ai pas le temps…
- Et pourquoi ? S’enquit son père.
- J’ai pas fini mes devoirs hier.
- Eudes ! Tu vas manger ! C’est important ! Lui dicta sa mère à l’autre bout de la pièce.



- Mais Maman ! C’est important l’école aussi ! Geignit l’enfant.
- Et la santé plus encore !
- Ecoute, mon grand, intervint Lawrence, tu aimes l’école ?
- Oui.
- Alors si tu veux pouvoir apprendre sereinement, il faut que tu ais plein d’énergie. Et pour avoir de l’énergie, il faut… ?
- Manger… Soupira l’enfant. D’accord… Fit-il après un moment de silence. Mais avant je vais m’habiller !

Lawrence lui fit signe qu’il était d’accord. Le petit déjeuner se passa sans encombre, comme chaque matin, entre les enfants compréhensif et les autres qui refusaient de se nourrir sans faire un petit scandale. Willheim était de ceux-là, hélas. Il avait son petit caractère qui le distinguait de sa fratrie. Mais Lawrence avait assez de patience pour le gérer.



Tout ce beau monde restaurait, Ambrine entreprit de cuire les pancakes. Elle n’était pas particulièrement bonne cuisinière, mais elle avait appris à se débrouiller seule, tôt dans la vie. Et faire la cuisine lui rappelait cette époque bénie qu’elle partageait avec sa mère, Aveline. Elle poussa un léger soupir en scrutant la pâte qui cuisait légèrement.

Elle ne s’était jamais imaginée mère et encore moins à la tête d’une aussi grande tribu. Mais la vie en avait décidé autrement. Après coup et maintes discussions avec son époux, Ambrine ne pouvait décidemment pas avorter. Cela n’était pas dans sa nature. Une vie était une vie, qui était-elle pour la retirer sur un simple caprice. Elle devait assumer ses envies et son amour pour son époux. Tout ce qu’elle espérait, c’était que cet enfant soit en bonne santé et facile à vivre.



Après le petit déjeuner, et une douche rapide, Ambrine se dirigea vers la demeure de son dernier oncle vivant : Aldrick. Elle espérait le mettre au courant de son état et tout simplement discuter avec lui. Elle sonna alors, un peu fébrile, et attendit deux bonnes minutes qu’il daigne lui ouvrir. Mais aucune réponse ne se fit entendre. Un peu inquiète, elle insista puis décida de faire le tour de la maison. Mais même Filou, le chien, n’était là, ainsi que la voiture. La belle en conclut donc qu’Aldrick était encore en vadrouille dans la ville. Depuis quelques semaines, son oncle était toujours de sortie et inaccessible. La mort de Mathis le rongeait de l’intérieur, elle en était convaincue.



Résignée, elle regagna son chez elle et retrouva son mari, un peu anxieuse.

- Alors ? S’enquit ce dernier en la voyant franchir le seuil de la maison.

Elle secoua la tête en le rejoignant.

- Allez ma belle ! Il a juste besoin de prendre l’air.
- Je sais mais… il m’inquiète malgré tout.
- Ton oncle est quelqu’un de solide.



- Peut-être mais…

Mais Aldrick était quelqu’un de fragile également. Elle le savait, elle pouvait se souvenir de son état à la mort d’Aveline. Aldrick exprimait sa peine par la colère. Mais il avait vieillit depuis, et acquis une certaine maturité. Mais cela ne l’empêchait pas de s’en faire pour le vieil homme.

- J’irais voir si tout va bien avant d’aller au travail, d’accord ?

Ambrine lui fit signe qu’elle était d’accord. De toute façon, elle n’avait pas d’autre choix. Elle bailla fortement, arrachant quelques larmes à ses yeux fatigués. Cela fit sourire son mari qui lui caressa le visage.

- Tu devrais aller te reposer un peu avant l’arrivée des monstres.



Cette petite description de ses quatre enfants fit sourire Ambrine qui rit doucement. Elle voulut prendre la direction de leur chambre, mais Lawrence la retint affectueusement par la taille. Il put sentir la légère rondeur sous sa main. Ils échangèrent alors un sourire. Puis le père se mit à la hauteur de cette rondeur, tendant l’oreille comme si l’enfant qui grandissait lui parler.



- Ah… Oui… Tu as raison ! Maman, il faut vite que tu embrasses Papa ! Lui dit Lawrence avec une petite voix qu’il voulut enfantine.
- Et pourquoi ? Répondit Ambrine, amusée.
- Parce que Maman aime Papa ? Continua l’adulte.

Cela arracha un rire franc à la future mère qui se laissa étreindre tendrement par son époux. Elle avait eu raison de garder ce dernier enfant, car il apportait une certaine joie qui s’était égarée il y a quelques jours encore. Lawrence adorait sa femme, et la savoir enceinte était une bien belle nouvelle. Mais pour Ambrine, cela signifiait énormément de sacrifice, car elle allait devoir encore mettre de côté sa carrière, avec la menace perpétuelle de perdre son emploi. Lawrence lui avait pourtant assuré qu’elle pouvait démissionner. Mais elle s’y refusait. Elle avait un rêve, devenir une grande athlète et cette folie de bébé l’en empêchait. Mais, à croire que la nature n’était pas de son côté, et que son instinct maternelle lui jouait des tours en la faisant poursuivre cette grossesse.  



Les enfants jouaient paisiblement, tout en se racontant leur journée à l’école. Eudes avait encore obtenu des bons points pour ses excellents résultats. Willheim avait bien joué dans la cour de récréation, trouant de nouveau son jeans et Taliesin … comme à son habitude, avait subi quelques brimades.

- Faut que tu réagisses ! Lui disait Eudes.
- Bof… Ca les amuse… Répondit avec flegme son frère.
- Eudes a raison Tal’ ! Faut que tu leur montre qui est le plus fort.

Les deux autres petits garçons observèrent leur frère qui tenu ces propos comme s’il demandait du beurre. Cela fit s’inquiéter Taliesin qui regarda Eudes, qui lui, haussa les épaules.



- Tu ne devrais pas parler comme ça Will. Dit Eudes de façon intransigeante.
- Et pourquoi pas ? C’est les plus forts qui s’en sortent le mieux. Tal’ ! Je t’apprendrai à te battre.

Cette proposition fit sourire le doux garçonnet mais ils savaient tous trois que ce n’était que des mots, car Taliesin était une personne douce et pacifiste qui souriait à tout. L’imaginer en train de se battre était aussi ridicule qu’un canard sur roulette.



A l’heure du diner, Ambrine avait demandé le plus grand silence car elle avait quelque chose d’important à annoncer à ses enfants. Elle ne sentait pas capable de le faire, elle avait peur de blesser ses enfants, mais Lawrence lui prit la main et l’encouragea d’un regard.

- Les enfants, avec Papa… Et bien… on attend un autre enfant.
- Quoi ? Faillit s’étouffer Willheim en recrachant une pâte sur le visage d’Eudes, qui, d’un air blasé, retira l’objet de son agression.
- T’es sûre Maman ? Demanda Anaïs en posant sa fourchette sur la table ?
- Bien sûr qu’on est sûr ! Tu me crois capable de plaisanter là-dessus ! S’emporta Ambrine.

La petite baissa la tête, les yeux humides. Lawrence serra fermement la main de sa femme, qui réalisa son erreur.

- Pardon ma chérie… Maman est fatiguée.
- Mais Maman…
- Oui ma puce ?
- Ça veut dire que tu nous aimes plus ?

Cette question décontenança la future mère. Elle fixa tour à tour ses enfants, dont le regard exprimait la même peur. Elle se leva alors de table et ouvrit les bras. Les quadruplés la rejoignirent et l’étreignirent si fort, qu’elle grimaça de douleur, sous les yeux amusés de son époux qu’elle invita à les rejoindre avec un sourire.



Le temps avait filé, laissant la routine reprendre son chemin. Lawrence se leva, encore fatigué, grâce à la truffe froide et le souffle chaud et puant de Falère. La chienne avait pris l’habitude de le réveiller. Lawrence, ronchon, se dépêtra des draps et se frotta les yeux. Falère attendait à ses pieds, fièrement assise, la queue remuante. Il soupira et la gratifia d’une caresse.

- Dis… Tu pourrais me laisser dormir, une fois dans ta vie ?



La chienne aboya une fois puis contourna le lit afin de se mettre à la hauteur d’Ambrine. Elle posa ses deux pattes avant sur le lit et renifla sa maîtresse qui geignit en se retourna. Voyant cela, Lawrence rabroua le chien et lui ordonna de filer. Ambrine avait besoin de dormir, car la grossesse l’épuisait.



Dans la chambre des garçons, Anaïs jouait, comme toujours, avec ses frères. Les petits étaient inséparables, malgré les quelques chamailleries. Classique lorsqu’il fallait faire cohabiter plusieurs enfants sous un même toit. Mais même si elle était l’unique fille, Anaïs s’entendait merveilleusement bien avec ses frères. D’un point de vu extérieur, elle ressemblait à une fleur qu’un peloton de papillons protégé.

- Dites… Vous préférez quoi, vous ?



- De quoi tu parles ? Demanda Willheim sans quitter le plateau de jeu.
- Tu parles de Maman ? Ajouta Eudes.
- Oui, moi je veux une petite sœur ! Dit Anaïs en montrant toutes ses dents –ou presque.
- Pouah ! Non c’est bon les filles ! C’est pas marrant ! Se plaignit Willheim.



- Moi je préférais une fille aussi. Ajouta Taliesin d’une petite voix.
- Ah ouais ? S’étonna les deux autres garçons.
- Ben oui… C’est bien plus calme et puis ça fera un équilibre parmi les enfants.

Les trois autres se regardèrent, stupéfait par les propos de Taliesin, qui jouait sans se soucier du reste. Eudes haussa les épaules et reprit son activité. Taliesin était un mystère et ce n’était pas nouveau.



Quelques semaines ont passés et le soleil était toujours au rendez-vous. Ambrine profitait d’un petit moment de calme –entre les enfants et sa grossesse, ces moments étaient plus que rare- et jouait avec sa chienne.

- C’est qui le bon toutou, hein ?

Falère aboya tout en sautant d’un côté et de l’autre, la langue pendante. Elle était heureuse, cette bête, car sa maîtresse s’occupait enfin d’elle. Ambrine en était désolée, d’ailleurs, car elle adorait les moments entre elles.



Cette chienne était douce et aimante, et instinctivement, elle sentait l’état de sa maîtresse. De ce fait, lorsqu’Ambrine lui refusait de l’attention, Falère n’insistait pas et allait voir un des enfants. Taliesin était le plus disposé généralement. Si bien qu’il devient son second maitre, ou son compagnon de jeu.



Ambrine s’amusait beaucoup à les regarder jouer ensemble, à courir comme des fous dans la cour et s’amuser comme de véritables enfants. Surtout que son petit Taliesin n’était pas des plus heureux. Sa mère avait été convoqué plus d’une fois à l’école car le petit garçon était sujet aux moqueries et aux brimades. Ambrine reconnaissait que son enfant était un enfant calme et discret, et ses rares interventions étaient surprenantes. Mais qu’on s’en prenne à lui alors qu’il était si gentil la rendait folle. Elle avait même attendu les dits enfants et les avaient pris entre quatre yeux pour leurs expliquer sa façon de penser, sous le regard inquiet des autres parents.



Elle réussit même à se mettre un Père furieux sur le dos. Mais Ambrine n’était pas une femme facilement impressionnable, et ne s’était pas laissée faire. Oh ! Bien sûr, elle n’avait eu recours à aucune forme de violence, mais avait énoncé les faits. Le père avait alors rabroué son propre enfant, sous le regard perdu de Taliesin qui était accroché aux jambes de sa mère.



La pluie menaçante éclata. Elle rangea alors le bâton qu’elle troqua contre le volant de sa voiture bleue afin de rejoindre son oncle. Elle avait eu quelques nouvelles depuis sa dernière visite mais n’avait jamais pu le voir. Bien décidé à lui parler, elle se dirigea donc chez lui.



Mais le vieil homme n’était toujours là. Elle soupira en voyant la maison vide. Elle se tordit afin de pouvoir saisir son parapluie à l’arrière de la voiture puis descendit. Elle s’abrita des fines gouttes d’eau qui tombait avec ardeur. Elle hésita un long moment avant de s’appuyer contre sa voiture. Elle était bien décidée à le croiser aujourd’hui.

Et sa patience fut récompensée, car Aldrick arriva, marchant sous la pluie. Elle se précipita alors vers lui, inquiète car la mine décomposée de son oncle était inhabituelle.

- Ambrine ?
- Aldrick ! Mais tu es fou, il pleut averse !
- Je sais, dit-il en passant une main dans ses cheveux, je me suis fait surprendre. Mais toi… tu devrais être en train de te reposer.



Le vieil homme avait un sourcil arqué, expression qu’il empruntait lorsqu’il voulait sermonner. Cela fit sourire la jeune femme.

- Je ne serais pas là si un certain oncle se montrait plus disponible !
Cette remarque fit sourire le vieil homme qui entraîna sa nièce avec lui dans sa demeure.
- Ça pousse bien !
- Un peu que ça pousse bien ! S’exclama-t-elle alors qu’Aldrick lui touchait le ventre. Dis-moi, Oncle Aldrick… Est-ce que tout va bien ? Demanda-t-elle avec sérieux.

Le vieil homme se figea puis, après un petit moment de silence, lui sourit en lui baisant la joue. Puis la fit entrer dans sa demeure. Ambrine n’aimait pas son silence. Mais elle ne pouvait rien y faire. Mathis était toute sa vie, et il ne reviendrait jamais.



Ce fut un peu déconfit mais malgré tout rassurée, qu’Ambrine rejoignit son foyer. Elle était épuisée, tant qu’elle se laissa retomber dans un des fauteuils de l’entrée. Lasse, elle souffla avant d’étirer son bras au maximum afin de prendre le premier livre qui lui tombait sous la main. Elle se redressa comme le put et entama une petite lecture. Falère était là, à ses côtés, comme toujours, la reniflant et la fixant.

Lawrence entra dans la pièce à son tour, quittant la salle de bain puis vit sa femme en pleine lecture. Il sourit légèrement puis prit sa guitare afin d’entamer un petit air qui plaisait à sa femme.



Ambrine ne leva pas son nez du livre, mais il put voir son visage se décontracter, pour adopter un sourire de plénitude.

- Comment va-t-il ?
- Bien…
- On devrait lui demander d’habiter avec nous, Ambrine.

Cette suggestion fit lever le nez de son livre à la demoiselle qui observa son époux avec sérieux. Elle secoua la tête, en signe de négation. Cette idée, elle l’avait déjà eu, et Aldrick avait refusé net. Il aimait sa maison et les souvenirs qui s’y rattaché. Lawrence soupira. Que pouvait-il faire de plus ?



Taliesin rentrait de l’école, seul. Sa sœur était de corvée de nettoyage et ses deux autres frères étaient chez des camarades de l’école. La maison était étrangement silencieuse, mais il n’y fit pas attention, se dirigeant vers la cuisine tout en chantonnant. En entrant dans la pièce, il découvrit sa main, une main crispée sur le comptoir de la cuisine, cherchant de l’air. Il la regarda avec étrangeté. Puis Ambrine poussa un immense cri qui fit sursauter l’enfant, qui hurla à son tour.



Tous ses cris ameutèrent Lawrence qui déboula dans la pièce en panique. Lorsqu’il vit sa femme en train de hurler, le visage crispé, main sur le ventre il comprit instantanément. Elle voulut avancer mais les contractions redoublèrent d’intensité. Ils attendirent alors que la douleur s’amenuise puis laissa l’enfant seul, dans l’incompréhension avec quelques recommandations. Taliesin savait que ce n’était pas le moment de discuter, il écouta son père et appela Aldrick afin que le vieil homme vienne le garder.
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Liloo le Dim 27 Juil - 16:03

C'est pas très gentil de nous couper à ce moment là   
avatar
Liloo
Crevette bavarde

Messages : 1000
Date d'inscription : 23/12/2013
Age : 23
Localisation : Var

Voir le profil de l'utilisateur http://neo-and-toulouse.blogspot.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Sleio le Dim 27 Juil - 17:08

Aha ^^' et encore, je sais pas comment va se dérouler les autres épisodes... J'y réfléchis car grâce à Shloupi, les Vauganne sont sauvés (pour le moment)
avatar
Sleio
Royauté marine

Messages : 952
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 28
Localisation : Chez Morphée !

Voir le profil de l'utilisateur http://sleio.deviantart.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Lignée des Vauganne

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 13 sur 15 Précédent  1 ... 8 ... 12, 13, 14, 15  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum